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Joe Biden n’a pas perdu de temps pour engager son programme de campagne, malgré son coût exorbitant. Les électeurs américains vont-ils se résigner à suivre une économie plus caractéristique d’une politique de gauche? Analyse de John Lowe, avocat américain et membre des Republicans Overseas France, au micro de Rachel Marsden.

Un bras de fer est en cours entre Joe Biden et les Républicains pour gagner le cœur de l’Amérique, la classe moyenne et ouvrière.

Alors que ces électeurs étaient nombreux à avoir rejoint le camp de Donald Trump, qui les évoquait souvent en parlant des «hommes et femmes oubliés d’Amérique», Joe Biden semble vouloir faire de son mieux pour les reconquérir.

Dans un discours au Congrès la semaine dernière, le Président américain a déclaré: «La classe moyenne et les travailleurs de ce pays paient déjà suffisamment d’impôts. Il est temps que les entreprises américaines et les 1% des Américains les plus riches commencent à payer leur juste part.» Il a présenté son plan pour l’emploi qui consacre 2.300 milliards de dollars pour la réparation des infrastructures –qui sont généralement contrôlées par les gouvernements des États– et pour rendre l’Amérique plus respectueuse du climat.

Est-ce vraiment la bonne stratégie pour charmer cette moitié du pays qui a voté pour Trump, qui rejette l’État-nounou et qui veut être moins taxée afin de pouvoir garder le plus d’argent possible dans ses poches? Comment les Républicains envisagent-ils de contrer cette redistribution massive de richesses souhaitée par Biden, dont la base électorale de Trump va peut-être bénéficier? John Lowe, avocat américain et membre des Republicans Overseas France, Joe Biden est en train de charmer l’électorat de Donald Trump dans un seul but:

«Joe Biden est en train de se préparer pour les élections de 2022 en donnant plus d’argent à beaucoup d’Américains. Dès son arrivée à la Maison-Blanche, il a fait voter un plan d’aide de 2.000 milliards de dollars pour lutter contre le Covid. Cela représente un montant de presque 1.400 dollars par Américain, c’est un très beau cadeau.»

Joe Biden a également détaillé son «projet pour les familles américaines» de financement des frais de scolarité gratuits pour les universités de proximité, les écoles maternelles et les congés maladie. Il affirme que ces dépenses seront financées par une augmentation des impôts sur les sociétés ainsi que par une taxe sur les revenus des Américains les «plus riches» –qui gagnent plus de 400.000 dollars par an. John Lowe est dubitatif devant ces chiffres et le manque de précision apporté:

«On peut se perdre devant ces chiffres, c’est difficile pour l’Américain moyen de comprendre ce qu’il se passe. Pour financer ce nouveau programme de 4.000 millards de dollars, le gouvernement affirme qu’il va augmenter les impôts sur les sociétés et sur les personnes les plus riches. Cependant, il oublie de dire que ces charges supplémentaires pour les sociétés se répercuteront sur les prix au consommateur. Par ailleurs, la définition des "plus riches" commence à changer. Au départ, il s’agissait des personnes qui gagnaient plus de 400.000 dollars par an. Maintenant, il s’agit des foyers dans leur ensemble. On ne sait pas si c’est du net ou du brut, ce n’est pas clair.»

Dans le journal The Hill, basé à Washington, on a pu lire que des Républicains redoutaient que le conservatisme fiscal devienne moins populaire et qu’ils aient du mal à vendre cette idée. L’opposition républicaine va-t-elle devoir se résigner à une idéologie fiscale plus marquée à gauche? D’après Lowe, c’est possible:

«Quand Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche, la dette américaine se montait à 17.000 milliards de dollars. À son départ, elle était à 21.000 milliards de dollars. Pour les Républicains la question va devenir ‘Qui a le mieux dépensé l’argent public américain: le gouvernement ou le public lui-même?’ Ça, c’est la vraie question à laquelle ils vont devoir se confronter.»

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Tags:
Covid-19, étudiants, dette publique américaine, États-Unis, Donald Trump, Joe Biden
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