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    Peu de marge de manoeuvre pour Sarkozy

    Peu de marge de manoeuvre pour Sarkozy

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    Suite à l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle en France, la tendance pour le deuxième tour reste inchangée. François Hollande arriverait largement en tête devant le président sortant Nicolas Sarkozy.

    Suite à l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle en France, la tendance pour le deuxième tour reste inchangée. François Hollande arriverait largement en tête devant le président sortant Nicolas Sarkozy. Pour savoir comment sont fait les sondages et quels sont les prévisions réelles nous avons interrogé le directeur général adjoint de l’institut français de l’opinion publique, Frédéric Dabi:




    Comment la procédure des sondages se déroule en France, quelles sont les règles pour les sondages avant les présidentielles ?

    Alors il y a toute une série de règles différentes. Déjà les sondages sont faits sur la base des échantillons représentatifs on interroge pas téléphone par internet ou de moins en moins en face à face. Les sondages électoraux sont réalisés pour des média ou pour des clients confidentiels, ils sont contrôlés par la commission des sondages. Il y a toute une série de règles en terme de faisabilité qui est contrôlée par la commission des sondages, en terme de publication les médias doivent stipuler que c’est un sondage fait pour tel média, réalisé à tel date, au près de combien de personnes, quel échantillon, quelle méthode. En gros c’est un secteur très concurrentiel, il y a beaucoup de sondages publiés en France.

    Le décalage entre les résultats du premier tour et les prévisions est-ce qu’il est satisfaisant?

    L’IFOP a été le plus près de la réalité électorale par écart. Parce que nous avons donné les dix candidats dans l’ordre, nous avons vu les dynamiques de fin de campagne, montée de Marinne le Pen et baisse de Mélenchon et nous avons vu les plus hauts candidats entre 1 point et 1.5 point. Nicolas Sarkozy au point, François Hollande à 0.5 point, Marinne le Pen à 1.5 point, Bayrou à moins d’un point, Mélenchon à 1.5 point, donc c’est l’IFOP qui a le mieux saisi la réalité électorale. C’est vrai que nous avons surestimé l’abstention dans un premier temps, nous avons eu plusieurs enquêtes et dans notre dernière enquête nous sommes passés de 29% d’abstention à 25%, il y a eu un décalage, mais nous avons vu la dynamique de remobilisation en fin de campagne. Le rôle d’un sondage, ce n’est pas de donner un chiffre au point près, c’est de saisir des dynamiques et une réalité électorale. Ce n’est pas regarder la photo, mais voir le film d’une évolution d’un rapport de force.

    Concernant le deuxième tour quelle est la dynamique?

    Ce qui frappe c’est qu’il y a peu de changements. Tous les sondages d’opinion depuis un an donnent Nicolas Sarkozy battu au second tour et nettement. Les Français maintenant connaissent les résultats du premier tour et dans ce cadre on est quand même frappé par la stabilité de rapport de force très favorable à François Hollande 54.5 contre 44.5. En gros Nicolas Sarkozy a un triple problème: il n’est pas arrivé en tête au premier tour, ce qui l’a empêché de déployer sa dynamique, il a pas beaucoup de réserves de voix, même quasiment pas et les reports pour lui ne sont pas suffisants notamment du coté de deux électorats cruciaux, l’éléctora de François Bayrou et celui de Marine le Pen.

    Une surprise n’est pas possible?

    Je ne dirai jamais ça, mais on a un rapport de force très net pour François Hollande, on a jamais vu sous la Vème république, un rapport de force donné avant le premier tour s’inverser dans un second tour. Il y a toujours eu une tendance à une accentuation ou à une stabilisation, mais il n’y a pas de règle, reste à savoir ce qui va se passer et personne ne le sait aujourd’hui.

    Est ce qu’il y a un électorat plus difficile à prévoir, par exemple l’électorat de Marine le Pen ou les électeurs qui se sont abstenus au premier tour?

    Le vote pour le FN est toujours un peu plus compliqué, même si il est beaucoup plus visible depuis l'arrivée de Marine le Pen. On a de plus en plus de gens qui disent : “je vote front national, je voterai front national” et de plus en plus qui disent que dans le passé : “j’ai voté Front National”. Marinne le Pen, on avait pas de point de référence pour elle, c’était un peu plus compliqué, mais il n’y a pas de différence fondamentale de ce point de vu là. On a plutôt plutôt bien estimé, donner Marinne le Pen à 16.5 alors qu’elle fait 18, on ne peut pas dire qu’il y a eu un véritable plantage du coté de l’IFOP.

    Est-ce que les Français sont facilement influençable, est-ce qu’un face à face entre les deux candidats pourrait radicalement changer leur vision des choses?

    Non, on a jamais vu un rapport de forces électorales changer suite à un débat présidentiel. Il peut se passer des choses, il peut y avoir qu’un des candidats mette l’autre KO, mais l’histoire de la présidentielle, c’est plutôt que le débat entre deux tours n’inverse pas une tendance, mais plutôt l’accentue ou fige les choses.

    Par rapport à l’électorat de Marine le Pen, combien vont se reporter sur François Hollande et combien sur Nicolas Sarkozy en ce moment?

    C’est un retour qui est assez stable depuis quelque temps, sur cent électeurs de Marine le Pen au premier tour, une vingtaine de pourcents vont chez François Hollande, environ 40-45% chez Nicolas Sarkozy  et le reste refuse de se prononcer. Et du coté de François Bayrou c’est plutôt un tiers d’électeurs, qui va chez François Hollande, un tiers chez Nicolas Sarkozy et un tiers qui s’abstient. Ce qui est notable depuis le début de la campagne pour le second tour, c’est qu’il y a une part croissante d’électeurs de François Bayrou qui choisit François Hollande. Peut être que ça vient du fait de la stratégie de droitisation de Nicolas Sarkozy. Il reste 11 jours de campagne, c’est beaucoup, mais ça reste quand même très peu pour Nicolas Sarkozy pour inverser la tendance.

    Historiquement il y a eu des renversements comme ça?

    Jamais. Ca ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas.

    Les Français sont quand même assez imprévisibles dans leur vote, parce que moi en tant que journaliste j’ai interrogé des gens dans la rue, ils m’ont dit : “j’ai décidé d’aller voter dimanche, le matin”.

    On a demandé à quel moment vous avez fait votre choix, nous avons : décision prise à l’avance 60%, c’était 51% en 2007, c’est pendant la campagne que vous vous êtes décidé 19%, c’était 27% en 2007 et vous avez hésité jusqu’au dernier moment vous passez de 22 à 21%. Là le fait qu’on ai 55% contre 45% ça ne veut pas dire qu’Hollande va gangner, mais que c’est bien parti pour lui et qu’il y a peu de marge de manoeuvre pour Nicolas Sarkozy, mais qu’il y a onze jours de campagne pour renverser une tendance.

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