Ecoutez Radio Sputnik
    Analyse

    L’Afrique peut sauver les finances et l’économie mondiales

    Analyse
    URL courte
    0 0 0


    On sait très bien qu’il existe des afropessimistes et des afro-optimistes. Il y en a beaucoup en Afrique et ailleurs. Les premiers estiment que le continent a laissé échapper pendant un demi-siècle de son histoire postcoloniale la chance de rattraper le retard économique et humanitaire chronique. Les origines du retard : l’instabilité politique alimentée par toutes sortes de conflits, les guerres civiles, les fléaux naturels, par exemple les sécheresses, ne manquent pas au début du 21ème  siècle.

    Selon les   afropessimistes, L’Afrique est vouée au rôle du marginal dans l’économie et la communauté mondiale. Les afrooptimistes ne partagent pas cette opinion et espèrent que l’Afrique surmontera la pauvreté et deviendra « le continent du 21ème siècle », estime, par exemple, le président de la  Banque africaine de développement (BAD), l’ex-ministre rwandais des finances Daniel Kaberuka. M. Kaberuka a déclaré pendant sa récente visite à Washington dans une interview à l’AFP: « Investir en Afrique donnerait un coup de fouet à l'économie de l'ensemble de la planète ». « Au moment où l'économie mondiale est secouée par la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis, avec un Japon, les investisseurs devraient se tourner vers l'Afrique », a dit le président de la BAD ayant ajouté que « certaines de nos obligations sont plus solides que celles de la Grèce ». « La croissance est au rendez-vous dans les marchés émergents », écrit notre observateur. « Imaginez qu'il n'y ait ni la Chine, ni l'Inde ou le Brésil au moment où l'Europe et les Etats-Unis sont en difficulté. Il y aurait une énorme récession, car la Chine, l'Inde et le Brésil prennent le relais ». Pour lui, « si l'on pouvait aujourd'hui y ajouter l'Afrique, cela pourrait dynamiser l'économie mondiale ». M. Kaberuka a omis la Russie et l’Afrique du Sud ayant rejoint les pays susmentionnés au sein du BRICS. Cinq pays à économie en développement impétueux peuvent jouer le rôle de « locomotive » de l’économie mondiale.

    Selon M. Kaberuka, l’Afrique est attrayante pour les investisseurs étrangers non seulement parce que le continent recèle des gisements richissimes d’hydrocarbures et de minéraux utiles. Les capitaux étrangers sont placés depuis longtemps dans ces secteurs. « 40% des Africains vivent en zones urbaines.  Cela signifie qu'ils ont besoin de logements, d'infrastructures.  Ils utilisent du dentifrice, des réfrigérateurs, des appareils ménagers », explique-t-il. « On a le choix entre les fabriquer en Afrique ou les importer. Dans les deux cas, cela crée de l'activité. Le marché africain avec un milliard de consommateurs potentiels est illimité. Certes, le niveau de vie et de consommation sur le continent n’a rien à voir avec les indices enregistrés dans d’autres régions de la planète. Néanmoins, le bien-être des habitants de la plupart du continent va croissant. Le taux de croissance sera encore plus important si, disons, les pays subsahariens assurent la croissance économique de 5,6% cette année et 6,5% l'an prochain, et certains connaîtront même des taux de croissance de 7%, ce qui est considéré comme un seuil permettant une réduction durable de la pauvreté », estime M. Kaberuka.

    La conférence internationale «  Africa-21 » consacrée au Cinquantenaire de l’indépendance s’est déroulée en mai 2010 à Yaoundé, capitale camerounaise. Les déléguées, notamment les leaders de plusieurs pays arabes se sont penchés sur les défis et les opportunités de l’Afrique et ont disputé autours des ressources, conditions du développement, intégration du continent, bonne gouvernance et performance économique, défis sécuritaires et enfin la place de l'Afrique sur la scène internationale en 21ème siècle. 

    Ainsi, l’optimisme du président de la BAD concernant l’éventuel rôle de l’Afrique dans le sauvetage de l’économie et des finances mondiales est bien fondé. Tout comme les propos de M. Kaberuka ayant dit que l’image attrayante pour les investisseurs dépend directement des efforts des dirigeants africains pour améliorer la stabilité et la sécurité et faire en sorte que la richesse produite bénéficie aux populations.

    Lire aussi:

    La Russie a besoin d'une nouvelle stratégie en Afrique
    La Chine s’implante durablement en Afrique: «C’est inévitable»
    Coopération BRICS-Afrique et jalousie occidentale
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik