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Le Texas se remet à peine d’une vague de froid comme on n’en avait pas vu depuis 1909. La chute du mercure a fait plusieurs morts et des millions de Texans ont été privés d’électricité. Julie Lesage commente la politique américaine dans les médias québécois. Résidant à Houston, elle livre son témoignage à Sputnik.

État américain reconnu pour son indépendance d’esprit, le Texas se relève tout juste de l’un des pires épisodes de son histoire récente.

Du 14 au 18 février dernier, une vague de froid d’une intensité jamais vue depuis plus de cent ans s’est abattue sur le Texas et plusieurs autres États du sud et du centre du pays. Au Texas, la plus basse température enregistrée a été de -18°C, un record dans un État plus habitué aux ouragans qu’aux frimas.

Joe Biden en renfort

Les pannes d’électricité et divers bris d’aqueduc et de matériel ont privé des millions d’habitants d’électricité et d’eau potable[JB1] . Au moins soixante-dix personnes sont décédées, dont un garçon de 11 ans, mort d’hypothermie durant son sommeil. Sous la pression, le Président Biden a approuvé la déclaration de catastrophe majeure, une mesure qui permet de débloquer plus rapidement des fonds destinés à épauler les victimes de catastrophes naturelles.

​Habitant le Lone Star State depuis dix-sept ans, l’analyste politique Julie Lesage se dit surprise du comportement de plusieurs Texans durant cette crise alors qu’ils avaient été pourtant avertis par les médias de l’arrivée des temps froids. Avertissement qui ne semble pas avoir été pris au sérieux, selon elle:

«Il y a eu beaucoup de dégâts et pendant un certain temps, nous avons été privés de tout en même temps: électricité, Internet, réseau mobile. Au début, mon mari est parti trouver un signal pour appeler nos amis et s’assurer qu’ils allaient bien. […] Je suis quand même étonnée du manque de préparation face à la crise et d’éducation par rapport au froid. Nous avons été prévenus au moins une semaine à l’avance», souligne à notre micro la résidente de la ville de Manvel, juste au sud de Houston.

Julie Lesage estime que «beaucoup de gens sans assurances» et dont les domiciles ont été gravement endommagés «pourraient faire faillite». En effet, pour de très nombreux foyers, les coûts que représentent les réparations sont considérables. Notre interlocutrice observe aussi que le sud de l’État a été plus touché par les temps froids que le nord, plus habitué aux températures moins clémentes.

Fragilité des infrastructures, un électrochoc pour les autorités US?

En revanche, les pannes de courant et d’eau courante ont touché des gens répartis sur tout le territoire, phénomène que les autorités semblent dorénavant résolues à prévenir:

«La catastrophe au Texas et dans d’autres États nous rappelle que les infrastructures vitales de notre pays sont vulnérables face aux phénomènes climatiques extrêmes et que nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les investissements nécessaires pour les protéger», a déclaré Tom Carper, sénateur démocrate et président de la commission sénatoriale de l’environnement.

Les notes faramineuses d’électricité pour les habitants ayant eu la chance de la conserver (ou de se la faire rétablir assez vite) ont retenu l’attention des médias. Certains ont reçu une facture allant jusqu’à 17.000 dollars US[JB2] . Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a promis de trouver une solution pour aider les gens pris au dépourvu. Quant au maire de Houston, Sylvester Turner, il est d’avis que l’État du Texas doit s’acquitter de ces factures hors normes.

​Toutefois, Julie Lesage explique que seuls les Texans ayant choisi des forfaits à taux variable se retrouvent avec ce genre de problème. Une situation qui engendrerait un manque d’équité entre les habitants de l’État:

«Certaines personnes ont fait le choix de payer leur électricité en fonction des fluctuations du marché en pensant que ce serait plus avantageux pour eux. C’est un choix et il est un peu frustrant de voir certains s’en plaindre dans les médias en se présentant comme des victimes. Maintenant, avec leurs impôts, ce sont les Texans qui ont payé leur électricité avec un taux fixe qui vont régler la facture de ceux qui ont pris ce risque», déplore la commentatrice.

Alors que la crise battait son plein, l’ex-rival de Donald Trump à l’investiture républicaine et sénateur du Texas, Ted Cruz, a déclenché toute une controverse en fuyant au Mexique avec sa famille.

​Le cliché du sénateur immortalisé à l’aéroport avec sa valise a rapidement fait le tour de la Toile et des réseaux sociaux.

«L'école étant annulée pour la semaine, nos filles ont demandé à faire un voyage avec des amis. Voulant être un bon papa, j'ai pris l'avion avec elles hier soir et je reviens cet après-midi», a tenté de se justifier le politicien conservateur.

Quand Ted Cruz a daigné rentrer au bercail, un groupe de mariachis commandé par des opposants a joué quelques chansons devant son domicile, en guise de protestation et de taquinerie. Un orchestre de chambre en quelque sorte!

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