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Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a autorisé son État à charger un groupe de travail d’élaborer des propositions de loi visant à dédommager les descendants d’esclaves, révèle le Los Angeles Times. Une première aux États-Unis, théâtre depuis plusieurs mois de protestations massives contre le racisme.

Mercredi 30 avril, le gouverneur californien Gavin Newsom a apposé sa signature sur un texte de loi visant à étudier et élaborer des propositions de dédommagements potentiels pour les descendants de personnes réduites à l’esclavage et celles touchées par celui-ci, informe le Los Angeles Times. La Californie devient ainsi le premier État à proposer une telle mesure.

L’élu espère que cette nouvelle loi deviendra «un paradigme» et «trouvera un écho partout aux États-Unis». Le même jour, il a également signé une loi qui oblige les entreprises à avoir un minimum de membres du conseil d’administration issus de «communautés sous-représentées», selon des critères de race, sexe, sexualité et autres catégories.

Après une année fortement marquée par des protestations nationales contre l’injustice raciale, «l’État commence à affronter son histoire raciste et les disparités systémiques qui persistent aujourd’hui», se réjouit le quotidien américain.

«La Californie a réglé bon nombre de ses problèmes, mais elle n'a pas encore réglé son rôle dans l'esclavage», a commenté l’auteure de cette loi, la parlementaire Shirley Weber.

Un groupe de travail, qui comprend neuf membres nommés par le gouverneur et les responsables législatifs, sera chargé de recommander des solutions appropriées à la législature de l’État et de déterminer les personnes qui pourront bénéficier d’une indemnisation.

Il étudiera notamment la manière dont l’esclavage a profité à des institutions privées et publiques et à conduit à des disparités durables en matière de richesse, éducation, santé, emploi, mais aussi d’emprisonnement, détaille le journal.

Un lourd passé de racisme

Selon ce projet de loi, environ quatre millions d’Africains et leurs descendants ont été réduits en esclavage dans l’ensemble du pays entre 1619 et 1865. Bien que l’État de Californie ait interdit l’esclavage dans sa Constitution dès 1849, de nombreuses failles juridiques permettaient d’y échapper, d’autant que la loi n’était pas en faveur des Noirs. Ainsi, jusqu’en 1863, il leur était interdit de témoigner contre un Blanc devant un tribunal.

De manière générale, la ségrégation raciale a persisté jusque dans les années 1970, par exemple dans les bus scolaires et les écoles. En 1964, une loi votée l’année précédente interdisant le refus d’une vente ou location d’un bien immobilier pour une raison fondée sur la discrimination a été annulée.

Plus récemment, durant la primaire démocrate, Kamala Harris a reproché à Joe Biden de ne pas avoir soutenu le «busing», comme le rappelle CNews. Il s’agit d’une pratique visant à introduire des enfants noirs dans des établissements scolaire majoritairement blancs.

«Je pense que toute cette notion de vérité et de réconciliation doit commencer par la reconnaissance d’une certaine responsabilité et d’une certaine obligation de rendre des comptes. Et tant que cela ne sera pas le cas, on ne pourra pas vraiment parler d’un quelconque type de réparation significative», conclut auprès du Los Angeles Times le critique littéraire afro-américain Henry Louis Gates Jr.

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Tags:
ségrégation, racisme, indemnisation, dédommagement, esclavage, Californie
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