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Trois militaires camerounais ont été abattus dans une attaque attribuée à Boko Haram dans la nuit du samedi 20 mars à Soueram, une localité de l’Extrême-Nord du Cameroun. Au moins cinq civils y ont également perdu la vie dans une série d’attaques ces derniers jours. Des incursions qui démontrent encore la capacité de nuisance du groupe djihadiste.

Boko Haram tue encore et toujours dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun. Une attaque du groupe djihadiste qui a prêté allégeance à Daech* a fait au moins trois morts dans les rangs de l’armée camerounaise, dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 mars. D'après les sources sécuritaires locales, l’offensive a visé un poste de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée contre les terroristes, dans la localité de Soueram, non loin du lac Tchad, près de la frontière nigériane.

​De nouvelles attaques en série

Plus tôt dans la journée du 20 mars, rapporte le journal régional L’œil du Sahel, les terroristes ont attaqué le village de Nguetchewe dans la même région, tuant un jeune habitant qui tentait de défendre ses biens. Deux autres villageois ont perdu la vie dans la nuit du 21 au 22 mars à Bla-Gossi Tourou, un village de la région. Le 18 mars déjà, deux autres personnes ont été tuées et des habitations brûlées par des insurgés à Kangaleri, toujours dans l’Extrême-Nord du pays. Début mars, de nombreuses attaques de ce groupe terroriste ont été enregistrées dans plusieurs localités frontalières au Nigeria, avec à chaque fois des victimes civiles.

L'Extrême-Nord du Cameroun est régulièrement le théâtre d'attaques de ce groupe d'extrémistes originaires de l'État du Borno, dans le nord-est du Nigeria.

La plus grosse attaque terroriste enregistrée depuis le début de cette année au Cameroun s’est produite en janvier. Une kamikaze a tué 13 civils, dont huit enfants, dans la petite ville de Mozogo dans l’Extrême-Nord, en faisant exploser la bombe qu'elle portait sur elle. D’après une note d’analyse du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA), organisme du département de la Défense des États-Unis pour l’étude des problèmes de sécurité se rapportant à l’Afrique, le Cameroun avait déjà connu en 2020 «la plus forte poussée de violence de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, notamment sous la forme d’attaques contre les civils».

Renforcer le dispositif de lutte

Des attaques répétitives, qui sont d'autant plus violentes côté nigérian, et qui démontrent, souligne Hippolyte Éric Djounguep, chercheur à l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication de Yaoundé et spécialiste de la région, «la capacité de nuisance sans cesse croissante de la nébuleuse».

«Boko Haram depuis la chute de l'État islamique* (EI) en Syrie bénéficie d'un important soutien stratégique et logistique multidimensionnelle du terrorisme international. Boko Haram est même devenu une franchise régionale de l'EI* en Afrique. La nébuleuse est l'un des derniers remparts du terrorisme international sur lequel les djihadistes s'appuient pour se reconstituer et mener des incursions jusqu'aux côtes ouest africaines et même en Afrique australe. L'idée de la création d'un califat en Afrique n'est pas à exclure», prévient l’analyste au micro de Sputnik.

Malgré le déploiement des troupes de la FMM, pour combattre cette nébuleuse, le mouvement djihadiste continue de semer la désolation dans le bassin du lac Tchad. Pour Hippolyte Éric Djounguep, il urge de renforcer les capacités de cette force multinationale.

«La FMM doit œuvrer pour une occupation à outrance des zones où sévit la nébuleuse, bénéficier d'un matériel adapter et performant pour la veille et le renseignement. Le soutien aérien par les drones de surveillance est aussi essentiel. Le renseignement et une meilleure occupation des zones frontalières demeurent en effet la meilleure riposte de la FMM», suggère le chercheur.

Depuis 2015, la FMM, constituée des troupes militaires du Cameroun, du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Bénin, combat Boko Haram activement, mais avec des résultats mitigés. En avril 2020, après une expédition punitive du Tchad contre la secte islamiste, le Président Idriss Déby Itno dénonçait l’inaction de ses voisins et menaçait de ne plus envoyer de forces armées dans les opérations extérieures. Une inaction qu'Hippolyte Éric Djounguep met sur le compte des crises internes propres aux autres pays membres de la FMM.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
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