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    L’abécédaire de Katia

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    Qu’y a-t-il de commun entre collant et morceau de viande, patriotisme et eau chaude, saucisson et espace? Si on n’est pas lady Gaga, on aura des difficultés à établir un lien. Et pourtant il existe.


    Qu’y a-t-il de commun entre collant et morceau de viande, patriotisme et eau chaude, saucisson et espace? Si on n’est pas lady Gaga, on aura des difficultés à établir un lien. Et pourtant il existe. Toutes ces choses disparates font des sujets de petits textes, à mi-chemin entre sketch et essai, composant le Nouvel abécédaire russe, un livre qui depuis ces quelques semaines est vendu comme des petits pains dans les librairies françaises. Vous l’apercevez tout de suite grâce au design de la maquette en trois couleurs, rouge, noir, gris clair et au graphisme qui rappelle celui des affiches soviétiques de l’époque d’avant-garde, de recherches visuelles constructivistes.

    Katia Metellizza, l’auteur du livre, construit, elle-aussi. Elle construit un univers à partir de ses souvenirs, impressions, rêves d’enfant. A partir des anecdotes et des rites de son pays. Sans oublier d’être peu banale. Son nom de famille qui peut être traduit comme «tempête de neige» est transcrit, comme on ne le fait jamais, avec deux Z, à l’italienne. Pourquoi? Allez savoir!

    Moscovite depuis toujours, et chroniqueuse de la vie quotidienne pour plusieurs éditions, dont «Nezavissimaïa gazeta», elle trouve du temps pour de plus amples formes et a déjà publié en Russie quatre recueils, «Abécédaire de la vie», «Amour», «La Barbe-à-papa» et «Kirchen, Küche, Kinder».

    Le livre français est une complilation qui présente un choix de textes puisés dans les deux premiers de ces recueils. Ouvrons le «Nouvel abécédaire» au hasard. «L’amour, ce ne sont ni le soupir poussé sur un banc public, ni les promenades au clair de la Lune, ni les petits morceaux marinés au vin aux arêtes minutieusement enlevés par une machine intlligente. L’amour est une expérience difficile. Qui implique un brin de grossièreté, un brin de dégoût, une goutte d’amertume. Le hareng salé est un objet d’amour idéal».

    Vous avez compris, cet abécédaire ironique dresse un portrait tout en finesse de la société russe. Katia décrit ce qu’elle voit, ce qu’elle vit, ce qu’elle pense, et ses textes, malgré leur aspect ludique, posent des questions importantes. Comme beaucoup de ses compatriotes, Katia a connu deux réalités bien distinctes, scindées par la chute du pouvoir soviétique. Mais à la différence de la majorité des témoins, elle a pu transformer son expérience en un document, à la fois drôle et instructif. Eh bien ce qu’elle écrit, c’est de la nostalgie? Oui et non. «La nostalgie est un sujet étrange, prévient Katia. Extrêmement dangereux: si on se met à mâcher et à remâcher ce chewing-gum rose et douçâtre, aucune respiration artificielle ne pourra vous sauver».

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