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La prise du pouvoir par les talibans* a provoqué un afflux migratoire qui présente des risques d’infiltration terroriste. Une centaine de réfugiés afghans admis sur le sol américain sont soupçonnés de liens avec des groupes terroristes. La France, qui a accueilli 2.600 personnes, se défend de «toute faille», évoquant un «triple filet de sécurité».

Les États-Unis soupçonnent une centaine de réfugiés afghans admis sur leur territoire de liens avec des groupes terroristes et comptent en envoyer au moins deux au Kosovo pour des contrôles supplémentaires, rapporte le 3 septembre NBC News.

«Sur plus de 30.000 personnes évacuées d'Afghanistan vers les États-Unis, environ 10.000 ont besoin d'un contrôle supplémentaire», indiquent à la chaîne de télévision des sources.

D'autres personnes évacuées, actuellement en cours d'évaluation dans la région de Washington, avaient auparavant déjà été expulsées des États-Unis pour des infractions pénales passées, précisent à NBC News deux sources. Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis décide actuellement des démarches ultérieures à prendre à l’encontre de ces individus.

«Beaucoup de personnes ont été déplacées très rapidement et les services du renseignement ont travaillé dur pour évaluer une menace éventuelle de ces personnes», souligne un haut responsable fédéral de l'application des lois.

«Nous n'allons pas permettre à des personnes d'être libérées si elles disposent d’informations désobligeantes», a-t-il ajouté.

Tout réfugié qui suscite des préoccupations similaires sera également envoyé au Kosovo pour des contrôles supplémentaires, préviennent les sources.

Un risque migratoire pour l’Europe?

Les États-Unis ne sont pas le seul pays à accueillir des réfugiés afghans, les pays européens n’étant pas non plus épargnés. En effet, 13% des réfugiés afghans arrivent dans l’UE, selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

À l’issue du programme d’exfiltration, l’Italie compte près de 5.000 réfugiés, contre 4.400 pour l’Allemagne, 2.600 pour la France, 2.000 pour l’Espagne, 1.400 pour la Belgique et 14.500 pour le Royaume-Uni. Au total, 123.000 personnes ont été évacuées.

«Bien sûr, il y a un risque d’infiltration [par des terroristes, ndlr]. C’est pour cela qu’il faut une vigilance très forte, reconnaissait le 24 août sur Franceinfo Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).

«À l’aéroport de Roissy, il y a des services spécialisés qui à chaque fois examinent chaque situation, mais ce n’est pas nouveau. En 2015-2016, nous avions été confrontés, l’ensemble des pays d’Europe et en particulier l’Allemagne, à l’arrivée de personnes qui avaient de faux passeports syriens et donc il y a une vigilance qui s’exerce.»

Pourtant, la France nie toute «faille» dans la surveillance des Afghans arrivés sur son territoire.

«Nous connaissons toutes les personnes qui sont arrivées sur notre sol, ramenées par l’armée française», insistait Gérald Darmanin.

Selon Gabriel Attal, le pays met en œuvre un «triple filet de sécurité» pour éviter des risques sécuritaires face à l’afflux des Afghans, avec des vérifications «à Kaboul, à Abou Dhabi et à leur arrivée en France».

«Nos services de renseignement enquêtent, interrogent et, le cas échéant, retiennent sans la moindre complaisance l'ensemble des personnes identifiées comme les risques potentiels».

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
France, Gabriel Attal, Gérald Darmanin, talibans, Afghanistan
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