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    Le ciel dégagé au-dessus de la Syrie…

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    La Russie se prépare à un coup de chaleur de plus de 20 degrés. Ceci


    La Russie se prépare à un coup de chaleur de plus de 20 degrés. Ceci est incroyable pour Moscou au mois d’avril d’autant plus que le thermomètre frôlait cavalièrement le zéro au cours des dernières semaines et le ciel était en chape de plomb. Sans doute, la surchauffe moscovite à venir est-elle en corrélation avec la chaleur proche-orientale et la Syrie qui ressemble de plus en plus à une cocotte-minute sur le point d’exploser. Le chaudron syrien est truffé d’armes meurtrières et solidement épaulée par L’Iran. Et ce qui est loin d’arranger les choses Damas est toujours en état de guerre avec Israël à cause des hauteurs du Golan. Une Syrie alaouite, druze et musulmane, en tapis oriental bariolé où les couleurs se chevauchent de façon criarde et désorganisée… Nous sommes très loin du contexte égyptien avec ses Frères musulmans et une forte majorité qui sait ce qu’elle veut (bien que ses désirs aillent souvent à l’encontre des intérêts occidentaux et du bon sens). Et en même temps nous sommes très proches du cataclysme d’une réaction incontrôlable ce qui expliciterait peut être la position de Moscou.

    A y regarder de près, on voit Damas s’armer jusqu’aux dents pour faire face aux Américains et éviter le scénario libyen avec le triste sort du colonel Kadhafi violé et étripé devants les caméras. Certes, il va de soi que Bachar al-Assad est un dictateur sanguinaire et que l’on ne devrait pas lui faire de quartier ! Mais si un dictateur dirige le pays, il vaut mieux que ce soit ce prédateur-là et pas une bande de voyous qui sèmeraient le chaos et la terreur. Vous voyez ? Il vaut mieux un seul énergumène qu’une multitude de gangs sans foi ni loi comme les pirates somaliens, eux-mêmes victimes de la famine. Avec Bachar, au moins, il y a un interlocuteur soutenu par ses fidèles. Sans Bachar on aurait un bain de sang avec le pays en désolation.

    Côté armements, le président syrien a su se doter des complexes de missiles russes antinavires Yakhont et antimissile terre-air Bastion-P, avec un contrat conclu en 2007 et que le ministre de la Défense russe Serdukov a déclaré en vigueur nonobstant la guerre civile. Après la perte des marchés en Libye et en Iran avec l’embargo imposé par l’ONU, les Russes veulent coûte que coûte sécuriser leurs acquis et intérêts respectifs à Damas. En 8 ans, la Syrie a importé des armements russes pour une pacotille de 1, 3 Milliards de dollars. Et un marché comme celui-ci cela se respecte ! Et ne partez pas en diatribes inutiles contre les Moscovites barbares. Si demain Moscou s’en va, les Etats-Unis et pourquoi pas la France, assureraient immédiatement la relève. De source internationale, le volume de contrats de livraison de nouveaux armements se chiffre à 600 millions de dollars et les contrats à venir sont estimés à la hauteur de 3 voire 4 Milliards de dollars.

    Il y a également l’histoire de la base navale à Tartus dont la préservation permettrait à Moscou de maintenir sa présence au Proche-Orient. Alors pourquoi, pourrait-on se demander de façon pragmatique, Moscou permettrait-il à quelqu’un de la priver d’une telle aubaine. Enfin la Syrie est aussi la clé de voûte pour résoudre le problème iranien. Une fois tombée, la Syrie ouvrirait grand les portes à une agression de l’un des belligérants que ce soient les forces onusiennes c’est à dire les Américains qui demandent la guerre à tout bout de champ ou encore les Iraniens eux-mêmes ou Israéliens exténués par la crise aux confins de leur territoire. Quant aux intérêts russes, Vladimir Poutine vient tout juste de déclarer qu’il entendait approfondir la coopération avec l’Iran et peut être élargir la centrale de Boucher. Oui, on sait que les Iraniens produisent de l’uranium militaire dans l’usine de Qom mais on a du mal à croire qu’une agression militaire contre ce pays chiite pourrait arranger les choses. Si la guerre est amorcée, cela sonnerait le glas de tous les plans russes aussi bien que de la possibilité de construire un gazoduc entre l’Iran et la Méditerranée pour ravitailler l’Europe et la rendre un peu moins dépendante à l’égard du gaz russe. Ainsi la Russie ferait son impossible pour sauver sa mise et éviter le conflit armé.

    La conjoncture est également très bien perçue par Koffi Annan qui, histoire d’éviter le dérapage dépêche déjà en Syrie les troupes onusiennes du Liban. Le groupe d’experts susceptibles de contrôler la fin des hostilités, serait au nombre de quelque deux cents personnes le tout sous la houlette du général norvégien Mood.

    Ainsi malgré tous les efforts de Washington la Syrie refait péniblement surface et évite le cauchemar d’une guerre généralisée à l’échelle régionale. Il va sans dire que les Européens ont tout à y gagner. Mais pas les Américains !

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