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    Le Dalai lama XIV : le végétarisme n’est pas obligatoire

    Le Dalai lama XIV : le végétarisme n’est pas obligatoire

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    En été 2011 le leader des bouddhistes tibétains le Dalaï lama XIV participe au show culinaire MasterChef Australia en tant qu’invité spécial et arbitre.


    En été 2011 le leader des bouddhistes tibétains le Dalaï lama XIV participe au show culinaire MasterChef Australia en tant qu’invité spécial et arbitre. Le Dalaï Lama goûte plusieurs mets, notamment, du curry lankais, des légumes au tofu, une soupe de lapcha et des gnocchis aux champignons et au fromage. Il refuse d’apprécier ces mets en expliquant que les moines bouddhistes doivent être reconnaissants de n’importe quelle nourriture et n’ont pas le droit de préférer tel ou tel vivre. Qui plus est, selon le Dalaï lama, il n’est pas fin connaisseur de haute gastronomie. Le leader spirituel avoue aux participants au programme aimer des simples vivres comme le pain, le fromage, les champignons, les primeurs, notamment  le coriandre.

    Prix Nobel de la paix de 1989, le Dalaï lama dirige jusqu’à récemment le gouvernement tibétain en exil. Or, en mars 2011 il déclare abandonner la politique.

    Il est né dans un petit village Takser, dans le Nord-Est du Tibet. Takser est une communauté paysanne dont les habitants mangent essentiellement de la farine de blé et la tsampa : la farine d’orge rôtie ainsi que de la viande et du beurre. On boit du thé au beurre et de la brague d’orge « chang ».

    Avant de se rendre en exil en Inde en 1959, le leader des bouddhistes tibétains est délégué à l’Assemblée chinoise des représentants du peuple et vice-président de son Comité permanent. En 1954 le Dalaï lama passe près de dix semaines à Pékin où il assiste essentiellement à des manifestations politiques et à toutes sortes de banquets. « A mon avis, se souvient ensuite le leader bouddhiste, la nourriture à ces repas gigantesques est assez bonne, mais je me souviens avec frémissement des œufs de cent ans considérés comme  une délicatesse.  Leur odeur est insupportable ». Le Dalaï lama discute à l’un de tels repas du végétarisme avec l’un des leaders chinois Zhou Enlai et un autre politicien. Celui-ci déclare que les œufs ne sont pas un produit végétarien. Les participants aux débats ne parviennent pas à s’entendre jusqu’à ce que Zhou les fasse prendre le cours diplomatique.  

    Les opinions des bouddhistes sur la consommation de viande divergent. Les Tibétains en ont besoin, écrit le Dalaï lama dans son autobiographie. Le climat est rude dans la plupart des territoires du Tibet et bien qu’il y ait beaucoup de nourriture, elle n’est pas diversifiée et de ce fait, il est impossible de se porter bien sans manger de la viande. Les Tibétains estiment que tuer un animal est un péché mais il est permis d’acheter au marché la viande d’un animal déjà tué. Les bouchers qui tuent les animaux sont considérés comme des pécheurs et proscrits.   

    Selon l’autobiographie du Dalaï lama, il est en 1965 un invité du gouverneur de l’Etat indien Kerala. Sa chambre à la résidence du gouverneur donne sur les cuisines. Un jour le Dalaï lama voit tuer un poulet servi ensuite au déjeuner. « Ayant vu l’égorger j’ai pensé combien souffre cette pauvre bête, se souvient le Dalaï lama. Cette compréhension me remplit de repentir et je décide d’être végétarien … La nourriture qu’on m’envoie est une épreuve. Je l’examine attentivement. Le poulet est fait à l’anglaise à l’oignon et à la sauce et sent très bon. Or, j’y renonce sans difficulté. J’observe depuis ce moment strictement la diète végétarienne et en plus de m’abstenir de viande, je ne mange ni poisson ni œufs ».   

    Dès son retour à Jaramsala au début de 1966 le Dalaï lama observe une nouvelle diète végétarienne.  Les cuisiniers apprennent peu à peu à préparer des mets délicieux sans viande. Cependant, plusieurs amis racontent au Dalaï lama qu’il faut prendre, en outre, beaucoup de lait et de toutes sortes de noix. Il suit ce conseil et tombe sérieusement malade vingt mois après. Le Dalaï lama est contraint de renoncer au végétarisme. « Actuellement, écrit dans son livre le Dalaï lama, je mange de la viande exception faite pour les cas lorsque cela entre en contradiction avec ma pratique spirituelle. Cela concerne aussi beaucoup de Tibétains ayant suivi mon exemple et partagé mon sort ».  

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