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Quelles motivations l’Administration Trump aurait-elle de s’en prendre à Cuba en fin de mandat, en la qualifiant «d’État sponsor du terrorisme»? Les raisons sont complexes et n’ont pas forcément à voir avec la terreur organisée, explique pour le Désordre mondial Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France.

Alors que le mandat de Trump touche à sa fin, Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, est étrangement discret, alors que certains diplomates dans son propre ministère l’ont imploré de condamner les actions et les paroles du Président en amont des manifestations pro-Trump qui ont éclaté à Washington la semaine dernière et au cours desquelles cinq personnes sont mortes.

Les bruits de couloir laissent entendre que Pompeo songerait à une future candidature à la Maison-Blanche. Mais avec à peine quelques jours pour boucler son bilan, Pompeo a manifesté son désir de désigner officiellement Cuba comme État sponsor du terrorisme. Cette décision mettrait ce pays d’Amérique latine dans le même sac que trois autres États: la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie.

Barack Obama avait retiré Cuba de cette liste, alors pourquoi l’y remettre? Avec quelle justification? Et quelles seraient les possibles implications d’une telle décision? Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France et auteur du livre Les guerres de Syrie (Éd. Glyphe), revient sur le principe même de cette liste noire:

«Du point de vue de ce qualificatif, que les États le méritent ou non, ça dépend de la fantaisie du gouvernement américain. C’est lui qui a fabriqué le concept d’État terroriste et donc c’est lui qui désigne les États terroristes et ceux qui ne sont pas […] Le GPS [qui guide vers le terrorisme, ndlr] ne conduit pas forcément à Cuba, à Téhéran ou à Damas, mais plutôt très près de chez Monsieur Pompeo et du Président Trump.»

D’après l’ancien ambassadeur, c’est ailleurs qu’il faut chercher la raison de cette subite vindicte:

«Je constate que Cuba et l’Iran viennent de signer un accord de coopération en matière de vaccins. Et ça, je crois que c’est l’un des arguments déterminants, puisque finalement l’irruption de l’épidémie Covid-19 a été un détonateur, du moins un catalyseur, d’un regain d’agressivité des États-Unis contre les États comme l’Iran, la Syrie et comme Cuba et le Venezuela […]
L’accord prévoit une coopération dans ce domaine-là et pour cette phase ultime, ils ont mis au point des vaccins. Ils ont plusieurs vaccins qui sont sur la sellette, donc qu’ils soient produits à Cuba ou en Iran, il s’agit de coopérer pour savoir quel est celui qui serait le plus efficace et qui aurait le moins d’effets secondaires.»

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Donald Trump, Mike Pompeo, vaccin, Cuba
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