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    Des expulsions et des manifestations

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    Les Français sont majoritairement favorables aux expulsions de Roms, dont des camps ont été d



    Les Français sont majoritairement favorables aux expulsions de Roms, dont des camps ont été démantelés cet été, affirme un sondage CSA publié par « Le Parisien ». 48 % se déclarent favorables à ces expulsions contre 42 % qui y sont opposés. Le sondage date du 26 août. Quelques jours plus tard, des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue dans toute la France pour dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement. Les manifestants sont mobilisés à l'appel d'une centaine d'organisations soutenues par le Parti socialiste, les Verts, les partis d'extrême gauche et l'ensemble des syndicats. Des défilés se passent dans quelque 130 villes, ainsi que devant les ambassades de France dans plusieurs capitales européennes. Ils rassemblent 77.000 personnes sur l'ensemble du pays selon le ministère de l'Intérieur, alors que les organisateurs estiment le nombre de manifestants à 100.000. Brice Hortefeux trouve que cela doit constituer "une déception" pour leurs organisateurs, ceux-ci parlent d'une réussite. Mais 100 mille, est-ce beaucoup ?

    Voilà une vision divergente de la même situation, l'effet du verre à moitié plein ou à moitié vide, et une véritable bataille sociale. Dans cette effervescence, la France vit depuis plusieurs semaines sans qu'on approche la solution. D'ailleurs a-t-on vraiment cherché à la trouver ? Qu'il y ait des problèmes de sécurité dans le pays, liés à l'immigration irrégulière, c'est une évidence, et on ne peut pas dire le contraire. Et que le problème des Roms ne doive pas être réglé par la France, mais par leur pays d'origine qui fait partie de l'Union européenne. Cependant le débat déclenché dépasse le cadre d'un débat normal et déborde dans les excès qui n'ont plus rien de constructif.

    Quand on voit le gouvernement accuser toute une communauté, cela crée des associations dangereuses et inquiète l'opinion mondiale. Même chose quand on voit apparaître des propositions de lois pour déchoir la nationalité, pour entraîner la responsabilité pénale contre les représentants d'une éthnie. C'est pourquoi le tour pris par l'affaire fait penser à des enjeux politiques, à des démarches calculées ayant pour origine l'affaire Woerth-Bettencourt, la crise et ses conséquences. Chez les adversaires, c'est malheureusement aussi du calcul. On voit mal la volonté de la gauche de donner une réponse concrète aux questions de sécurité, mais plutôt une posture morale qui lui permet de mobiliser les masses. "La dernière fois que nous nous sommes mobilisés de cette manière, c'était pendant l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2002", avoue une des militantes. Et cela semble lui plaire, comme si le processus, le rituel de l'action était une valeur en soi, comme si l'euphorie grisante de la lutte primait tout. Le problème est que, dans ce contexte, l'affaire des Roms devient peu à peu un prétexte, se réduit à un simple propos et risque de se faire oublier assez rapidement. Dès que l'on aura trouvé un autre sujet de débat ou une autre pomme de discorde...

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