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Les militaires qui ont pris le pouvoir en Guinée semblent vouloir obtenir l’adhésion des forces vives de la nation quant à la gestion de l’après Alpha Condé. Les consultations entamées à cet effet sont prometteuses, à en croire les déclarations de leaders des partis politiques.

Parvenir à «des élections transparentes et acceptables» en Guinée au terme d’une transition à peine commencée, voilà l'espoir qui anime l’opposition guinéenne depuis que le 5 septembre 2021 des militaires du groupement des forces spéciales ont pris le pouvoir.

Fin octobre 2020, cette même opposition dénonçait des fraudes «à grande échelle», quand à 82 ans Alpha Condé se faisait réélire pour un troisième mandat présidentiel, après un processus électoral émaillé de fortes tensions et de violences meurtrières.

L'opposition guinéenne avait également dénoncé la révision constitutionnelle controversée à laquelle avait procédé le pouvoir pour ouvrir la voie à ce troisième mandat. Les manifestations organisées à l'époque avaient été alors durement réprimées.

«Ce pouvoir était devenu agressif au point que nous avons perdu plus de 200 personnes dans les manifestations en Guinée contre le troisième mandat d’Alpha Condé», se rappelle tristement au micro de Sputnik Sidya Touré, le président de l'Union des forces républicaines de la Guinée (UFR). Cet ancien Premier ministre (1996-1999) est le coordonnateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) à l’origine des manifestations contre la révision constitutionnelle opérée par Alpha Condé.

«Ces problèmes-là, nous n'arrivions pas à les régler par les manifestations», affirme-t-il, si bien que «le changement de régime en Guinée est une ouverture nouvelle» à considérer pour «faire en sorte que la transition aboutisse à une élection démocratique, inclusive avec la participation de tous».

Une vision que partagent, affirme Sidya Touré, d'autres leaders de l’opposition guinéenne au lendemain du démarrage des consultations avec les forces vives de la nation guinéenne, le 14 septembre au palais présidentiel en Guinée.

Il s'agit d'une initiative des militaires putschistes réunis au sein du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) pour ouvrir la voie à une définition d'un cadre de la transition politique, qui devrait à terme ramener les civils au pouvoir.

«J’ai été le premier à prendre la parole à la suite du discours introductif du lieutenant-colonel Mamady Doumbouya [le chef de la junte, ndlr], pour exprimer notre volonté d'accompagner cette transition compte tenu de la situation délétère qui prévalait dans notre pays depuis quelque temps. Nous pensons que la solution militaire a réglé un certain nombre de choses qui vont s'améliorer grâce à ce contact avec les civils dans un cadre politique», a indiqué Sidya Touré.

L’ancien Premier ministre de la Guinée a aussi précisé qu’il adressera sous forme d’un mémo les priorités de son parti, ainsi que celles de la coalition FNDC, à la junte au pouvoir.

«Nous croyons que la transition se fera, qu'elle se terminera et qu'il y aura de nouvelles élections. Je ne vois pas d'autre solution», ajoute-t-il.

«L’intérêt supérieur de la nation»

Plusieurs leaders de partis politiques, parmi lesquels Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition en Guinée, étaient également présents à cette première réunion des consultations qui vont se poursuivre jusqu’au 17 septembre 2021.

«Dans son intervention, [le colonel Doumbouya, ndlr] dit qu’il souhaitait avoir la contribution de tous les partis dans la construction de cette transition, dans la définition de ses termes, de ses missions», a-t-il déclaré à Ledjely.com, un site local.

Le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDC) s’est dit en outre satisfait de «l’engagement du président du CNRD en faveur d’une conduite inclusive de la transition et que, dans l’intérêt supérieur de la nation, les propositions qui seront faites seront prises en compte dans la mesure du possible».

«Nous retournons dans nos états-majors et nos alliances respectifs pour essayer de formuler par écrit notre vision, nos propositions à soumettre aux nouvelles autorités», a indiqué Cellou Dalein Diallo au média guinéen.

Était également présent à cette rencontre Saloum Cissé, le secrétariat général du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti d'Alpha Condé.

Outre les leaders politiques, ces consultations impliquent «les représentants de chacune des quatre coordinations régionales, les chefs des différentes confessions religieuses, les présidents des organisations de la société civile, les représentations des missions diplomatiques, les représentations des associations des Guinéens de l’étranger», d'après un communiqué du CNRD lu à la télévision nationale, samedi 11 septembre.

Les patrons des différentes sociétés minières implantées en Guinée, les présidents des différentes organisations patronales, les directeurs des banques primaires et microfinance et les représentants des différentes centrales syndicales boucleront les consultations, d’après le même communiqué.

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Guinée, Alpha Condé, opposition
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