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    La culture et les arts

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    Aujourd’hui au programme : - Les souverains chevaliers - La matrice de l’âme à travers les


    Aujourd’hui au programme :

    - Les souverains chevaliers

    - La matrice de l’âme à travers les rêves en bambou

    - Levitan reprend son éclat d’origine

    - Aventures et exploits d’un poète-partisan en 1812

    Les souverains chevaliers

    C’est le nom de l’exposition éblouissante de beauté montée par les musées du Kremlin de Moscou qui en dit long sur l’histoire des relations internationales de la Russie. Consacrée aux décorations étrangères des Empereurs de Russie, elle se déroulera du 27 octobre au 9 mars 2011.

    L’expostion est unique à plus d’un titre, affirme la directrice des musées du Kremlin Eléna Gagarina. Elle répond en plus aux attentes de la société contemporaine.

    Les ordres en général et les ordres étrangers plus particulièrement intéressent beaucoup de gens qui en collectionnent. Pourtant, l’information sur ces ordres est souvent faussée et insuffisante. En fait, nous n’avons jamais monté ce genre d’exposition. Bon nombre de ces décorations qui n’avaient jamais été exposées, ont été restaurées pour l’occasion. Sans nous limiter aux ordres à proprement parler, nous montrons aussi leurs statuts, les documents et les costumes des chevaliers si bien que l’exposition promet d’être aussi intéressante que spectaculaire.

    Les pièces les plus connues sont incontestablement la Croix et la Couronne de Malte de l’Empereur russe Paul I devenu Grand Maître de l’ordre de Malte après la Révolution française. Sur le tableau du peintre Borovikovski on voit l’Empereur portant justement la Couronne de Grand Maître et la Croix blanche. Les décorations maltaises ont ceci d’intéressant qu’elles ont donné naissance à la collection des ordres étrangers du Kremlin de Moscou. En 1789 Paul I a donné l’ordre de conserver au Palais des Armures du Kremlin le médaillon reliquaire du Grand Maître de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (de Malte), puis les autres décorations de l’ordre dont la couronne, le sceau et le poignard.

    Mais Paul I n’était pas le premier monarque russe honoré d’ordres étrangers. C’est Pierre I, le tsar réformateur qui a percé « une fenêtre sur l’Europe », qui l’a précédé en qualité de souverain chevalier. On peut voir à l’exposition l’ordre danois de l’Élephant, un des plus originaux en Europe, décerné au tsar russe. C’est réellement une figurine d’élephant chevauché par un Sarrasin. De surcoît, cette décoration s’accompagnait d’une charte, d’un statut scellé et d’un cadeau étonnant – le récipient servant à refroidir le vin. L’ordre de l’Élephant tout comme l’ordre polonais de l’Aigle Blanc furent remis à Pierre Premier en 1712 en hommage à la victoire de la Russie sur la Suède dans la guerre du Nord. Le Danemark et la Pologne étaient alors alliés de la Russie.

    Un siècle plus tard c’est l’Empereur Alexandre Premier qui devient le deuxième plus grand ramasseur de décorations étrangères, notamment pour la victoire sur Napoléon – ordre espagnol de la Toison d’or, ordre britannique de la Jarretière. Mais c’est bien avant la guerre de 1812 qu’Alexandre Premier devient Cavalier de la Légion d’Honneur. Il reçoît cette distinction des mains de Napoléon Bonaparte en personne à l’issue de la signature de la paix de Tilsit. Alexandre fait à son tour une « révérence politique » en décorant Napoléon de l’ordre de Saint-André, la plus prestigieuse des  distinctions de l’Empire russe. A propos, c’est précisément cet ordre qu’on peut voir à l’exposition au Kremlin. Après avoir déclenché la guerre contre la Russie, Napoléon a de plein droit cessé d’être son chevalier.

    Les ordres étrangers n’appartenaient pas en propre aux monarques russes. Ils étaient le bien de l’état si bien qu’après le décès du Souverain chevalier ses décorations étaient mises à la disposition de la Commission de deuil chargée d’organiser les obséques et étaient ensuite conservés dans le Dépôt spécial des ordres impériaux ou renvoyés au pays d’origine parce que chaque distinction suprême avait son propre règlement. Lioudmila Gavrilova, la commissaire de l’exposition, affirme que le monarque de n’importe quel pays rêvait d’être décoré de la disctinction suprême d’un autre état.

    Quand les Empereurs russes, à commencer par Pierre Premier, devenait titulaires d’ordres chevaleresques, ils acquiéraient par là même la qualité des frères cousins vis-à-vis des monarques étrangers. C’était la marque des bonnes dispositions envers le pays et son souverain, - explique Lioudmila Gavrilova.

    Une vitrine spéciale est réservée aux ordres décernés aux Impératrices russes. De même que les reines des pays européennes, elles ne pouvaient prétendre à de nombreuses décorations europennes qui étaient par définition le privilège des hommes. Les femmes étaient surtout décorées pour les bonnes oeuvres ce qui explique la symbolique des distinctions « féminines » : Saint-Isabelle fait l’aumône, Sainte-Catherine souffre son martyre. L’attribution en 1763 de l’ordre « masculin » suédois des Séraphins à l’Impératrice russe Catherine la Grande fut la seule exception à cette règle.

    « Rêves du bambou » ou la recherche d’harmonie dans  « La matrice de l’âme » 

    « Rêves du bambou »  est le titre du spectacle de ballet « écologique » qui a déjà fait le tour de plusieurs villes russes. Il a également effectué une tournée en France à l’invitation du célèbre couturier français Pierre Cardin. Le temps est maintenant venu de le montrer à Moscou, ce qui fut fait le 21 octobre, juste avant la première.

    Et voici les premières réactions : « Bonnes gens! Si vous voulez sentir quelque chose de sublime et d’élevé, n’hésitez pas à aller voir ce spectacle », résume ses impressions un Internaute. Quant à Pierre Cardin, il a été plus long : « Cela fait longtemps que je n’ai pas vu une telle combinaison de culture d’interprétation classique et de chorégraphie moderne la plus audacieuse. C’est  sentimental, élevé, touchant, affectif, bref, tout ce qu’il y a de plus russe. J’ai vu pousser le bambou, j’ai senti le frémissement des premières feuilles à travers le jeu des costumes simples et en même temps très originaux. J’essayais de deviner comment les artistes parviennent à transformer avec leurs doigts les petites baguettes en tiges longues et en animaux exotiques... »

    Le spectacle « Les rêves du bambou » qui a séduit le maître de la mode française est la création de la chorégraphe de Moscou Elena Bogdanovitch. Voilà ce qu’elle a bien voulu dire à la « Voix de la Russie » à propos de son projet :

    C’est plutôt un ballet méditatif, quand tous les mouvements obéissent à un rythme sacral en donnant l’impression du ralenti. Ce spectacle raconte l’écoulement de la vie humaine, le cycle qui nous conduit de la naissance à la mort. Le plus étonnant, - poursuit la chorégraphe,- c’est le fait que le projet ait été conçu en collaboration avec la femme médecin américaine Galina Teliakova qui a mis au point sa méthode de traitement à l’aide de baguettes de bambou qu’on applique sur les points sensibles sur fond de pas de danse. Nous avons même un certificat délivré par son auteur qui dit que c’est une méthode qui produit avant tout un effet bénéfique sur l’âme et aussi le corps. Dans le spectacle de ballet les artistes manipulent les baguettes de bambou de telle sorte que les spectateurs ont l’impression de régler leurs mouvements eux-mêmes.

    Le bambou comme symbole de sagesse et de longévité, la musique de Bach, les tambours chinois, le chant diaphonique interprété par une chanteuse de la région d’Altaï, le doudouk du virtuose arménien Gasparian.... « sont autant des éléments de synthèse des cultures d’Europe et d’Asie, - explique Elena Bogdanovitch, - et le spectacle est précisément le point d’acquisition d’harmonie entre ces deux mondes ».

    « Les rêves du bambou » n’est que le premier spectacle du projet « La matrice de l’âme », - explique Elena Bogdanovitch.

    La chorégraphe raconte que le projet se composera de cinq spectacles présentant les différents éléments. C’est ainsi qu’il y aura le spectacle « L’eau éternelle », puis « Le temps du sable » où l’élément terre est incarné par le sable en sa qualité de symbole d’éternité. L’élément aérien trouve son expression dans le spectacle « Le chuintement de soie » et il y aura aussi le spectacle « Le feu de l’âme ». Nous voulons même qu’un soir le public puisse voir tous les cinq spectacles.

    A propos, Pierre Cardin aurait décidé de se charger de la promotion du projet à l’étranger en se limitant entre temps à inviter offciellement « l’écoballet » au Festival iternational qui aura lieu en 2011 en France.

    Levitan reprend son éclat d’origine

    La célèbre Galerie Tretiakov de Moscou qui a ouvert en octobre une exposition des oeuvres du grand paysagiste russe Isaac Lévitan consacré au 150ème anniversaire de la naissance du maître a jugé nécessaire d’expliquer ce retard puisque cette date tombe en août. Les explications se sont avérées convaincantes : les chefs-d’oeuvre du peintre était soigneusement restaurés en prévision de l’exposition.

    La Russie célèbre cette année deux dates anniversaires, deux cent cinquantenaires de la naissance – de l’écrivain Tchékhov et du peintre Isaac Lévitan. Ils avaient le même âge et étaient des amis en puisant tous les deux leur inspiration dans la même source. Les motifs tchékoviens chez Lévitan et les motifs lévitanien chez Tchékhov sont autant de sujets classiques pour les chercheurs et de rapprochements pour tous ceux qui s’intéressent à l’art. Ces deux maîtres savaient exprimer comme personne d’autre le caractère fugace et volatile des états d’âme, le tragisme et la poétique de la vie. « Les tableaux de Lévitan font toujours apparaître une diversité de nuances, une gamme de sentiments, - affirme dans son interview à la « Voix de la Russie » la conservatrice de la Galerie Tretiakov Galina Tchourak. – Ils sont particulièrement complexe dans l’expression des sentiments et des rapports entre l’homme et la nature ».

    Les pysagistes occidentaux ont leur propre intonation mais les peintres russes  sont différents surtout en ce qui concerne Lévitan qui a créé un type particulier de paysage, le paysage d’humeur. Prenons le tableau de Lévitan « Crépuscule. Meules de foin ». Il fait penser aux tableaux de l’Impressonniste français Claude Monet qui a également une série de meules. Pourtant, les artistes n’ont pas la même vision des choses. Si pour l’Impressionniste français la matière est insaisissable, Lévitan garde toujours les pieds sur terre et c’est précisément pour cela qu’il ne peut pas être qualifié d’Impressionniste.

    « Au moment de préparer cette exposition, nos avons demandé aux restaurateurs de considérer les tableaux de Lévitan de ce pont de vue. – Ils demandent les techniques de restauration différentes puisque sa peinture renferme une infinie variété d’humeurs ».

    Les paysages russes, surtout ceux du XIXème siècle, connaissent un regain d’intérêt depuis quelques années, ce qui a fait naître un foisonnement des imitations qui ont submergé la Russie et l’Europe Occidentale. « Or, les oeuvres authentiques de Lévitan sont exceptionnellement rares », - pense l’expert du Salon des antiquaires « Imperia » Stanislav Kabine.

    Il y a des peintres qui sont toujours demandés mais le nombre de tableau diffère d’un artiste à l’autre. Il y a, par exemple, beaucoup de tableaux du mariniste Aïvazovski mais très peu de tableaux de Lévitan qui est mort à 39 ans. On trouve surtout sur le marché ses tableaux de petit format parce que les grands ont été immédiatement acquis par les grandes galeries.

    Plus de 300 peintures, dessins et pastels de Lévitan sont exposés à la Galerie Tretiakov à l’occasion de la date anniversaire de l’artiste.

    « Aventures et exploits du poète partisan en 1812 » - version cinematographique

    « Escadron de hussards volants ». C’est sous ce titre qu’est sorti il y a trente ans le film consacré à Denis Davydov, Hhéros de la guerre de 1812 contre Napoléon. Il était poète et hussard réputé pour sa bravoure qui a dirigé le mouvement de guérilla.

    Le réalisateur du film et les acteurs qui ont interprété les rôles principaux, ne sont malheureusement plus de ce monde mais le film reste toujours populaire et suscite des réactions très positives de la part des internautes : « Ce film nous fait revivre notre histoire. Nous avons eu de remarquables ancêtres dont nous pouvons être fiers ! » « C’est un film magnifique qui exalte l’héroïsme, le courage et la beauté de l’âme russe ». « Quelles chansons magnifiques! ».

    En 1812, quand Napoléon a lancé la campagne de Russie, Denis Davydov a proposé au général Bagration dont il était aide de camp depuis quelques années de constituer un détachement de partisans pour opérer dans les arrières de l’ennemi. Le poète hussard n’avait alors que 28 ans mais il est passé dans la légende grâce aux exploits de son escardron de hussards. Il faisait des raids dans les arrières de l’armée française, faisait des prisonniers et s’emparait des trains de ravitaillement. La tactique des petits « détachements volants » élaborée par Davydov est toujours étudiée dans les écoles militaires et pas seulement en Russie!

    Le captivant film d’aventures « Escadron de hussards volant » était en plus très proche du genre de comédie lyrique. Il était ponctué de nombreuses chansons inspirées des poésies de Denis Davydov considéré en Russie comme fondateur d’un style poétique particulier appelé « la lyrique hussarde ». Alexandre Jourbine, jeune compositeur peu connu, s’est vu proposer de faire la musique du film. Ce maître chevronné s’en souvient dans son interview à la « Voix de la Russie » :

    Nous avons naturellement commencé par sélectionner les poésies pour les chansons puisque les chansons s’imposaient dans un film consacré à Denis Davydov. Je dois préciser que Denis Davydov avait écrit exactement 100 poèmes. Nous en avons sélectionné dix, puis huit pour ne laisser finalement que cinq sur lesquels nous avons composé des chansons.

    Le rôle de Denis Davydov a été interpreté avec brio par le jeune acteur Andréï Rostotski mais les chansons et les romances qu’on entend dans le film, c’est la voix du comédien pétersbourgeois Alexandre Khotchinski. Le film est entré dans l’histoire avec les noms de ces deux hommes de talents qui nous ont quittés trop tôt.

    C’est réellement un très bon film, - affirme le compositeur. – J’en ai gardé un souvenir qui me fait chaud au coeur. Les tournages ont pris deux ans et ont permis de faire vraiment un long métrage. Quand on le monte de temps en temps à la télé, j’ai un vrai plaisir de le regarder. Je sais que sa version vidéo se vend toujours bien. Le film n’a pas fini de fasciner le public.

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