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Des chauffeurs Uber ont reçu par erreur un mail de la compagnie proposant de prendre en charge leur protection sociale. Un couac qui relance le débat sur la couverture santé de ces derniers.

Alors que plusieurs décisions de justice ont récemment remis en cause le modèle économique d’Uber, certains y voyant même un coup d’arrêt à l’«ubérisation» générale de la société, la compagnie américaine vient de donner le bâton pour se faire battre. Aux États-Unis, l’entreprise a en effet envoyé par erreur un e-mail à ses chauffeurs, leur proposant de couvrir une partie de leur assurance maladie, rapporte The Verge.

L’offre attrayante promettait des subventions allant de 600 à plus de 1.200 dollars (environ 1.000 euros). Une véritable manne, alors que les chauffeurs Uber sont jusqu’à présent considérés comme des travailleurs indépendants, inéligibles aux régimes d'assurance maladie parrainés par l'employeur.

Mais l’euphorie a été de courte durée, Uber annonçant une erreur d’envoi. L’e-mail ne devait être adressé qu’aux chauffeurs et aux livreurs de Californie, seuls concernés par cette offre. En effet, depuis novembre 2020 l’État de Californie enjoint au géant américain d’offrir certaines aides aux soins pour ses chauffeurs.

L’ubérisation en question

La Californie avait d’ailleurs été le théâtre d’une intense bataille juridique entre Uber et ses chauffeurs, l’an passé. Ces derniers demandaient à ce que leur statut d’employés soit reconnu par la compagnie.

La Californie s’était finalement décidée à lancer un référendum sur la question. La loi dite «Proposition 22» avait été adoptée à 59%, donnant tort aux chauffeurs et entérinant leur statut d’indépendants. Les campagnes de lobbying d’Uber et de ses concurrents Lyft et DoorDash n’étaient pas passées inaperçues, les trois sociétés dépensant près de 200 millions de dollars pour soutenir la loi. Des chauffeurs ont par la suite mis en doute la constitutionnalité du texte voté. Le bras de fer se poursuit à cette heure devant les tribunaux.

Le modèle Uber a également été attaqué au Royaume-Uni, où les chauffeurs ont cette fois obtenu gain de cause. Mi-février, la Cour suprême britannique a en effet estimé que ces derniers devaient être traités comme des «travailleurs» salariés, ouvrant ainsi la porte à un possible salaire minimum ou à des congés payés.

Quelques mois plus tard, l’Espagne a suivi le même exemple en adoptant la «Loi Riders», qui vise plus spécifiquement les plateformes de livraison de repas à domicile, telle Uber Eats. Le texte force désormais ces dernières à embaucher leurs coursiers en tant que salariés – et non plus en tant que travailleurs indépendants.

Des décisions de justice qui pourraient faire tache d’huile et porter un coup à la philosophie prônée par ce type d’entreprises.

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Tags:
aide sociale, assurance, email, Deliveroo, uberisation, Uber
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