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Les Sud-africains semblent désorientés par l'ampleur de la crise économique qui s’abat sur le pays, avec un taux de chômage des jeunes qui a battu tous les records.

Ils devront célébrer cette année la journée de la jeunesse (16 juin) sous le signe de la crise économique, sociale et sanitaire, une journée symbolique qui rappelle aux Sud-africains le soulèvement du township de Soweto, à Johannesburg, contre le régime de l'Apartheid.

En ce jour de 1976, des milliers d'étudiants ont défilé pour exprimer leur indignation contre les injustices du régime ségrégationniste. Les manifestations ont été brutalement dispersées par la police, faisant plus de 700 morts, majoritairement des jeunes et des adolescents.

Aujourd'hui, les jeunes sud-africains font face à une autre forme d'injustice, celle du chômage et des inégalités sociales. Selon l'Agence nationale des statistiques «Stats SA», le taux de chômage en Afrique du Sud a augmenté au cours du premier trimestre de cette année pour atteindre 32,6%, soit le taux le plus élevé depuis 2008.

Ces chiffres deviennent encore plus alarmants quand il s'agit de la ventilation par catégorie d'âge. Stats SA a révélé qu'au premier trimestre 2021, le taux de chômage des jeunes a atteint un nouveau record de 74,7%.

Selon l'enquête trimestrielle de l'Agence gouvernementale, les jeunes âgés de 15 à 24 ans et de 25 à 34 ans ont enregistré le taux de chômage le plus élevé de 63,3% et 41,3% respectivement.

Réagissant à ces nouvelles données, le gouvernement sud-africain a reconnu que le taux de chômage des jeunes constitue une source d’une véritable inquiétude. «Nous sommes conscients que les jeunes de notre pays sont confrontés aux défis d’un chômage structurel, un manque de compétences adéquates pour les exigences de ce siècle et une exclusion générale d'activités significatives qui peuvent apporter du sens à leurs vies», a affirmé le vice-président, David Mabuza.

Les analystes sud-africains relèvent ainsi qu'à la lumière de la situation que traverse actuellement le pays, les perspectives des jeunes ne sont guère prometteuses. Les difficultés vécues aujourd'hui par les jeunes sont le fruit d'une accumulation de politiques bornées et inefficaces adoptées par les gouvernements successifs du parti du Congrès national africain (ANC au pouvoir), estiment-t-il.

Ils font constater, à ce propos, que le ralentissement économique que connait le pays depuis plusieurs années, vient se conjuguer à une inadéquation manifeste entre les compétences des jeunes et les exigences du marché du travail.

Depuis qu'il a pris le pouvoir en 2018, le président Cyril Ramaphosa n'a cessé de répéter, lors de ses sorties médiatiques, que la lutte contre le chômage des jeunes est la priorité absolue du gouvernement. Mais sur le terrain, la situation ne fait que s'aggraver au fil des ans.

En effet, d’aucuns font constater que les promesses du président et du parti de l'ANC, annonçant un avenir meilleur pour les jeunes, sont restées lettres mortes. Depuis la fin de l'apartheid en 1994, le pays peine toujours à assurer une bonne redistribution des richesses entre les différentes catégories sociales, laissant une large frange de la populations à la marge.

Dans le contexte actuel, la situation est devenue encore plus compliquée. La marge de manœuvre du gouvernement est donc devenue très réduite avec une croissance économique en chute libre, une corruption galopante, une déficience d'approvisionnement en électricité et une troisième vague de la Covid-19 qui s'annonce dévastatrice.

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