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    La Syrie file un mauvais coton

    La Syrie file un mauvais coton

    © Collage : La Voix de la Russie
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    Les Forces de l’OTAN ont décidé de déployer les batteries de missiles intercepteurs « Patriot » de fabrication américaine le long de la frontière syrienne.


    Les Forces de l’OTAN ont décidé de déployer les batteries de missiles intercepteurs « Patriot » de fabrication américaine le long de la frontière syrienne. Cette mesure de protection et de précaution prise par les autorités turques ne viole aucune clause d’aucun traité en vigueur la Turquie étant membre de l’OTAN donc pouvant faire appel aux forces armées de l’Alliance en cas d’un danger grave nuisant à ses intérêts ou portant atteinte à la vie ou aux biens de ses citoyens. Cependant plusieurs éléments à l’origine de cette décision restent indéchiffrables. On a du mal à saisir comment un pays de l’acabit de la Syrie surtout dans son état actuel peut-il nuire aux sujets ottomans dont l’armée reste de loin la plus forte de la région proche-orientale ? La Syrie aurait-elle décidé d’envahir la Turquie avec Bachar al-Assad à la tête de ses troupes glorieuses ? Trêve de l’humour noir, la situation est ubuesque parce qu’absurde ! On ne peut qu’en déduire que les enjeux en question sont autrement plus sérieux que les plaintes de quelques Turcs effrayés par le tir des missiles syriens en direction des camps d’entraînement des milices syriennes qui se trouveraient sur le sol turc sous les auspices de l’OTAN et/ou des Américains. Le scénario n’est pas sans rappeler la conjoncture palestinienne où les combattants du Gaza représenteraient, de source israélienne, une grave men ace pour la paix et la stabilité en Israël. On rejette le tort sur l’innocent ce qui, somme toute, est aussi vieux que le monde, quoi !

    Mais il y a aussi la facette militaire qui n’est pas sans poser quelques questions aux médias spécialisés. Pourquoi l’OTAN entend-il disposer ces missiles de défense ? A quoi ces missiles peuvent-ils servir à côté d’une Syrie exsangue ? C’est vrai qu’officiellement parlant, on craint toujours les raids aériens syriens mais ces raids ne requièrent pas un appel à l’aide avec le soutien massif des Allemands qui s’embarquent déjà en direction de la Turquie tout fiers de leur mission fraternelle.

    D’autres se demandent pourquoi les Atlantistes veulent-ils absolument avoir sur le sol turc ces missiles anti-missiles ? Peut-être, se disent-ils, s’agit-il de défendre les camps d’entraînement des combattants de l’opposition à la solde de l’OTAN ? Mais même dans ce cas-là la réponse paraît être démesurée les Syriens n’ayant pas les moyens d’offensive terrestre ou aérienne… Alors on se perd en conjectures tout en se grattant les méninges.

    Pourtant la réponse est visible à l’œil nu à condition que l’on applique une vision d’ensemble et pas la considération d’un fait ponctuel comme la livraison des « Patriot » de l’armée allemande en Turquie.

    Cela fait longtemps déjà que les Américains, et l’OTAN avec, sont passés maîtres dans le domaine de la création des complexes intelligents pourvus à la fois des moyens de contrôle, de surveillance et de frappe. Ils ont élaboré plusieurs solutions qui peuvent très bien être appliquées à l’échelle régionale, propre au conflit syrien. Cet amour qu’ils vouent aux moyens techniques de résoudre des conflits de faible envergure dans les « zones grises » comme les a baptisées le théoricien militaire français colonel Dufour, les pousse à la robotisation de la guerre. Et comme il n’est pas question d’occuper le sol, on peut très bien concevoir un système savant de frappes chirurgicales non-signées avec une ceinture de sécurité pour s’assurer contre les représailles et la surveillance toujours automatique des résultats de ces frappes-là.

    Considérons maintenant la panoplie technique et les remèdes à appliquer. L’OTAN serait sur le point d’utiliser le système satellitaire SBIRS qui inclue les moyens d’alerte contre une attaque des missiles, les satellites d’intelligence technique agissant dans le diapason infrarouge et les missiles « Patriot » justement. Les satellites seraient au nombre de 4 sur les orbites géosynchronisées se trouvant au-dessus de l’équateur. Viennent s’y ajouter encore deux spoutniks suivant des orbites ellipsoïdales entre les pôles terrestres. Chaque plateforme de ce complexe ingénieux serait dotée de scanners à l’infrarouge et permettrait de détecter le lancement de n’importe quel missile de n’importe quel type. Les données seraient immédiatement transmises aux complexes « Patriot » et la cible détruite peut être même au décollage ou peu après. SBIRS permettrait de gagner du temps à la détection pour le calcul de la trajectoire et la sélection des moyens de riposte. Nous sommes sûrs et certains que SBIRS surveille déjà les opérations de la chair à canon de l’OTAN, ces guérillas urbaines qui donnent du fil à retordre à l’armée de Bachar al-Assad. Nous sommes également certains qu’une fois la surveillance installée et le bouclier de « Patriot » en place, l’OTAN pourrait très bien envahir l’espace aérien syrien par ses robots volants, drones américains de la famille de X 45 A et X 45 B, capables non seulement de se guider en complète autonomie mais aussi de transporter 689 kilos de bombes ou missiles à son bord à une vitesse de 0,8 Mach. Ces robots ne coûtent pas cher : 15 Millions de dollars par unité à peine ! Et ils enlèvent à l’homme la nécessité d’un choix éthique devant la destruction des cibles civiles. En plus les drones sont capables de rester en l’air 24 heures sur 24. L’OTAN serait à même de compléter le dispositif avec un nouveau joujou de surveillance planétaire qu’ils ont baptisé IRS. IRS, quant à lui, est supposé de fournir les images en numérique et suivre les radars de l’ennemi histoire de les neutraliser et éliminerdéfinitive à l’aide des drones.

    Alors au bout de quelques semaines les Syriens pourraient très bien payer les frais d’un nouveau type de guerre : guerre déshumanisée, sans adversaires à combattre mais avec des machines et les opérateurs se trouvant à cent lieues du champ de bataille. Existe-t-il un moyen de l’éviter ? Pour les Syriens : non parce que cela relèverait de la mission impossible… Pour les Russes : oui, car ils ont les moyens de riposte et leurs intérêts vitaux dans la région sont concernés.

    Mais le paroxysme est tel que la surchauffe et l’explosion à venir paraissent désormais presqu’inévitables. Hélas !

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