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Des internautes kényans multiplient les appels collectifs au FMI en vue de le convaincre d’arrêter d’octroyer des prêts à leur pays qui a récemment reçu deux milliards d’euros. Contacté par Sputnik, le Fonds a souligné que l'octroi du prêt impliquait des mesures de transparence de la part des autorités.

Alors que la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva participait le 22 avril à une discussion en direct sur Facebook, des internautes kényans ont inondé le chat de messages, l’appelant à cesser de prêter de l’argent à leur pays:

Début avril, le FMI avait annoncé son intention d’accorder au Kenya un nouveau prêt, cette fois de 2,34 milliards de dollars (près de deux milliards d’euros) dans le cadre des dispositifs Facilité élargie de crédit (FEC) et Facilité élargie de financement (FEP). Ce versement est censé permettre de «répondre au besoin urgent de réduction de la vulnérabilité de la dette», explique le Fonds.

Une idée que de nombreux Kényans ne semblent guère apprécier. Leur mobilisation a démarré avec une pétition réclamant l’annulation du prêt en question. Aujourd’hui, le texte – qui soutient que «les prêts précédents accordés au gouvernement kényan n'ont pas été utilisés avec prudence et ont souvent débouché sur des scandales de corruption» – compte plus de 234.000 signataires.

Joint par Sputnik, le FMI s'est abstenu d'indiquer s'il allait prendre en considération les appels de Kényans, tout en mettant en relief les «mesures de transparence et de gouvernance» attendues par le Fonds des autorités du pays africain en échange de son soutien.

Une dette de deux tiers du PIB

Comme le rappelait le journaliste kényan Waihiga Mwaura dans un article pour la BBC en 2013, lorsque le gouvernement kényan en place a pris le pouvoir, la dette publique s’élevait à 16 milliards de dollars, contre environ de 70 milliards de dollars aujourd’hui, soit 65% du PIB national.

Bien que cet endettement progressif puisse être en partie expliqué par le développement des infrastructures, il n’en reste pas moins évident que la corruption qui gangrène le pays en est une autre cause. Actuellement, l’ancien ministre kényan des Finances Henry Rotich est poursuivi devant la justice pour avoir gonflé un contrat de travaux publics de plus de 150 millions de dollars.

Début 2020, le Président Uhuru Kenyatta a laissé entendre que près de 18 millions de dollars (15 millions d’euros) se perdent chaque jour dans son pays à cause de la corruption.

Quels sont les pays africains les plus endettés?

Le Kenya ne figure néanmoins pas dans le top-10 des pays africains les plus endettés dévoilé par le FMI en février. Ce classement est dominé par le Soudan avec une dette publique équivalant à 207% du PIB, suivi de l’Érythrée (165,1%) et du Cap-Vert (123,5%).

Selon le Fonds, l’Afrique francophone est la partie la moins endettée du continent: seuls la Mauritanie et le Congo font partie des 10 pays les plus endettés, respectivement 9e et 10e, avec des dettes d’environ 80% du PIB.

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Tags:
dette publique, prêt, Kenya, Kristalina Georgieva, Fonds monétaire international (FMI)
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