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La Guinée est en état d’alerte depuis la découverte en août d'un décès dû au virus de Marburg. Ce pays d'Afrique de l'Ouest avait été, en 2013, le berceau de l'épidémie d’Ebola qui s'est propagée dans la région, faisant 11.300 morts. Pour un virologue joint par Sputnik, face à Marburg, les pays voisins doivent activer des mesures de surveillance.

En Guinée, un virus chasse l'autre! Moins de deux mois après l’annonce par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la fin de la deuxième épidémie d'Ebola, la Guinée est de nouveau confrontée à un autre virus. Il s'agit de Marburg, présenté comme un «cousin» du premier. Les deux agents infectieux appartiennent à la même famille des filovirus et se présentent sous des symptômes similaires.

«Les autorités sanitaires de la Guinée ont confirmé aujourd’hui un cas de la maladie à virus de Marburg dans la préfecture de Guéckédou, au sud du pays [une région forestière frontalière de la Sierra Leone et du Liberia, ndlr]. C'est la première fois que le Marburg, une maladie hautement virulente qui provoque une fièvre hémorragique, est identifié dans le pays et en Afrique de l'Ouest», avait communiqué l’OMS le 9 août sur son site Internet. Jusque-là, en effet, la maladie a surtout frappé dans quelques pays d'Afrique centrale, australe ou de l'Est. L'OMS a recensé «des flambées et des cas sporadiques en Angola, en République démocratique du Congo, au Kenya, en Afrique du Sud (chez une personne ayant voyagé peu avant au Zimbabwe) et en Ouganda».

L’organisme onusien soutient que «des échantillons prélevés sur un patient décédé le 2 août 2021» et testés par un laboratoire de terrain de Guéckédou ainsi que par le laboratoire national guinéen de la fièvre hémorragique «se sont révélés positifs au virus de Marburg». Les cas contacts ont été recensés et font actuellement l'objet de suivi.

Tirer profit de l'expérience Ebola

Découvert en 1967 en Allemagne, le virus de Marburg est un agent particulièrement virulent. D’après l’OMS, il est transmis à l’homme par les chauves-souris frugivores et se propage par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées ou les surfaces et les matériaux.

La maladie se manifeste de façon soudaine, avec une forte fièvre et des céphalées intenses, précise l’OMS qui situe entre 24 et 88% son taux de létalité. Ce virus n’a pas de vaccin ni de traitement homologué pour l’instant. Les autorités guinéennes ont eu dès lors la bonne réaction d’identifier très rapidement le virus et de prendre des mesures pour circonscrire la maladie, d’après le docteur Anoumou Dagnra, professeur de microbiologie à la faculté des sciences de la santé de l’université de Lomé, joint par Sputnik.

«Les autorités guinéennes ont diagnostiqué très vite ce seul cas signalé pour le moment et pris des mesures de suivi de tous les cas contacts du patient décédé. C’est une réaction rapide basée sur l’expérience tirée de l'épidémie d’Ebola entre 2014-2016», se félicite le scientifique togolais.

Activer le protocole de veille

Ces premières mesures rassurantes prises par les autorités guinéennes permettent au virologue togolais d'affirmer qu’a priori il n'y a pas un grand risque de propagation de ce virus à l’échelle sous-régionale.

«Le risque de diffusion à mon avis est limité. Mais attention, les pays voisins doivent tout de même activer leurs mesures de surveillance et leur protocole de veille afin de suivre et anticiper d’éventuels cas», précise-t-il.

Le docteur Dagnra affirme qu’il s’agit, de son point de vue, «d’une mesure de prudence nécessaire», car, poursuit-il, il peut bien arriver que «la chaîne de transmission n’ait pas été vite coupée».

«Pour l'instant, il n’y a pas véritablement à s’inquiéter. Mais je dis que, par prudence, il ne faut pas rester passif, parce qu'il n'y a véritablement pas de frontières entre nos pays et un cas contact peut se retrouver dans un pays frontalier sans avoir été préalablement identifié», conclut l’universitaire togolais.

La Guinée a été en décembre 2013 le berceau de l'épidémie d’Ebola, qui s'est étendue à d’autres pays de l’Afrique de l'Ouest, causant le décès de 11.300 personnes, principalement en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. L'épidémie est réapparue en février dernier en Guinée, causant la mort de 12 personnes, avant d'être, de nouveau, éradiquée en juin.

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Tags:
Guinée-Conakry, Ebola, virus, Afrique
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