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Une erreur humaine a pu détériorer jusqu’à 15 millions de doses du vaccin Johnson & Johnson, dans une usine de Baltimore, selon le New York Times. Comme en Europe, un retard dans les livraisons est désormais redouté.

Alors que l’UE fait face à une pénurie de vaccins anti-Covid en pleine troisième vague épidémique, les États-Unis sont aussi confrontés à quelques soucis d’approvisionnement. La production de la préparation de Johnson & Johnson a notamment connu un couac dans une usine de Baltimore, pouvant menacer 15 millions de doses, rapporte le New York Times.

La fabrique, qui produit à la fois le vaccin de Johnson & Johnson et celui d’AstraZeneca, a en effet confondu les composants des deux préparations. L’incident, qui a eu lieu fin février, a forcé les régulateurs à retarder l'autorisation des lignes de production de l'usine. Le temps que les contrôles qualité de Johnson & Johnson découvrent l’erreur, 15 millions de doses avaient déjà été contaminées. Les lots ont été mis en quarantaine.

La chaîne de production de l’AstraZeneca ne semble pas pour sa part avoir été affectée. Une maigre consolation, puisque les autorités sanitaires n’ont toujours pas donné leur feu vert à son autorisation sur le sol américain.

Des retards prévus

Ce raté n’affecte pas les livraisons actuelles de Johnson & Johnson ni celles prévues pour la semaine prochaine, ces doses étant produites aux Pays-Bas. Mais un retard dans les expéditions futures est à craindre, puisque le laboratoire américain comptait sur l’usine de Baltimore pour livrer une partie des 24 millions de doses prévues le mois prochain.

Un incident qui tombe mal alors que l’administration Biden annonçait début mars vouloir acheter 100 millions de doses supplémentaires à Johnson & Johnson, doublant ainsi sa commande auprès de l’entreprise.

En Europe, Johnson & Johnson accuse également des problèmes d'approvisionnement, alors que le vaccin doit être livré sur le Vieux Continent à partir du 19 avril. L’entreprise américaine pourrait en effet avoir du mal à livrer les 55 millions de doses promises à l’UE au second trimestre, selon Reuters. Au total, Johnson & Johnson s'est engagé à expédier 200 millions de doses à l’Europe au cours de cette année.

Parmi les 27, certains avaient d’ailleurs critiqué le cycle de production des laboratoires américains, qui obligent leur usine néerlandaise à renvoyer les vaccins aux États-Unis pour une mise en flacon, avant réexpédition vers l'UE.

L’Europe en pénurie

Au-delà du cas Johnson & Johnson, Bruxelles n’en finit plus d’être montré du doigt sur la question vaccinale. Alors que l’UE espérait immuniser 80% des plus de 80 ans au 31 mars, seuls 27% d’entre eux ont été vaccinés, révélait le quotidien El Pais, ce 1er avril.

Aux retards de livraison et à la cacophonie autour de l’innocuité de l’AstraZeneca se sont récemment ajoutées les interrogations quant au Spoutnik V. Alors que le vaccin russe ne devrait pas être autorisé dans l’UE avant fin juin, certains États en viennent à faire cavalier seul pour leur commande.

Après la Hongrie en janvier, la République tchèque en février, c’est désormais l’Allemagne qui se tourne vers Moscou. Le 19 mars, Angela Merkel s’est en effet dite prête à acheter unilatéralement des doses du vaccin russe, si aucune commande commune n’était faite au niveau européen. La chancelière suspend néanmoins sa décision à l’autorisation de l'Agence européenne des médicaments.

En France, malgré la volonté de l’exécutif d’intensifier la campagne de vaccination, les pénuries se font également sentir. Le maire de Béziers Robert Ménard a notamment tiré la sonnette d’alarme dans son département, dénonçant sur BFM TV un «échec redoutable» du gouvernement dans la distribution des doses.

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Tags:
Union européenne (UE), États-Unis, Johnson & Johnson, Covid-19, vaccin
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