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En réponse à ses détracteurs, Abdeslam Ouaddou, ex-international marocain qui soutient la candidature algérienne à la FIFA, écrit sur Twitter qu’«il est question de sport et de football en particulier». «Ne dérivons pas sur la politique», ajoute-t-il, déplorant «une société marocaine intolérante, pétrie de tabous et de demi-vérités».

L’élection des membres du Conseil d’administration de la Fédération internationale de football (FIFA) aura lieu vendredi 12 mars à Rabat, au Maroc. Elle se tiendra en marge de l'Assemblée générale élective de la Confédération africaine de football (CAF). Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, est candidat à cette élection en vue d’occuper le siège de l’Afrique au sein de la FIFA. Le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheïreddine Zetchi, a également annoncé sa candidature suite à la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne (Suisse) qui a tranché en sa faveur après le rejet de son dossier de candidature.

Apprenant cette nouvelle, l’ex-international marocain Abdeslam Ouaddou, également ex-entraîneur du Mouloudia d’Oujda, a exprimé sa satisfaction suite à la décision du TAS et a apporté son soutien à la candidature du président de la FAF à l’élection du conseil de la FIFA. Sa position a déclenché un tollé sur les réseaux sociaux, l’incitant à répondre sur Twitter.

«Ne dérivons pas sur la politique»

En effet, Abdeslam Ouaddou — qui a intégré en février 2020 le staff technique de l’équipe d’Algérie, championne d’Afrique en 2019, sous le parrainage de son sélectionneur Djamel Belmadi et l’accord du président de la FAF pour son stage d’entraîneur — dénonce dans un tweet «la dictature de la bien-pensance marocaine».

«Mon message à une partie de la dictature de la bien-pensance marocaine suite à ma prise de position», écrit M.Ouaddou, soulignant qu’«il est question de sport et de football en particulier [...]. Ne dérivons pas sur la politique».
Dans le même sens, il regrette «une société marocaine intolérante, pétrie de tabous et de demi-vérités», prisonnière de «ses indignations sélectives et son incapacité à traiter les vrais sujets d'une Institution continentale de Football qu'il faut reformer de fond en comble par des gens intègres».

Enfin, Abdeslam Ouaddou plaide «pour une élévation du football africain avec des gens prêts à agir pour l'intérêt du continent en écartant tout individu concerné de loin ou de près a des manquements aux devoirs de probité». «Ce n'est pas le cas malheureusement des derniers dinosaures en lice», regrette-t-il, défendant le principe d’un «football clean».

L’Amicale des entraîneurs du Maroc réagit

Dans un communiqué distribué à la presse locale, l’Amicale nationale des entraîneurs de football du Maroc (ANEFM) condamne les propos de l’ancien international et sélectionneur du Mouloudia d’Oujda.

«Le Maroc l’avait adopté [Abdeslam Ouaddou est né d’un père malien et d’une mère marocaine, ndlr] comme citoyen à part entière et lui a offert tous les moyens pour s’illustrer jusqu’à lui donner le capitanat de l’équipe nationale, ce qui a largement contribué à augmenter sa cote pour évoluer au sein de clubs européens.»

Et d’ajouter: «La candidature de M.Lekjaa n’est pas une initiative personnelle, mais elle est du Maroc tout entier», ponctuant que l’ANEFM «ne restera pas les bras croisés face aux dérapages et à l’atteinte à l’image du pays».

«Très heureux d’accueillir M.Ouaddou»

En février 2020, à l’occasion de l’intégration d’Abdeslam Ouaddou au sein de l’équipe nationale d’Algérie pour passer ses diplômes d’entraîneur, Kheïreddine Zetchi s’est félicité de cette arrivée.

«Nous sommes effectivement très heureux d’accueillir M.Ouaddou Abdeslam au sein du staff de la sélection algérienne afin de suivre un stage dans le cadre de la préparation de sa licence UEFA Pro», a déclaré M.Zetchi, selon un communiqué publié sur le site de la FAF. «Ceci veut dire que notre sélection est devenue une véritable référence sur le plan continental et international.»

De son côté, Djamel Belmadi souligne que «c’est avec honneur que nous accueillons cet ex-grand joueur international à la carrière riche qui fut à la fois mon ex-partenaire à Valenciennes et que j’ai eu la chance de coacher pour mes débuts d’entraîneur à Lekhwiya [au Qatar, ndlr]», selon une autre note postée sur le site de la FAF.

Pour Tout sur l’Algérie (TSA), la polémique au Maroc autour des déclarations d’Abdeslam Ouaddou est bien une question «de politique, dans un contexte de tensions entre les deux pays». «

Lorsque Zetchi et Belmadi avaient ouvert les portes de la sélection championne d’Afrique au joueur, on n’a pas entendu une seule voix en Algérie qui conteste la décision», ajoute TSA, «pas même chez les techniciens nationaux qui n’ont pas eu cette chance».

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Tags:
FIFA, football, Algérie, Maroc
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