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Les États-Unis s’interrogent devant les faibles taux de vaccination de leurs policiers, catégorie prioritaire, et tentent de trouver des solutions, indique le Washington Post.

Ouverte en France à la mi-avril, la vaccination pour les forces de l’ordre pose problème outre-Atlantique. Bien que prioritaires pour l’accès aux injections, les policiers américains présentent des taux de vaccination inférieurs ou à peu près identiques à ceux du grand public, rapporte le Washington Post s’appuyant sur les données d’agences gouvernementales de sécurité. 

Certains États et villes sont plus touchés par le phénomène que d’autres. Au département de police de Las Vegas, 39% seulement des employés ont reçu une dose, contre 50% des adultes éligibles dans tout le pays. Même constat à Atlanta, où 36% des officiers assermentés ont été vaccinés. La situation est aussi préoccupante dans les petites villes, où les jeunes policiers rechignent notamment à recevoir une injection.

Les inquiétudes des forces de l’ordre font souvent écho à celles de l’opinion publique. Beaucoup de policiers sont ainsi sceptiques face aux nouveaux vaccins, de type ARN messager, et s’interrogent sur la rapidité avec laquelle ils ont été mis en place. D’autres sont convaincus qu’ils peuvent éviter la contamination grâce à un équipement approprié.

La situation préoccupe les autorités sanitaires, les policiers étant en contact direct avec la population, lors de contrôles routiers par exemple, et pouvant donc être des vecteurs de propagation du virus, pointe le Washington Post.

«La police touche les gens. Imaginez un enfant dans une voiture qui n’est pas vacciné. Les gens voudraient savoir si le policier qui s’approche derrière la vitre est protégé», explique au journal Sharona Hoffman, professeure de droit et bioéthique à l’université Case Western Reserve.

Le scepticisme de la police face au vaccin rappelle celui d’autres professions censées travailler «en première ligne», en particulier les soignants. Ainsi, seulement 52% des professionnels de santé interrogés par le Washington Post et la Kaiser Family Foundation courant février avaient déclaré avoir reçu au moins une dose.

La France avait connu la même situation début mars. Face aux hésitations des soignants, le gouvernement était alors monté au créneau, Jean Castex et Olivier Véran exhortant les intéressés à aller se faire vacciner.

Incitation ou obligation?

Pour tenter de remédier à ces faibles taux de vaccination, certaines villes ont mis en place des politiques d’incitation. À Phoenix, les services de police offrent ainsi 75 dollars aux employés protégés. Mais à ce jour, seulement 919 d’entre eux ont présenté une carte de vaccination permettant de toucher la prime, sur 3.982 salariés.

L’idée de rendre les vaccins obligatoires a également été lancée, mais s’est vite heurtée à des levées de boucliers et à des difficultés juridiques. En janvier, le département du shérif du comté de Durham, en Caroline du Nord, avait ainsi édicté des directives, pour obliger ses employés à se faire vacciner. Un adjoint du shérif, licencié pour avoir refusé de fournir une preuve de vaccination, avait alors porté plainte. L’affaire avait entraîné des poursuites fédérales.

En Europe, le débat sur la vaccination obligatoire a également fait rage dans certains pays. En Espagne, le Tribunal constitutionnel a ainsi suspendu une loi régionale qui obligeait les habitants de Galice à se faire inoculer un vaccin anti-Covid. L’Italie a pour sa part rendu les injections obligatoires pour les soignants.

Le débat avait été relancé début avril par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Au-delà de l’actuelle pandémie, l’institution avait en effet jugé que la vaccination obligatoire était «nécessaire dans une société démocratique».

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anti-vaccins, vaccin, Covid-19, États-Unis, police
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