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    L'ONU craint l'escalade du terrorisme au Sahel et au Maghreb

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    Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest Saïd Djinnit a exprimé ces derniers jours à Dakar ses craintes au sujet de la dissémination de la menace terroriste dans la région.


    Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest Saïd Djinnit a exprimé ces derniers jours à Dakar ses craintes au sujet de la dissémination de la menace terroriste dans la région. Selon lui, cela est dû au regain d'activité d'« Al-Qaïda au Maghreb  islamique »  (Aqmi) au Mali et au Niger. Saïd Djinnit n'exclut pas que le groupe déploie ses activités dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest : du Sénégal au Nigeria. « L'ONU, souligne Djinnit cité par Alexei Grigoriev, a toujours marqué sa  disponibilité à aider la région et les pays de la région dans les  efforts communs qu'ils doivent mobiliser pour faire face à une  menace qui est commune ». Fait paradoxal, poursuit notre observateur, l'ONU n'est pas pressée à appliquer les mesures urgentes et dépose le fardeau de la lutte antiterroriste au Sahel sur les pays n'ayant pas suffisamment de forces et de ressources militaires pour cette lutte. C'est ce que confirme la récente opération de l'Aqmi - la capture de sept otages à Arlit, dans le Nord du Niger où les compagnies françaises AREVA et SATOM (groupe Vinci) ont des grandes entreprises de prospection des gisements d'uranium. Les commandos de l'Aqmi ont pénétré sans obstacles la nuit du 15 au 16 septembre sur le territoire gardé d'une cité pour les spécialistes étrangers ayant emmené en Jeeps dans le désert un haut fonctionnaire et sa femme ainsi que trois Français, un Togolais et un Malgache. 800 soldats des unités spéciales et les unités des armées malienne et nigérienne ont recherché pendant deux semaines sur terre et de l'air les traces des otages.  D'après les récentes informations, les commandos les abritent sur une base dans l'Est du Mali, à la frontière algérienne, à mille kilomètres d'Arlit. La chaîne de télévision Al Jazeera a diffusé enfin le 29 septembre les chroniques où figuraient les sept otages entourés de bandits armés jusqu'aux dents qui les ont enlevés. Le 30 septembre Al Jazeera a diffusé un reportage de 4 minutes ayant donné la parole aux otages. Le reportage a paru sur le site islamique Shamikh1.net sous le titre provocant « Photos et enregistrement audio pour  les otages français au Niger ». L'émission a été retransmise le lendemain par pratiquement toutes les grandes chaînes de télévision du monde. Les otages sont vivants mais Paris se montre toujours préoccupé, les enleveurs n'ayant avancé aucune exigence. Dans le même temps, il a été décidé à l'issue de plusieurs séances de l'administration du président, du gouvernement et de l'Etat-major français d'entrer en contact avec l'Aqmi. Le  chef d'Etat-major des armées, Édouard Guillaud a dit, en particulier, dans une interview accordée à France 1.

    L'emploi de la force, a ajouté Edouard Guillaud n'est pas exclu, tout dépendra de l'évolution de la situation. Cependant, les leaders de l'Aqmi ont averti les Français contre toute tentative de mettre les otages en liberté en employant la force. Sinon, ceux-ci seront tués.

    La récente capture des otages et d'autres attentats de l'AQMI a poussé à raffermir les efforts conjoints des pays du Sahel et du Maghreb contre ce groupe. Réunis à huis clos le 29 septembre à Alger, les responsables des structures forts d'Algérie, de Mauritanie, du Niger et du Mali, les chefs des services de reconnaissance des quatre pays ont décidé d'instituer un Centre régional du renseignement pour coordonner la lutte antiterroriste dans la région du Sahara et du Sahel. Selon le journal algérien Al-Watan, ce sera « la colonne vertébrale » de la  stratégie du Conseil  d'Etat-major militaire régional qui a été créé le 26 septembre à Tamanrasset,  dans le Sud algérien, pour neutraliser le terrorisme dans la région. Fait révélateur : les délégués à la séance ont décliné l'initiative malienne d'assurer la participation du Maroc aux activités du Centre. Selon Al-Waten, bien qu'elle ait été déclinée sous prétexte que le royaume chérifien  « n'est géographiquement pas concerné », il est clair que cela est dû aux divergences de longue date entre l'Algérie et le Maroc. L'institution du Conseil  d'Etat-major militaire régional et d'un Centre régional du renseignement est une démarche sérieuse dans la lutte contre l'Aqmi, ennemi commun du « quartette ». Il n'est pas à douter qu'un soutien militaire et autre de la communauté internationale, en premier lieu de la France ayant des intérêts particuliers dans cette région du continent, pourrait rendre la lutte plus efficace.

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