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Sur ordre du Président Tebboune, l’Algérie a récupéré 44 des 46 biens immobiliers, propriété de l’État, en région parisienne «indûment occupés par des personnes ayant bénéficié d'innombrables privilèges que leur accordait l'ancien système» Bouteflika, confie à L’Expression un diplomate de l’ambassade à Paris. Il précise que «ce n'est qu'un début».

La récupération des fonds et deniers publics détournés ou indûment exploités par les caciques de l’ancien pouvoir algérien, du temps du Président déchu Abdelaziz Bouteflika, était l’une des promesses phares de l’actuel chef de l’État Abdelmadjid Tebboune lors de sa campagne présidentielle de décembre 2019. Dans ce cadre, les autorités algériennes ont entamé la récupération des biens immobiliers que possède le pays en région parisienne, indique au quotidien L’Expression une source diplomatique travaillant à l’ambassade d’Algérie à Paris.

Ainsi, selon ces sources, sur les 46 biens immobiliers, 44 — dont des villas et des appartements luxueux «indûment occupés par des personnes ayant bénéficié d'innombrables privilèges que leur accordait l'ancien système» — ont été récupérés.

Précisant que c’est la première fois que l'Algérie procède à une telle opération de récupération de biens, un diplomate souligne que «et ce n'est qu'un début».

Vers la création d'une base de données

La même source explique que le Président Tebboune a ordonné la création d'une base de données recensant tous les biens à l'étranger dans tous les domaines, et pas seulement le foncier à caractère diplomatique.

«Parmi ces biens, il y a un château dont les frais de gardiennage et d'entretien ont coûté au Trésor public la bagatelle de deux millions d'euros de 2009 à aujourd'hui», indique le diplomate.

L’Expression informe que les biens à récupérer à l’étranger vont des comptes bancaires aux résidences luxueuses, châteaux, bâtiments, hôtels, commerces et même exploitations agricoles, «dont la gestion reste floue, mais coûteuse pour l'État».

En février 2020, le ministre algérien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a souligné dans une déclaration à la Radio nationale que des pays comme les États-Unis, l'Angleterre et l’Allemagne étaient «généralement prêts à coopérer» pour la restitution de ces fonds. Cependant, il y a des États «comme la France», où atterrit selon lui «l’essentiel des fonds algériens», qui se montrent «plus permissifs» envers ces capitaux.

Et d’expliquer que la loi française «évoque la possibilité de récupérer les capitaux détournés, pas pour les restituer aux pays d’origine, mais pour les verser dans le trésor public français ou dans un fonds destiné à financer l’Agence de coopération et d’aide au développement».

L’appel du ministre de la Justice à l’Onu

Lors de son intervention au 14e Congrès des Nations unies pour la prévention du crime et la justice pénale qui se tient au Japon, le ministre algérien de la Justice, Belkacem Zeghmati, a estimé qu’il «était regrettable de voir encore des barrières se dresser devant le recouvrement des avoirs», et ce malgré les «résultats positifs» réalisés dans le cadre de la mise en œuvre des deux conventions afférentes de l’Onu.

Selon l’Algérie Presse Service (APS) qui a rapporté ses propos, M.Zeghmati a réitéré l’appel lancé par son pays à l’adresse de «tous les États membres pour l’application de leurs engagements internationaux et à une intensification des efforts pour faciliter le recouvrement des avoirs».

«L’Algérie affirme que l’administration, la gestion et l’utilisation des avoirs recouvrés relèvent en premier lieu de la responsabilité de l’État demandeur», a-t-il souligné, notant l’importance de «recouvrer les avoirs sans condition dans le strict respect des droits souverains des États».

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Tags:
Algérie, France, extorsion de fonds, corruption, Fondation anti-corruption, lutte contre la corruption
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