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Alger a demandé à des Marocains exploitant des fermes sur son sol de quitter le territoire avant le 18 mars. Une polémique médiatique enfle entre les deux pays sur la propriété de ces terres. Selon El Khabar, les informations des médias marocains sont infondées, alors qu’un ancien militaire algérien pointe auprès de Sputnik «le trafic de drogue».

La semaine dernière, des médias marocains ont rapporté que des agriculteurs étaient sur le point de perdre des exploitations se trouvant sur des terres revendiquées par l’Algérie. Ces «tensions» ont eu lieu dans la zone frontalière d’El Figuig, côté marocain, et El Arja, côté algérien. En l’absence de déclarations officielles de la part des autorités des deux pays, la polémique médiatique sur une supposée spoliation des agriculteurs marocains par l’armée algérienne va crescendo.

Ainsi, lundi 15 mars, le journal arabophone algérien El Khabar affirmait que tout ce qui a été rapporté par la presse marocaine était infondé.

Par ailleurs, un ancien colonel des services de renseignement algériens avance à Sputnik que l’une des raisons de ce problème frontalier est «le trafic de drogue».

Des explosions dans la zone frontalière?

Après les négociations de 1972, l’Algérie et le Maroc ont signé en 1992 une convention délimitant la frontière entre les deux pays. Ainsi, El Khabar explique que pour des raisons humanitaires, «l’Algérie a laissé des paysans marocains poursuivre leurs activités agricoles sur le territoire national situé près de la localité d’El Arja, dans la wilaya de Béchar».

Durant 29 ans, aucun problème frontalier n’a été signalé dans cette région. Néanmoins, selon le média, «le 20 février dernier, des explosions ont été entendues dans cette région, poussant les autorités civiles et militaires algériennes à enquêter sur l’origine des déflagrations». Et si «les autorités marocaines ont signalé une campagne de déminage dans cette région», l’enquête menée par leurs homologues algériennes a mis en évidence «une activité massive visant à agrandir les fermes et clôturer les terres, menée par les agriculteurs marocains des zones adjacentes aux fermes d'Al-Arja, en particulier depuis le début de l'année en cours [2021]».

«Le trafic de drogue»

El Khabar informe que «les autorités algériennes ont choisi de traiter le problème loin de la polémique médiatique, préférant demander aux autorités de la ville de Figuig de mettre un terme à cette situation étant donné qu’elles sont au courant que ces agriculteurs étaient effectivement sur des terres algériennes».

Face à l’inaction des autorités compétentes marocaines, leurs homologues algériennes se sont déplacées sur place et ont accordé un délai jusqu’au 18 mars à ces agriculteurs marocains et «ni eux ni les autorités de leur pays n’ont évidemment présenté aucun document attestant de la propriété de ces fermes».

Sollicité par Sputnik pour plus précisions sur les raisons de cette décision des autorités algériennes, l’ex-colonel des services de renseignement algérien, Abdelhamid Larbi Chérif, explique que «le trafic de drogue qui transite par cette région a lourdement pesé dans cette décision».

«L’Algérie n’a jamais estimé que la présence de ces agriculteurs marocains sur son territoire était un problème. Néanmoins, la cadence du trafic de drogue dans cette région est dénoncée par les autorités sécuritaires algériennes depuis les années 1990», affirme l’ex-officier supérieur. «Alors que les quantités et dosages en substance active du cannabis qui transitent via ce tronçon de frontière deviennent de plus en plus inquiétantes, et que les services de sécurité marocains restent passifs, l’Algérie n’a pas d’autres choix que de verrouiller cette région», avance-t-il, regrettant le fait que «ce soit de pauvres agriculteurs qui n’ont rien avoir avec ce trafic qui payent les pots cassés».

Les agriculteurs marocains manifestent

Voyant leur labeur de plusieurs années sur le point de partir en fumée, les agriculteurs marocains touchés par la décision des autorités algériennes ont organisé une manifestation samedi 13 mars, dans la ville d’El Figuig, pour crier leur désarroi et demander aux autorités de les indemniser.

En effet, selon Médias 24, «les images poignantes des exploitants marocains qui sont en train de perdre tout leur labeur suscitent un sentiment de solidarité et de compassion».

«Dans quelle mesure la patrie sera-t-elle solidaire? Dans quelle mesure seront-ils indemnisés par l'État s'il se confirme que le tracé frontalier est bien celui qui est revendiqué par l’Algérie? Et s’il s’agit bien de ce tracé, pourquoi l'Algérie a-t-elle attendu autant d'années avant de le revendiquer? Et pourquoi les fermiers marocains n'ont-ils pas été prévenus par leurs autorités?», s’interrogent-ils.

À ce jour, les autorités des deux pays n’ont pas réagi.

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terres agricoles, terres arables, gardes-frontières, poste-frontière, frontière, Maroc, Algérie
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