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    Le Mali s’enfonce toujours plus dans le chaos de la crise

    Le Mali s’enfonce toujours plus dans le chaos de la crise

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    Signé samedi par par le groupement islamiste extrémiste touareg Ansar Dine et le Mouvement national de


    Signé samedi par par le groupement islamiste extrémiste touareg Ansar Dine et le Mouvement national de liberation d’Azaval (MNLA), le protocole d’accord sur la fusion et la création du Conseil de transition de l'État Islamique d'Azavad dans le nord du Mali enfonce plus profondément ce pays d'Afrique occidentale dans le chaos de la crise. C’est ce qu'a confirmé à notre correspondant Igor Yazon l'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie dans la République de Mali Alexei Doumyan dans l'interview par téléphone de Bamako aujourd'hui, le 28 mai.

    « En effet, la situation est très compliquée et avec le temps, elle ne se simplifie pas, - a dit Alexeï Doumyan. - Et ce nouvel élément – l'accord entre Ansar Dine et le MNLA - a compliqué encore davantage la situation au Mali, car elle témoigne de l'accroissement de l'influence des islamistes dans le pays. Je crois qu'il dépasse déjà les frontières du Mali et devient un facteur déstabilisant très grave pour toute la région du Sahel, oui, peut-être, pour toute l'Afrique Occidentale en gros. Certes, tout cela demande une attention beaucoup plus grande de la part de la communauté internationale et en premier lieu – de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui tente d’agir en intermédiaire dans le règlement de la double crise au Mali – le retour du pays après le putsch militaire dans un régime constitutionnel et les préservations des territoires du nord appelés Azavad. Le gouvernement à Bamako avec, à la tête, Cheick Modibo Diarra, a déjà rejeté ce samedi les intentions des islamistes de créer là un califat islamique et a exigé de garder l'unité et l'intégrité territoriale, ainsi que le caractère laïque de l'État malien. Mais est-il possible de prévenir l'apparition d'un tel califat, personne ne le dira. Le développement de la situation au Mali est suivi par ses voisins de la région et la communauté internationale, y compris la Russie, mais, paraît-il, maintenant, des actions décisives pour la neutralisation des groupements islamistes radicaux dans le nord du pays sont nécessaires. La plupart des experts partagent l'opinion que cette région devient de plus en plus explosible. Et en outre, au pied de la lettre : selon les dernières informations, l'organisation terroriste la plus terrible « Al-Qaïda dans le Maghreb islamique », agissant ici, s'est emparée un de ces jours à Gao de l'arsenal souterrain le plus riche de l'armement laissé là par l'armée malienne. L’Al-Qaïda est étroitement liée au groupement Ansar Dine qui a absorbé en réalité le MNLA. Tout récemment, le MNLA tentait de créer son propre Etat touareg laïque et de lui faire quitter le Mali, mais il a cédé, paraît-il, aux groupements islamistes plus forts. Quant à Ansar Dine, il est contre la sortie du Mali, mais se prononce pour l'introduction sur tout le territoire du pays des lois de la charia ».

    « Bref, trouve Alexeï Doumyan, - la situation dans le nord devient de plus en plus menaçante, et dans sa partie sud, difficilement prévisible en général. Le chef d'État par intérim Dioncounda Traoré après l'attaque contre lui des partisans de la junte militaire la semaine passée, a quitté le Mali et se trouve maintenant à Paris où il suit un traitement médical. Une manifestation des partisans de l'ordre constitutionnel - donc, des adversaires de la préservation du pouvoir de la junte militaire - est prévue pour mardi à Bamako. A quel point elle sera nombreuse, c’est difficile de dire, croit l'ambassadeur de Russie, puisque la société malienne s'est divisée en réalité en deux. Sa plus petite partie soutient la junte tâchant par tous les moyens, bons ou mauvais, de garder l'influence. La plupart de la population, de la classe politique et des associations exigent, d'une part, le retour de la junte dans les casernes, et d' autre part, la réalisation, coordonnée avec la CEDEAO, des programmes pour la période de transition et le retour du pays au processus de la vie démocratique. Entre autres, le chef de gouvernement du Mali Cheick Modibo Diarra a visité ce dernier week-end Abidjan et Ouagadouga, où se sont passées les négociations avec les intermédiaires dans le règlement de la crise dans le pays – les présidents du Côte d’Ivoire et de Bourkina Faso … »

    « Il est difficile de juger de quoi on parlait là, selon les propos réticents du Premier ministre au retour à Bamako, - dit Alexeï Doumyan. – Il a déclaré seulement qu'il y avait toujours une possibilité de l'intervention militaire de la CEDEAO, en cas de la demande de la part des pouvoirs du Mali. Mais il est difficile de dire quand le Mali trouvera nécessaire de demander cette aide. Il est possible que les derniers événements dans le nord du pays incitent Bamako à quelques actions décisives. De sorte que, probablement, les jours suivants, il faut s’attendre à quelque réaction de la part des acteurs principaux dans la région. Et, bien sûr, des Maliens eux-mêmes. Personne dans la région ne veut le renforcement des islamistes radicaux dans le nord du Mali, comme la désintégration de ce pays ce qui menace de faire exploser la situation dans toute l’Afrique Occidentale ».

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