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Le nouveau locataire de la Maison-Blanche a annoncé avoir signé un décret ordonnant au département de la Justice de renoncer à l’usage de prisons privées dans le système carcéral.

Le département de la Justice des États-Unis ne pourra plus renouveler ses contrats avec les opérateurs privés des prisons après leur arrivée à échéance conformément à un décret présidentiel signé le 26 janvier, a annoncé le Président Joe Biden.

«Personne ne devrait profiter de notre système de justice pénale. C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai ordonné au département de la Justice de mettre fin à l’utilisation des prisons privées par le gouvernement fédéral», a indiqué M.Biden sur Twitter.

​La conseillère en politique intérieure du Président, Susan Rice, avait précédemment annoncé lors d’un point presse que cette décision était appelée à «mettre fin à la dépendance du gouvernement fédéral à l’égard des prisons privées».

«Les prisons privées profitent des prisonniers fédéraux et sont moins sûres pour les gardiens et les détenus, ou bien jugées comme telles par l’inspecteur général du département de la Justice. Le Président Biden s’est engagé à réduire l’incarcération de masse tout en rendant nos communautés plus sûres», a indiqué Mme Rice.

La conseillère a précisé que l’administration Biden ne faisait que rétablir la décision prise par l’administration Obama et annulée par l’administration Trump.

Les actions de deux opérateurs de prisons privées chutent en bourse

La décision de l’administration Biden pourrait nuire aux deux plus grands exploitants de prisons privées du pays, GEO Group et CoreCivic. Selon l’agence Bloomberg, ces sociétés ont vu le cours de leurs actions chuter respectivement de 7,8% et de 5,9% après l’annonce sur les prisons privées.

En 2016, après l’élection du Président Donald Trump, les actions des deux sociétés avaient considérablement augmenté. Les contrats avec le gouvernement fédéral représentaient environ 56% du chiffre d’affaires consolidé de GEO Group et 51% de celui de CoreCivic en 2019, rappelle Bloomberg.

Régler un problème pour en créer d’autres?

«Le décret est une solution qui crée un problème. Limiter les options du gouvernement fédéral pour faire face aux problèmes potentiels de surpopulation à l’avenir pourrait entraîner une aggravation des conditions pour les hommes et les femmes détenus sous responsabilité fédérale», a déclaré le porte-parole de GEO Group, Pablo Paez, dans un communiqué cité par ABC News.

Un autre opérateur privé, Management and Training Corp, qui gère 12 prisons hébergeant 14.095 détenus fédéraux, a salué la décision du Président Biden de mener la réforme de la justice pénale, tout en insistant que supprimer les prisons privées ne réglerait pas le problème du taux d’incarcération élevé et en créerait d’autres.

CoreCivic n’a pas encore commenté la situation.

Selon le département de la Justice, les établissements privés abritaient 116.000 des plus de deux millions de détenus en 2019, soit 16% de la population carcérale des prisons fédérales et 7% de celle des prisons des États, selon les statistiques officielles.

Les centres de rétention pour migrants pas concernés

Selon Mme Rice, le décret présidentiel ne porte pas sur les centres de rétention pour migrants qui sont souvent gérés par des opérateurs privés.

«Le décret s’applique aux prisons gérées par le département de la Justice. Il n’est pas applicable aux prisons gérées par d’autres agences», a précisé la conseillère.

GEO Group a déclaré dans son communiqué qu’il avait «hébergé presque exclusivement des étrangers reconnus coupables de crimes fédéraux, permettant ainsi aux établissements gérés par le gouvernement de s’occuper de citoyens américains sans avoir de problèmes de surpopulation importants».

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réforme judiciaire, réforme, Susan Rice, Joe Biden, prison, États-Unis
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