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Dans une déclaration à Sputnik, le géophysicien Chafik Aïdi explique que le séisme qui a frappé la ville de Bejaia (est de l’Algérie) fait partie de l’activité sismique habituelle du nord du pays qui «se situe à la frontière de deux plaques tectoniques, l’africaine et l’eurasienne». Chaque jour, des dizaines de secousses non ressenties se passent.

Jeudi 18 mars à 01h04, un séisme de magnitude 5,9 a frappé le large de la ville de Bejaia, à l’est de la capitale Alger, informe le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG) dans un communiqué publié sur son site.

Dans un entretien à Sputnik, le Dr Chafik Aïdi, spécialiste en géophysique et responsable du réseau national de la surveillance sismique au sein du CRAAG, explique que la région de Bejaia «présente également des failles, qui fait de ce séisme un évènement tout à fait normal».

L’onde de choc, qui s’est propagée sur un rayon de 300 kilomètres, a atteint 11 autres wilayas (régions): Jijel, Tizi Ouzou, Bouira, Alger, Tipaza, Boumerdès, Skikda, Mila, Constantine, Sétif et Bordj Bou Arreridj, faisant six blessés, selon un bilan de la protection civile. Sept répliques ont suivi. La plus importante, de magnitude 5,1, a été enregistrée à 01h17, selon le CRAAG.

De 10 à 30 tremblements par jour

«Le nord de l'Algérie se situe à la frontière de la surface de contact de deux plaques tectoniques, l’africaine et l’eurasienne, qui sont en perpétuel rapprochement depuis au moins 35 à 40 millions d'années», expose le Dr Aïdi. «Et donc, les secousses sismiques enregistrées sont un phénomène naturel normal associé à ce rapprochement.»

Le spécialiste du CRAAG indique qu’en réalité, «l'activité sismique en Algérie est permanente, vu que les plaques en question sont en perpétuel mouvement», soulignant que «le pays enregistre de 10 à 30 événements non ressentis par jour [d’une magnitude inférieure à 3, ndlr]».

Par ailleurs, il tient à rassurer les habitants des régions touchées: «la principale secousse est suivie par des séquences de répliques qui vont diminuer en magnitude et en nombre».

Y a-t-il un risque de tsunami?

Alors que l’Algérie a été frappée plusieurs fois par des séismes dont les épicentres étaient localisés en mer, à quelques dizaines de kilomètres des côtes du pays, le Dr Chafik Aïdi précise qu’historiquement, «il y a eu, seulement une fois [lors du grand tremblement d’Alger en 1365, ndlr], la formation d’un raz-de-marée, sans qu’il provoque de dégâts».

Ainsi, il indique que «des équipes de recherche au sein du CRAAG travaillent sur l’estimation et la modélisation de ce risque de tsunami», ponctuant que le centre «dispose de moyen technologique lui permettant de donner l’alerte en cas de danger».

Enfin, le spécialiste informe que «l’Algérie a installé un réseau de surveillance sismique d’environ 100 stations réparties pour l’essentiel dans le nord du pays».

Le nord de l’Algérie a déjà connu des séismes dévastateurs, notamment celui de magnitude 7,3 qui a frappé en octobre 1980 la ville d’El Asnam (actuellement Chlef). En mai 2003, Boumerdès a été dévastée par une secousse de 6,8.

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Tags:
séisme, géophysique, Algérie
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