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La représentante démocrate Park Cannon a été arrêtée jeudi après avoir tenté de s’introduire dans le bureau du gouverneur républicain de Géorgie Brian Kemp qui était en train de signer un nouveau projet de loi électorale controversé. Sa discussion puis son interpellation houleuse avec les policiers a été filmée.

Park Cannon, membre de la Chambre des représentants de l’État de Géorgie, a été arrêtée par la police après avoir frappé à plusieurs reprises à la porte derrière laquelle le gouverneur républicain Brian Kemp signait une loi sur les nouvelles règles de vote dans l’État.

La vidéo prise en direct sur Facebook montre Cannon frapper à la porte du bureau de Kemp alors qu'il tenait une conférence de presse sur le projet de loi SB 202, un ensemble de restrictions sur la façon dont les bulletins de vote sont déposés et comptés en Géorgie.

«Elle ne frappait pas à la porte», a déclaré au Washington Post une activiste qui a pris la vidéo. «Un officier du Capitole est venu et a dit: "Ne frappez pas à ma porte", et elle a dit: "Eh bien, est-ce qu'ils signent le projet de loi?" Et il a dit: "Ne frappez pas à la porte." Et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à filmer».

Dans une déclaration au même quotidien, un porte-parole du département de la sécurité publique de Géorgie a confirmé que Cannon avait été arrêtée pour avoir fait obstruction à l'application de la loi et empêché ou perturbé les sessions de l'Assemblée générale ou d'autres réunions de membres.

L’élue a été libérée plus tard dans la soirée.

«Salut tout le monde, merci pour votre soutien. J'ai été libérée de prison. Je ne suis pas la première Géorgienne à être arrêtée pour avoir combattu la répression électorale. J'adorerais dire que je suis la dernière, mais nous savons que ce n'est pas vrai.»

Controverses autour de la loi

Les républicains de Géorgie ont promulgué jeudi un projet de loi électorale de grande envergure dans une première tentative d’imposer de nouvelles restrictions de vote après la victoire de Joe Biden dans l'État.

Le projet de loi a été adopté par les deux chambres de la législature en l'espace de quelques heures avant que le gouverneur républicain Brian Kemp ne le signe le soir du 25 mars.

En modifiant la loi électorale, «la Géorgie fera un pas de plus vers la sécurité, l'accessibilité et l'équité de nos élections», avait-il alors commenté.

Kemp sera candidat à sa réélection l'année prochaine. Il avait refusé de céder aux demandes de Donald Trump de renverser la victoire de Biden, ce qui a valu à l'ancien Président une condamnation publique. Jeudi, Kemp avait déclaré que «des problèmes alarmants» avec les élections de 2020 ont démontré la nécessité d'un changement.

La nouvelle loi impose de nouvelles exigences d'identification des électeurs pour les votes par correspondance, habilite les représentants de l'État à prendre en charge les commissions électorales locales, limite l'utilisation des urnes et interdit le contact avec les électeurs pour leur donner de la nourriture et de l'eau.

Les démocrates et les groupes de défense du droit de vote ont condamné la nouvelle loi, arguant qu'elle cible injustement les électeurs de couleur.

Une action en justice contestant les nouvelles règles avait déjà été déposée par trois groupes, le New Georgia Project, le Black Voters Matter Fund et Rise Inc. Ceux-ci affirment que la nouvelle loi en Géorgie cherche particulièrement à rendre le vote plus difficile pour l'importante population noire de l'État, ce qui a été crucial pour la victoire de Biden en Géorgie en novembre et le succès des sénateurs démocrates Raphael Warnock et Jon Ossoff lors du second tour des élections de janvier.

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Tags:
bureaux de vote, droit de vote, vote, loi, projet de loi, arrestation, États-Unis
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