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    «Al-Qaïda dans le monde islamique» menace le monde entier

    «Al-Qaïda dans le monde islamique» menace le monde entier

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    Les récents rebondissements politiques au Maghreb et dans le Sahel voisin n'ont fait qu'attiser les tendances islamistes. En Libye, après l’écroulement du régime Kadhafi, une équipe a proclamé le charia en Jamahiriya.


    Les récents rebondissements politiques au Maghreb et dans le Sahel voisin n'ont fait qu'attiser les tendances islamistes. En Libye, après l’écroulement du régime Kadhafi, une équipe a proclamé le charia en Jamahiriya. En Tunisie, le parti islamique Ennahba, qui a accédé à la majorité de mandats à l’Assemblée constituante tunisienne à l’issue des élections du 23 octobre a convaincu les milieux publics de son aspiration à conserver une société laïque tunisienne, ce qui était applaudi par les électeurs du pays.

    Les déclarations du leader d'«Al-Qaïda au Maghreb islamique» (AQMI) Mokhtar Belmokhtar interviewé cette semaine par téléphone par l'Agence Nouakchott Informations le confirment.  Selon Belmokhtar, l’AQMI a renforcé substantiellement son potentiel militaire grâce aux armements tombés entre les mains de ses commandos après l’écroulement du régime Kadhafi.

    «Les combattants d'AQMI ont été les plus grands bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe et pour ce qui est de l'acquisition, par nous, de l'armement en Libye, c'est une chose tout à fait normale», souligne Belmokhtar cité par l’agence mauritanienne. Le leader de l’AQMI s’est ensuite adressé aux anciens partisans de Mouammar Kadhafi tué le 20 octobre, les appelant à ne pas déposer les armes et à se préparer à une lutte armée contre la nouvelle administration libyenne. 

    Selon lui, de «jeunes islamistes, des djihadistes, ont constitué le fer de lance de la révolution en Libye». Avec l’écroulement du régime Kadhafi, selon l'observateur de Voix de la Russie, plusieurs de ses partisans abandonnent la Libye par crainte du châtiment et des persécutions de la part des nouvelles autorités. Ce sont essentiellement des jeunes gens qui ont quitté la Libye et se sont caché dans le désert de Sahara. Beaucoup d’entre eux peuvent devenir et sont, peut-être, déjà recrutés par l’AQMI. Certes, la plupart de ces jeunes ont l’expérience d’une lutte armée, cherchent à prendre la revanche et peuvent rejoindre, de ce fait,  les commandos de l’AQMI qui luttent contre les ennemis de leur leader et idole Kadhafi. Certaines tribus traditionnellement belliqueuses de Touaregs, qui ont combattu sous les drapeaux de Kadhafi contre les mutins de Benghazi et n’ont pas reçu la rémunération promise après l’accession au pouvoir du Conseil national de transition (CNT) attisent les tendances islamistes dans la région. Les récents affrontements cruels de l’armée régulière de Niamey avec les Touaregs sur le territoire du Niger reflètent l’intransigeance de la tribu. Par ailleurs, il existe en Libye un problème des Berbères qui s’opposent à Tripoli. C'est un autre facteur qui aggrave la situation sociale et politique dans les pays du Sahel voisins de la Libye. Des dizaines de milliers de travailleurs étrangers qui ont perdu leur travail à la suite du conflit intérieur armé en Libye sont contraints de regagner leurs pays d'origine: le Niger, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad. On ne saurait exclure qu’en cas de stabilisation en Libye ils soient à nouveau demandés, mais personne ne sait quand cela va se produire. Pour le moment ils sont voués, tous, à une vie misérable dans leurs pays ayant fourni auparavant la main d’œuvre à la Libye. Il est possible que l’AQMI de nouveaux partisans parmi eux.

    Ainsi, le remplacement des régimes en Tunisie et en Libye n’a pas atténué la menace d’islamisation radicale au Maghreb et, par conséquent, au Sahel voisin. Et l’AQMI en profite, comme l'affirme son leader Belmokhtar. Il a mentionné, par exemple, parmi ses principaux ennemis le président de Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz qui l'a accusé de mener une guerre par procuration contre l’AQMI au profit de la France. Les autorités mauritaniennes luttent résolument contre toute manifestation de terrorisme. Selon le leader de l’AQMI, «le principe de la mise à l'écart de la Mauritanie dans cette confrontation peut faire l'objet de discussion». Dans le même temps, Mokhtar Belmokhtar ne dissimule pas son attitude envers la France. L’AQMI l’a menacée plus d’une fois et détient actuellement quatre citoyens français capturés en septembre 2010 à Arlit, au Niger. «Notre direction avait exigé pour leur libération la sortie des forces françaises d'Afghanistan, et ceci reste entièrement valable. Nous n'avons pas changé d'objectif»,  affirmе Belmokhtar.

    L’AQMI a élargi substantiellement ces dernières années sa sphère d’activité et par conséquent, de ses attaques armées. Ayant essuyé la défaite en Algérie, l’AQMI s’est déplacée dans le Sahel, en Mauritanie, au Mali et au Niger tout en conservant sa présence en Algérie. L’AQMI se prépare à entreprendre de nouvelles attaques avec les armes libyennes. Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a confirmé le 6 octobre dernier devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, la préoccupation d’un député à la suite de l’information sur 10.000 systèmes de DCA tombés entre les mains de  l’AQMI.

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