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    François Hollande correspond à une époque

    François Hollande correspond à une époque

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    A quelques jours de la présidentielle, le candidat du parti socialiste François Hollande est donné vainqueur au deuxième tour.


    A quelques jours de la présidentielle, le candidat du parti socialiste François Hollande est donné vainqueur au deuxième tour. Mais est ce que cet homme que même les membres de son propre parti on vivement critiqué pour son manque de poigne, est prêt à rentrer à l’Elysée ? Pour dresser un portrait du représentant du PS aux élections nous avons demandé un commentaire à Bernard Cazeneuve député maire de Cherbourg et porte parole de François Hollande pendant la campagne :

    Quels sont les principaux points du programme de François Hollande ?

    Il y a trois points essentiellement. Il y a une idée majeure, qui est la justice au coeur de la République et la République rassemblée autour de ses valeurs. La justice au coeur de la République, parce que nous sortons de cinq ans d’injustice fiscale caractérisée, qui a contribué à creuser gravement les inégalités, qui a favorisé essentiellement les plus aisés des Français et appauvri les Français plus modestes. Donc nous souhaitons remettre la justice au coeur de la République et la rassembler autour de ses valeurs, pour cela nous avons essentiellement quatre grandes orientations. D’abord ce que l’on appelle le pacte distributif, c’est à dire la réforme fiscale, qui est destinée à permettre le retour de la justice dans l’impôt. Pour nous ça veut dire plusieurs choses : Un l'alignement de la fiscalité du travail sur la fiscalité du capital, Deux la taxation à une tranche supplémentaire des revenus les plus élevés, qui est une taxation à 75% de ceux qui gagnent plus d’un million d’euros par an et Trois une fiscalité plus favorable aux PME, qui investissent par rapport aux grands groupes qui spéculent. Ça c’est le pacte distributif, il y a le pacte éducatif, qui porte une grande réforme de l’éducation nationale avec la volonté de créer 60000 emplois d’enseignants, notamment dans le primaire et la maternelle. Et troisièmement il y a le pacte productif, c’est à dire la volonté de mettre en place une politique industrielle qui favorise le retour de la croissance à travers l’innovation technologique et le transfert de technologies, fond publique d’investissement qui vise à financer les projets des entreprises et le retour d’une politique de formation des ressources humaines destinée à faire en sorte que le facteur travail soit d’avantage considéré comme un atout par les entreprises, que comme une contrainte.
    Et enfin quatrième point, il va être dans l’Europe de la croissance, c’est à dire renégocier le traité européen de manière à ajouter un volet de croissance pour le rétablissement des comptes publiques, pour qu’il ne soit pas fait dans l'austérité à perte de vue.

    Je voulais revenir à une mesure c’est le contrat de génération.

    Le contrat de génération est une mesure qui est destinée à favoriser le passage de relais entre les générations d’une entreprise. En permettant à la fois l’emploi des seniors, qui est un vrai problème dans la société et l’emploi des jeunes et en permettant à une entreprise qui embauche un jeune tout en maintenant un senior en activité, de bénéficier d’une exonération de charges sur les deux emplois.

    Mais pourquoi François Hollande tient particulièrement à cette mesure?

    Il tient particulièrement à cette mesure pour deux raisons. La première raison, c’est qu’il faut favoriser l’emploi des jeunes dans les entreprises en permettant le transfert de compétences entre les générations les plus anciennes et les générations les plus jeunes. Il ne faut pas que l’emploi des jeunes se fasse au détriment des emplois des seniors. Il faut que la solidarité entre les générations existe en entreprise.

    Mais combien va couter cette mesure?

    La totalité des mesures du plan Hollande c’est 20 milliards. La totalité des mesures du plan Hollande sont financées par les recettes correspondantes. Ces recettes résultent essentiellement de la réforme fiscale d’une part et d’autre part de la suppression d’un très grand nombre de niches fiscales dans le cadre de la réforme de l’impôt, qui permettrait de financer une grande partie des mesures engagées. D’ailleurs l’ensemble des instituts spécialisés qui ont vérifié la fiabilité de nos mesures, atteste du fait que les mesures que nous proposons sont des mesures qui sont financées avec un taux de fiabilité de 95%, qui est considérable.

    En revenant à une autre question, qui revient un peu au centre de la campagne, c’est celle de l’immigration et de l’intégration, quelle est la position de François Hollande la dessus?

    La position de François Hollande, contrairement à ce que répète partout Nicolas Sarkozy de façon mensongère; n’est pas la régularisation massive des sans papier. C’est une politique qui consiste tout d’abord à faire en sorte qu’en matière d’immigration économique, le parlement chaque année définisse en fonction de la situation économique du pays, des besoins des entreprises, un niveau d’immigration qui soit compatible avec les capacités du pays à accueillir sur son sol, dans de telles conditions des étrangers. Le maintien de la tradition d'asile pour ceux qui sont persécutés dans leur pays et pas de régularisation massive des sans papiers, mais définition par le parlement des critères prédéfinis, qui permettent d’avoir une visibilité des conditions de régularisation.

    François Hollande joue un peu trop la carte de “l’antisarkozysme”, est ce que vous pensez comme ça?

    François Hollande qualifie le bilan de Nicolas Sarkozy pour ce qu’il est. Mais il a proposé dès le mois de janvier à l’occasion du discours du Bourget une vision pour la France et un certain nombre de propositions qu’il a chiffré il y a deux mois. Et à aucun moment il n’a dévié de cette orientation, parce que nous pensons que pendant la crise ce qui fait la force des propositions qui sont les notre, c’est la cohérence et la constance. Quand on regarde la tonalité de la campagne de François Hollande et qu’on regarde la tonalité de la campagne de Nicolas Sarkozy on se rend compte que l’agressivité n’est pas du coté de François Hollande.

    L’avantage de François Hollande c’est de rester froid au attaques de Nicolas Sarkozy, c’est ça que vous voulez dire?

    Il y répond, mais il y répond avec sa propre tonalité, parce que nous, nous ne voulons pas dégrader le débat. Et nous pensons même que la stratégie de Nicolas Sarkozy consiste à dégrader le débat, à pourrir la campagne pour faire en sorte que l’abstention et la diversion soient maximales. Parce que Nicolas Sarkozy sait que la dispersion des voix au premier tour, favorise sa candidature. Pour une raison très simple, c’est qu’il y a beaucoup plus de candidats à gauche qu’à droite.

    On reproche souvent à François Hollande de ne pas avoir assez d’expérience à des postes décisifs?

    Il y a plusieurs éléments de réponse à cela, d’abord quand on voit les résultats obtenus par ceux qui disent avoir une grande expérience gouvernementale, je pense notamment à Nicolas Sarkozy et à son équipe. On préférerait finalement des gens moins expérimentés qui réussissent mieux que des gens aussi expérimentés qui réussissent aussi mal.
    Deuxièmement, François Hollande a été comme beaucoup de ceux qui créent le pouvoir dans les grands pays européens, pendant très longtemps chef de son parti et a participé à ce titre à bien des décisions prises par le gouvernement qu’il soutenait. Je pense notamment à la période Jospin.

    Est-ce que la poussée de l'extrême gauche ne pourrait elle pas effrayer les électeurs?

    Nous ne sommes pas du tout dans la défiance à l’égard de Mélenchon, nous ne sommes pas dans l'hégémonie, nous sommes nous mêmes et autour de ce que nous sommes, nous voulons rassembler. On est pas non plus des révolutionnaires, on est des réformistes. Je pense que c’est dans le dialogue sociale dans la responsabilité qu’on transforme une société.

    Mais comment ces position vont se traduire au deuxième tour de la présidentielle, quelle sera la stratégie?

    François Hollande ne change pas de position parce qu’une victoire se fait dans une cohérence. Et notre cohérence à nous, c’est ce que je viens de vous indiquer en terme de projet et en terme de positionnement.

    Est-ce que François Hollande est le nouveau Mittérand pour la France?

    François Hollande correspond à une époque, François Mittérand correspondait à une autre. En tout cas ce qui les rapprochera, c’est qu’ils seront les deux a avoir fait gagner la gauche sous la Vème République.

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