Amérique du Nord
URL courte
Par
9187
S'abonner

Il n’y aura pas de traversée de désert politique pour l’ancien Président américain s’il a son mot à dire. Le magnat de l’immobilier a retrouvé le devant de la scène politique avec les rassemblements de ses partisans. Olivier Piton, avocat, se penche sur la tactique de Trump au micro de Rachel Marsden.

La semaine dernière, certains Américains auraient pu se croire projetés en 2015, lorsque Donald Trump s’était présenté devant une foule de supporters près de la ville de Cleveland, dans le traditionnel État pivot de l’Ohio.

L’ex-Président US a qualifié le rassemblement de «tout premier meeting de l’élection de 2022», ajoutant: «Nous allons reprendre le Congrès, nous allons reprendre le Sénat et nous allons reprendre l’Amérique, et nous le ferons bientôt!» En ligne de mire: les élections sénatoriales de novembre prochain. S’exprimant pendant une heure et demie devant des milliers de partisans agitant des pancartes marquées d’un nouveau slogan, «Sauver l’Amérique», l’ex-Président a attaqué la politique de son successeur Joe Biden.

Pourtant, certaines personnalités du Parti républicain semblent agacées. Des extraits de Trahison, un ouvrage à paraître en novembre, font actuellement le buzz aux États-Unis. William Barr, l’ancien ministre de Justice de l’Administration Trump, y détaille comment il est arrivé à la conclusion que les allégations de fraude électorale de son patron étaient «du baratin», bien qu’il les ait lui-même alimentées un certain temps. Un sondeur républicain de longue date, Ed Goeas, a dit lui que le parti «avait besoin que Trump s’en aille» pour obtenir suffisamment d’électeurs pour reconquérir la Chambre et le Sénat lors les des élections de mi-mandat de 2022. Pourtant, le magnat de l’immobilier ne semble pas vouloir quitter la scène. Privé de réseaux sociaux, il relance son mouvement sur le terrain.

Olivier Piton, avocat en droit public, président de la Commission des lois à l’Assemblée des Français de l’étranger et auteur de La Nouvelle révolution américaine et Les Transgressifs au pouvoir – Emmanuel Macron et Donald Trump (Éd. Plon), analyse les raisons du come-back politique de Donald Trump:

«Donald Trump a une double stratégie. La première, c’est d’être l’incontournable commandant en chef de la campagne parlementaire de mi-mandat pour les Républicains. Et deuxièmement, il va choisir ses cibles. Certains candidats qu’il va aider sont des proches qui le soutiennent. Et au contraire, il fera entendre sa petite musique de réprobation pour un certain nombre de candidats qui ne l’avaient pas soutenu et qu’il estime être des ennemis à sa cause.»

Y a-t-il aujourd’hui quelqu’un au sein du Parti républicain qui pourrait être le digne héritier du trumpisme sans être Trump lui-même ?

«Non, Trump occupe tout le terrain et les plus trumpistes parmi les trumpistes ne jurent que par lui. Aucun autre ne prétend récupérer sa succession, ce n’est pas à l’ordre du jour. De l’autre côté, il y a toujours les grandes familles patriciennes du Parti républicain comme les Bush qui mènent la fronde contre lui», explique Olivier Piton.

Donald Trump va devoir affronter des problématiques judiciaires. Quelles sont ses chances face à ces enquêtes en cours?

«Les juges, les démocrates, l’establishment ne le lâcheront pas. Ils tenteront de remporter la victoire sur tapis vert, si possible en le rendant inéligible, voire en le condamnant à de la prison ferme. On fait souvent le parallèle avec Al Capone qui était tombé pour des raisons fiscales. Plus il montrera une appétence à vouloir revenir, plus les affaires sortiront.»

Lire aussi:

«J’ai un rendez-vous avec le Kremlin», ironise Philippot au sujet de ceux qui le financent – vidéo
«Pas le droit de marcher sur leur trottoir»: le tournage d’une série Netflix à Paris pose problème aux habitants
En Seine-Saint-Denis, ces deux prénoms sont les plus donnés aux bébés depuis 2018
Tags:
États-Unis, élections, Sénat des États-Unis, Donald Trump
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook