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La deuxième réunion du Groupe de soutien à la transition du Mali se tiendra à Lomé, le 08 mars 2021. Cette rencontre à haut niveau devrait permettre d’évaluer la mise en œuvre de la Charte de transition et de discuter des élections générales à venir. Les autorités togolaises réaffirment ainsi leur engagement pour la paix au Mali.

Au Togo, tout est prêt pour accueillir la deuxième réunion du Groupe de soutien à la transition du Mali, mis en place par l’Union africaine pour soutenir le Mali dans la mise en œuvre de sa Charte de transition et de sa Feuille de route.

Ces deux documents ont été adoptés le 12 septembre 2020 à Bamako après un dialogue des forces vives du Mali à la suite du coup d'État du 18 août.

Créé lors de la 954e réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine sur la situation au Mali, qui s’est tenue le 9 octobre 2020, ce groupe avait organisé sa session inaugurale il y a trois mois à Bamako.

Principalement composé des pays voisins du Mali, plusieurs organisations d’envergure internationale comme l’Union africaine, la Cédéao, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, y sont également représentées.

Des engagements pour la paix et la stabilité au Mali et dans le Sahel

C’est «une réunion qualitative de haut niveau» qui est attendue ce lundi 08 mars 2021 dans la capitale togolaise sous la présidence du Commissaire à la paix et la sécurité de l'Union africaine, Smail Chergui, selon Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise joint par Sputnik.

Elle sera ouverte, selon l’ordre du jour provisoire dont Sputnik a reçu copie, par le Président togolais, Faure Gnassingbé, qui a joué un rôle dans la conciliation des positions lors de la mise en place de cette transition.

En effet, selon l’édition du 19 novembre de la revue Africa Intelligence, réputée pour ses révélations sur les réseaux de pouvoir africains, la diplomatie togolaise s'est montrée particulièrement active pour vaincre les réticences de la junte à céder le pouvoir aux civils après son coup d'État contre le Président Ibrahim Boubacar Keïta, mené à la suite d'une forte mobilisation populaire.

Une source dans l’entourage du Président togolais confirmait à Sputnik en date du 20 novembre 2020 «ce rôle stratégique» joué par le Togo, avec à la clé, plusieurs déplacements effectués de jour comme de nuit par le chef de la diplomatie togolaise au Mali, jusqu’à l’acceptation de la junte de passer le pouvoir à un civil, en la personne de Bah N'daw, l'actuel Président de transition. Un militaire à la retraite, et à ce titre, retourné à la vie civile.

«À Lomé, nous consoliderons les acquis de la transition en cours au Mali. Il est attendu aussi une confirmation des engagements pour la paix et la stabilité au Mali et dans le Sahel. Nous ferons l’évaluation de la mise en œuvre des conclusions de la réunion inaugurale de Bamako» a indiqué le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur.

Ces conclusions concernaient essentiellement la finalisation de la mise en place des organes de transition avec l’instauration consensuelle d'un Conseil national de la transition (CNT).

La première réunion s'était également penchée sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (conclu à Alger en 2015 entre Bamako et des groupes armés) ainsi que la mobilisation du soutien international en vue d’accompagner la transition.

De futures élections paisibles

Des «avancées notables» ont été enregistrées dans la mise en œuvre des différents points, soutient Dussey, et le programme d’action gouvernementale présenté le 19 février 2021 par le Premier ministre malien, Moctar Ouane, a été adopté par le Comité national de transition, qui est l’équivalent d’un parlement provisoire.

«Ce programme fera partie des discussions que nous aurons avec la délégation du gouvernement malien pour nous projeter dans l’avenir afin de garantir des élections futures paisibles qui viendront renforcer les initiatives prises dans le sens de la paix et la stabilité de toute la région du Sahel» a ajouté Robert Dussey.

À noter que le jour-même de l’adoption de ce programme, le Fonds monétaire international a annoncé le déblocage de 58 millions de dollars pour le Mali, en témoignage de sa confiance dans les autorités de transition.

Un élément de plus qui «satisfait» le ministre togolais des Affaires étrangères en ce qui concerne les efforts déployés par les autorités de transition malienne pour inspirer confiance aux institutions internationales.

«Je trouve cela très prometteur pour l’enjeu de la paix et de la stabilité dans toute la région du Sahel, qui est une priorité pour le Président togolais, Faure Gnassingbé», a-t-il ajouté.

Au moins sept ministres du gouvernement malien prendront part, à Lomé, à cette deuxième réunion du Groupe de soutien à la transition au Mali. La délégation malienne sera conduite par Zeïni Moulaye, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale. À noter que la période de transition au Mali a été fixée, par la Charte, à 18 mois à compter de septembre 2020. C'est au terme de cette période que seront organisées des élections générales, présidentielle et législatives.

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Faure Gnassingbé, Togo, Mali
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