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Alors que Washington débat pour décider si chaque Américain devrait recevoir 600 $ ou 2.000 $ d’aide face à l’épidémie, la Loi de Secours Covid comprend des financements conséquents d’entités liés aux changements de régime à l’étranger. Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE, en discute au Désordre mondial.

Alors que de nombreux Américains ont eu du mal à mettre des cadeaux sous le sapin à la fin d’une année marquée par les restrictions et la crise économique liées au Covid-19, Donald Trump et le Congrès se demandaient s’ils devaient leur accorder 600 $ ou 2.000 $ d’aide gouvernementale dans le cadre de la Loi de Secours Covid. Pendant ce temps, le même texte de loi prévoit une frénésie de dépenses à l’étranger, qui est passée sous le radar.

Washington se demande quel montant de l’argent des contribuables devrait leur être remis pour atténuer l’impact économique de la pandémie aux États-Unis, mais a l’audace de dépenser des millions de dollars pour financer des opérations de changement de régime, sous couvert des programmes de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et du National Endowment for Democracy (NED). Les deux entités ont historiquement été associées à des activités de changement de régime à l’étranger.

Quel type de financement la Loi de Secours Covid leur alloue-t-elle? Et quels sont les pays cibles? Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), se montre critique sur ce texte:

«Cette Loi de Secours Covid porte très mal son nom, parce qu’il s’agit surtout d’une loi dont le but serait de prévoir les soutiens financiers à un certain nombre de dossiers sur lesquels la politique étrangère américaine s’est engagée […] Il y a un subterfuge. Il y a des choses qui n’ont rien à voir qui ont été validées par une loi dont le but était d’accorder 600 $ ou bien 2.000 $ à chaque citoyen américain.»

Le président de l’IPSE revient sur le rapport entre les agences USAID et NED d’une part et les organisations non gouvernementales (ONG) américaines de l’autre:

«Hillary Clinton avait ouvertement dit que les ONG américaines, parce qu’elles sont financées sur fonds soit du ministère des Affaires étrangères ou parfois du ministère de la Défense, se doivent d’être des ONG non gouvernementales, mais américaines, donc pour accompagner ou étayer un agenda américain.
C’est la raison pour laquelle un certain nombre d’ONG américaines sont vues avec beaucoup de circonspection par un certain nombre de pays. Je pense notamment à une loi qui interdit les ONG américaines par exemple en Afghanistan.»

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