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    La Culture et les Arts 24.05.2012

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    Photo: RIA Novosti
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    Au sommaire: - La merveille de Viatka renaît a la vie - « Energie de la bonté


    Au sommaire:

    - La merveille de Viatka renaît a la vie

    - « Energie de la bonté » du festival des enfants de Vladimir Spivakov

    - Les échecs comme modèle de vie 

     

    La merveille de Viatka renaît a la vie

    Un métier d’art unique renaît à la vie dans l’ancienne ville russe de Viatka (actuellement Kirov). C’est la fabrication des fameux jouets de Dymkovo uniques au monde. Ces figurines peintes en terre cuite aux motifs hauts en couleurs sont une des merveilles de la Russie et une véritable carte de visite de la région de Kirov.

    Les historiens d’art affirment que la tradition des jouets de Dymkovo remonte à plus de 400 ans. Le métier est né au village de Dymkovo depuis longtemps réputé pour ses potiers et fumistes. On suppose que des sifflets en forme de chevaux, de moutons, de boucs et de canassons étaient les premières figurines moulées en argile. Elles étaient fabriquées à l’occasion de la fête annuelle dite « des sifflets » sans doute en hommage des guerriers morts en 1418 dans une bataille entre les régiments de Viatka et d’Oustioug. Selon la légende, sans se reconnaître dans la nuit, ces deux troupes amies se sont massacrées. Depuis un repas funéraire public était tous les ans organisé en commémoration des guerriers morts par méprise. Il s’est transformé par la suite en kermesses populaires. Les fêtes duraient plusieurs jours et s’accompagnaient des sons des sifflets multicolores embouchés par les habitants de Viatka.

    La fête a progressivement perdu sa signification première et les sifflets en argile se sont transformés en véritables oeuvres d’art. Les demoiselles langoureuses avec leurs ombrelles, les hussards à joues roses, les cavaliers chevauchant des montures fantaisistes, les boucs jouant des balalaïkas sont aurant de figurines en terre cuite qui sont aujourd’hui bien connues en Russie et dans le monde. Ce métier d’art a failli disparaître au début du 20ème siècle et n’a été sauvé qu’au dernier moment, - a raconté dans l’interview à La Voix de la Russie Nadejda Mentchikova qui dirige l’entreprise artisanale de Dymkovo.

    A un moment donné, la tradition ne survivait que grâce à Anna Mezrina. Au début du XXème siècle, seule cette vieille femme savait fabriquer les jouets de Dymkovo. Comme elle n’avait pas de maison, elle vivait dans un bains mis à sa disposition par un riche marchand de la ville. Accompagnée de ses chats, cette vieille femme sortait tous les matins de chez elle pour se réchauffer au soleil, venait s’asseoir sur un banc et se mettait à mouler les figurines. Elle a été remarquée par le futur peintre Alexeï Denchine alors âgé de 16 ans. Il traversait tous  les jours en canot la Viatka et notait tout ce que lui disait la vieille femme à propos de l’histoire de cet art populaire et de ses sujets. L’adolescent faisait également des dessins. C’est lui qui a fait publier quelque temps après des albums hauts en couleurs avec des jouets et ses commentaires.

    C’est uniquement grâce à ces albums que la Russie a appris l’existence des jouets uniques de Dymkovo. Mais il a fallu près de cent ans pour former de véritables professionnels à Kirov. C’est le cas d’Olga Golovina. Peintre de sa formation, elle a commencé à étudier les motifs des statuettes en terre cuite et s’est progressivement mise à les fabriquer elle-même. L’argile est devenue son  matériau favori et des figurines étonnâtes qui portent sa signature sont conservées dans des musées et collections privées en Russie, aux États-Unis et en Allemagne. Il fait bien sentir l’état du matériau avant de sculpter parce que le résultat en dépend, - raconte Olga.

    L’argile est très capricieuse et il faut absolument s’entendre avec elle. Un jour j’ai sculpté une figurine de dame et j’ai vu le soir que le jouet avait écarté les bras. Alors j’ai dit dans un accès de colère : « Quelle histoire! Il va falloir te casser les bras ». Je pensais le faire le lendemain matin mais quand je suis revenue les bras étaient comme avant croisés sur la poitrine et je n’avais plus besoin de rien casser.

    Olga enseigne aujourd’hui la sculpture en argile. Les leçons qu’elle donne aux enfants et adultes ont lieu dans un petit local du musée d’art appliqué. Elles ne sont pas régulières mais à partir de l’année prochaine la direction du musée a décidé de recruter une classe entière des futurs artisans spécialisés dans les jouets de Dymkovo. Il est vrai cependant que pour devenir expert et conservateur de cet art russe traditionnel, les candidats devront passer un examen sérieux. Ils sont supposés  bien sentir l’argile, avoir le sens des couleurs et savoir bien dessiner. Mais ils devront surtout habiter Kirov et être du sexe féminin. C’est conforme à la tradition historique parce que seules les filles nées sur les bords de la Viatka pouvaient mouler et peindre les figurines fantaisistes et les sifflets pour enfants.

     

    « Energie de la bonté » du festival des enfants de Vladimir Spivakov

    Les talents en herbe de 42 pays se sont réunis à Moscou à l’occasion du festival international « Les amis se retrouvent à Moscou ». Il se tient pour la neuvième fois du 20 mai au 2 juin dans la Maison de la musique de Moscou.

    « Nous plaçons nos espoirs dans la génération des jeunes croyant qu’elle pourra réaliser notre rêve et rendre le monde meilleur », - peut-on lire dans le message adressé au festival des enfants par le patriarche Cyrille de toutes les Russies. Le Festival est organisé par la fondation caritative de Vladimir Spivakov qui soutient depuis presque 20 ans les jeunes musiciens, danseurs et artistes, achète des instruments de musique aux interprètes débutants, organise des concerts et des expositions. La fondation vient également en aide aux enfants malades et déshérités. « Notre slogan : « Énergie de la bonté » signifie que les bonnes actions reviennent aux bienfaiteurs et rendent le monde meilleur », - a dit à la cérémonie d’ouverture le président de la Maison de la musique et éminent violoniste et chef d’orchestre Vladimir Spivakov.

    Je suis heureux de voir se perpétuer cette noble tradition lancée par la Maison de la musique. Nous organisons tous les ans ce festival qui rassemble un grand nombre d’enfants du monde entier qui seront deux mille cette année. Les concerts sont organisés dans les salles les plus prestigieuses depuis le Kremlin jusqu’à la Masion de la musique, en passant par les différents musées. Ils connaissent un immense succès, font les salles pleines et sont acclamés par le public.

    Le festival actuel est marqué par un événement particulier. Avant son ouverture, Vladimir Spivakov et ses petits protégés ont planté sur le quai de la Moscova où se dresse la Maison de la musique des arbustes de cèdre de Sibérie qu’on appele l’arbre de la vie. Plus de deux mille arbustes feront leur apparition dans les cours de nombreux orphelinats et écoles de musique en deux semaines du festival.

    Le soir de la même journée, le premier concert a été ponctué  d’ovations. Danseurs, joueurs d’instruments populaires, harpistes et violonistes se succédaient sur la scène. L’orchestre de violonistes « Tutti » de Saint-Pétersbourg est un familier des festivals de Moscou. Les jeunes musiciens âgés de 5 à 10 ans y sont déjà venus l’année dernière. « Il y règne une ambiance d’amitié étonnante »,  a fait ramarquer dans son interview à La Voix de la Russie sa directrice Olessia Choukina.

    Nous formons une seule et même famille et sommes heureux de participer au festival. J’apprécie au plus haut point toutes les prestations et surtout le niveau professionnel des participants. Je dis à mes enfants d’apprendre auprès des autres et je suppose que les autres apprennent auprès de nous. C’est vraiment formidable d’avoir ce point de ralliement des enfants au monde entier. Et puis, les concerts sont très intéressants.

    L’ensemble des guitaristes du jardin d’enfants de Kensang (Corée du Nord) a été accueilli par une véritable tonnerre d’applaudissements. Les jeunes musiciens ont interprété une chanson populaire coréenne et une pièce consacrée au festival. Le public avait applaudi si longtemps que les responsables ont dû promettre d’amener l’année prochaine à Moscou tout le jardin d’enfants. Mais c’est Eric Youdénitch d’Ouzbékistan âgé de 8 ans qui est devenu une véritable surprise pour le public. Il a dirigé l’éminent orchestre des « Virtuoses de Moscou ». La gamin a dit dans son interview à notre radio qu’il ne se souvenait plus à quel moment exactement il avait commencé à se consacrer à la musique.

    C’était à 4 ou à 5 ans, peut-être même à trois. Mon père joue bien du violon et ma mère joue également bien dans un orchestre. Moi, j’aime surtout diriger l’orchestre, ça m’intéresse plus que le violon et le foot. C’est formidable quand tous, les violoncelles, les contrebasses et les violons t’obéissent. C’est tellement amusant.

    La mère du jeune musicien a précisé qu’il apprenait à diriger l’orchestre depuis l’âge de 6 ans et était actuellement un élève de première année. Il a dirigé pendant cette saison l’orchestre national d’Ouzbékistan. Dans la Maison de la musique, les « Virtuioses de Moscou » ont interprété sous sa baguette le hit classique « La petite sérénade de nuit » de Mozart. Le public était en extase et le gamin quittait la scène chargé de bouquets de fleurs qui le cachaient presque.

     

    Les échecs comme modèle de vie

    Une exposition consacrée aux échecs et aux grands joueurs se déroule du 16 mais au 24 juin à la Maison de la photographie de Moscou à l’occasion du championnat du monde de la FIDE (Fédération Internationale des Échecs) qui a actuellement lieu à Moscou.

    Ces derniers jours, les échecs et tout ce qui s’y rattache suscitent un intérêt tout particulier. Certes, c’est le tournoi pour la couronne échiquéenne qui se dispute entre le champion du monde l’Indien Wishvanatan Anand et le grand-maître israélien Boris Gerlfand qui est au foyer d’attention. Mais, comme l’a noté à la cérémonie d’ouverture de l’exposition le président du conseil de tutelle de la Fédération russe des Échecs Arkadi Dvorkovitch, « au moment de programmer ce match, nous avons eu l’idée de faire la synthèse du sport, de l’art et de la science ».

    C’est précisément sur cette synthèse que se fondent les échecs. Nous sommes actuellement témoins d’une véritable lutte à la fois sportive et intellectuelle, quand deux génies d’échecs se disputent la coronne échiquéenne. Le match se déroule dans la galerie Tretiakov qui est notre plus prestigieux musée national. Une exposition unique consacrée aux échecs s’ouvre en même temps au Musée de la photographie. De plus, des centaines de milliers de gens dans le monde peuvent voir la retransmission du match depuis la galerie Tretiakov... C’est le premier événement de ce genre dans l’histoire des échecs! Je pense donc que nous avons parfaitement réussi!

    Malheureusement, les Russes ne figurent pas au nombre des participants du tournoi mais en revanche les murs de la Maison  de la photographie de Moscou s’ornent de toute une galerie de portraits des célèbres grands-maîtres et champions du monde soviétiques et russes, comme Aliokhine, Botvinnik, Smyslov, Tal, Petrossian, Spasski, Karpov, Kasparov, Kramnik.... Il faut préciser que depuis 1948 et pendant un quart de siècle, les champions du monde étaient exclusivement des 

    Le nom de l’exposition préparée par la Maison de la photographie est « Les pièces d’échecs. XXème siècle ». La directrice de la Maison Olga Sviblova affirme que « le siècle passé a grandement valorisé les échecs. – A l’époque soviétique ce jeu faisait partie intégrante du patrimoine culturel et était considéré comme un acquis de la nation au même titre que la conquête de l’espace et le ballet ». L’exposition se compose d’une centaine de photographies et la photographie la plus ancienne est le portrait du grand joueur russe Alexandre Aliokhine daté de 1920. Les photographies des années 20-30 du dernier siècle font également partie des raretés. On y voit, par exemple, le premier tournoi international d’échecs de Moscou, des amateurs qui attendent un autographe et des jeunes joueuses d’échecs à un défilé du Premier mai portant des jeux d’échecs au lieu de transparents...De plus, chaque photographie s’accompagne d’un texte complet qui répond à toutes les questions éventuelles. Les auteurs des prographies présents à l’exposition donnaient des détails intéressants. Par exemple, le photographe Boris Dolmatovski s’est rappelé qu’en 1974, quand il prenait des photos d’une partie disputée entre le jeune Garry Kasparov alors âgé de 11 ans et le grand-maître chevronné Yiouri Averbach, quelqu’un a fait remarquer à voix basse : « J’ai l’impression que le gamin fera partie nulle ». « Pourquoi partie nulle? Je vais gagner! » - a immédiatement répliqué  Kasparov. Et il avait réellement gagné pour devenir ensuite un roi d’échecs!

    « Les échecs sont un jeu vraiment exceptionnel et la discipline sportive la plus intellectuelle, - a confié Boris Dolmatovski. – Je joue bien moi-même et je suis heureux de voir mon petit-fils se passionner pour ce jeu ».

    Dans la vie on ne peut pas gagner à tous les coups et il faut savoir accepter les défaites. Si, en parlant d’échecs, un enfant se met à pleurer, tel autre se serre les dents, surmonte les difficultés et gagne absolument la partie suivante. C’est comme dans la vie. Je pense du reste que les échecs sont un modèle de vie. L’exposition rappelle également que la passion des échecs l’emportait parfois sur les circonstances et permettait de survivre. On peut y voir les soi-disants « sets » ou les jeux d’échecs en carton fabriqués à Leningrad pendant le blocus ou des pièces en fil de fer confectionnées par des détenus politiques du goulag stalinien...

    Mais la place centrale de l’exposition est quand même réservée à Wishvanatan Anand et à Boris Gelfand, les principaux « newsmakers » échiquéens des derniers jours. Sur les photos on les voit très jeunes quand ils ont toute la vie devant eux et c’est un messahe adressé aux jeunes d’aujourd’hui : jouez aux échecs et aimez-les comme les ont aimés les générations d’avant vous!

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