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    Y a-t-il de l’eau dans le gaz?

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    A l’occasion du dixième anniversaire de leur Dialogue énergétique l’Union européenne et la Russie viennent de réaffirmer à Bruxelles leur volonté d’approfondir leur coopération en matière énergétiques pour les décennies prochaines.


    A l’occasion du dixième anniversaire de leur Dialogue énergétique l’Union européenne et la Russie viennent de réaffirmer à Bruxelles leur volonté d’approfondir leur coopération en matière énergétiques pour les décennies prochaines.

    Une telle décision était inévitable. Je dirais même que les deux parties sont condamnées à une très étroite collaboration dans ce domaine compte tenu du fait que l’Union européenne importe actuellement presque un tiers de son énergie fossile de Russie, pays pour qui l’Europe est à son tour le principal débouché pour ses hydrocarbures. D’autre part, le commissaire européen en charge de l’énergie Günther Oettinger estime d’ores et déjà que la production européenne de gaz et de pétrole va décroître à l’avenir. «Les importations russes vont dès lors augmenter. Il n’y a pas d’autre choix» - telle est la conclusion de M. Oettinger.

    Il n’en demeure pas moins que ces perspectives combien encourageantes comportent certaines zones d’incertitude crées par des facteurs d’ordre politique et juridique. Toujours selon M. Oettinger, le chapitre énergétique de l’accord de partenariat et de coopération signé en 1994 entre l’Union européenne et la Russie ne répond plus aux besoins de la coopération des deux parties en matière d’énergie. L’Union européenne souhaite notamment perfectionner la base juridique de cette coopération afin d’assurer la sécurité des fournitures énergétiques venant de Russie. D’autre part, l’Union européenne estime qu’une prompte adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce aura un effet bénéfique sur le climat d’investissement dans ce pays, ce qui est nécessaire pour «le rapprochement» des marchés énergétiques des deux parties.

    Dans ce contexte les intérêts et la position des pays transitaires de gaz russe prennent aussi leur importance comme le démontre le tacite litige entre la Russie et l’Ukraine autour du système ukrainien de transport de gaz. Kiev se déclare prêt à dépenser plus de 6 milliards de dollars pour la modernisation de son système de transport de gaz dont il entend confier la gestion à un consortium ukraino-russo-européen tandis que Moscou lui propose de créer une coentreprise entre Gazprom et Naftogaz ukrainien en échange de l’accès de l’Ukraine aux gisements de gaz en Russie. Jusqu’à présent l’Union européenne se montrait peu enthousiaste pour la proposition de l’Ukraine et c’est certainement pour chercher la solution de ce problème que l’Union européenne, la Russie et l’Ukraine ont annoncé leur intention de tenir à Bruxelles selon l’expression de Sergueï Chmatko, ministre russe de l’Énergie, «une rencontre ministérielle amicale». On verra donc ce que cette intention aura donné.

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