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Le Texas a approuvé un projet de loi supprimant la plupart des restrictions en matière d’armes de poing, ce qui permettrait à n’importe lequel de ses citoyens âgés de plus de 21 ans d’en acheter et d’en porter, selon Associated Press. L’opposition a rappelé que cet État avait particulièrement été touché par les tueries de masse.

C’était déjà l’un des États américains les plus souples en termes de vente d’armes, comptant plus d’1,6 million de détenteurs de permis, et sa législation va encore s’alléger. Lundi 24 mai, le Parlement du Texas, dominé par le parti républicain, a approuvé une mesure supprimant la plupart des restrictions sur l’achat des armes de poing, indique Associated Press.

«Le Texas est en passe de devenir un État sanctuaire du deuxième amendement [assurant le droit de détenir des armes, ndlr]», a tweeté le gouverneur de l’État Greg Abbott, lequel a déjà affirmé qu’il signerait le texte, malgré la polémique qui y est associée.

En effet, la nouvelle législation rend possible l’achat d’une arme de poing sans permis, lequel ne pouvait être obtenu qu’après une vérification des antécédents et au terme d’une formation au tir. Pour s’en procurer, il suffira désormais d’être âgé de 21 ans ou plus et de ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation pénale grave, auquel cas les sanctions restent sévères. Pourtant, le contrôle des antécédents sera supprimé.

Ceux qui ont soutenu ce projet de loi affirment que cela permettra de «mieux se défendre en public tout en supprimant les obstacles inutiles au droit constitutionnel de porter des armes», précise l’agence de presse américaine. Les entreprises ont toujours la possibilité d’interdire leur port dans leurs locaux.

Fusillades

Le projet de loi a suscité l’indignation des élus démocrates, à l’instar de Julian Castro, le maire de San Antonio, l’une des plus grandes villes du Texas. Selon lui, une majorité des résidents de l’État s’opposent à cette mesure, et lui-même estime qu’elle engendrera davantage de décès.

Joe Moody, élu démocrate à la Chambre des Représentants texane, a quant à lui rappelé la fusillade d’El Paso, en août 2019, où 23 personnes avaient été tuées par un jeune homme de 21 ans. Après le drame, les législateurs avaient promis de «prendre au sérieux la sécurité des armes à feu», a-t-il lancé, déplorant que ces promesses n’aient pas été tenues.

Avant El Paso, le Texas avait été le théâtre de deux tueries de masse, l’une en 2018 dans une école à Santa Fe (10 morts), l’autre en 2017 dans une église à Sutherland Springs (27 morts).

Opposition de la police

Les forces de police de l’État s’opposent elles aussi à l’entrée en vigueur de cette loi, en particulier sur le volet qui supprime la nécessité de se former avant d’en acheter une.

«Désormais nous allons avoir affaire à une bande d’individus sans entraînement dehors. Cela me fait craindre le pire pour notre communauté», a déclaré dans le New York Times Douglas Griffith, président du syndicat des officiers de police de Houston.

Ed Gonzalez, shérif du comté de Harris, le plus peuplé du Texas, s’est inquiété auprès du quotidien que l’État pourrait redevenir le Far West, affirmant que «le port d’armes sans permis n’améliore pas la sécurité de nos concitoyens, […] mais augmente les chances d’une confrontation mortelle».

 

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Tags:
fusillade, polémique, projet de loi, port d'armes, Texas, arme à feu
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