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    L’exposition itinérante continue son tour de France

    L’exposition itinérante continue son tour de France

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    L’exposition La Guerre et la paix au travers du regard d’artistes russes sera ouverte encore quelques jours au musée de Saint-Dizier, dans la Haute-Marne avant de partir pour le Mans. Précédemment, elle a été présentée à Paris et Reims. Comme il s’agit d’un projet itinérant qui est prévu jusqu’à l’année 2015, nous aimerions revenir au sujet et préciser quelques détails. Nos interlocutrices sont Catherine Boncenne, historienne d’art, et Ludmila Kalujnaïa collaboratrice au Musée d’Etat Tolstoï de Moscou, qui ont conçu et préparé le projet. Ma première question que j’adresse à Mme Boncenne est toute simple mais nécessaire pour être introduit dans le sujet. Que peut-on voir dans cette exposition?

    Catherine Boncenne. L’exposition se compose de plusieurs panneaux sur le thème de « Léon Tolstoï et sa famille », « Léon Tolstoï et ses protagonistes », « la Guerre et la Paix » et les illustrations qui ont été faites pour le roman, depuis les premières qui sont celles de Bachylov jusqu’à, peut être pas les dernières, disons, jusqu’à celles de Nikolaev, qui sont des plus connues, autour de ce roman. D’autre part, nous avons un programme qui reprend toutes les illustrations qui ont été faites du roman en Russie, l’histoire de la famille de Tolstoï, sa conception du roman, les protagonistes et leurs véritables portraits. Donc, et bien sûr quelques mots sur l’histoire de la campagne de Russie et de la campagne de France.

    VdlR. Eh bien, tout cela sur 16 panneaux dotés d’un contenu scientifique de grande qualité. Ludmila Kalujnaïa du Musée Tolstoï de Moscou est justement responsable de cette qualité. Elle sait tout du travail effectué par Léon Tolstoï sur son roman, considéré comme majeur dans l’histoire de la littérature universelle, et peut nous faire part de quelques uns des détails intéressants mis à contribution dans le projet.

    Ludmila Kalujnaïa. Lorsqu’il travaillait sur le roman, il est allé sur le champ de Borodino et a fait des dessins du champ. Alors dans une lettre adressée à sa femme, Tolstoï disait qu’il donnerait une description de la bataille de Borodino telle que personne n’avait encore fait. Comme l’exposition était destinée à la France nous avons aussi décidé de développer le sujet « La France et les Français dans la Guerre et la Paix ». Donc nous avons présenté beaucoup de manuscrits en français. Il est bien connu que Tolstoï a écrit beaucoup de pages dans cette langue et il nous a semblé que ce serait intéressant.

    Ensuite, les portraits des personnages historiques faits par Tolstoï. Bertier, Murat, Napoléon. Tolstoï était en correspondance avec beaucoup de Français. Dans notre musée, il y a plus de 1500 lettres adressées par des Français à Tolstoï. Et lorsque le roman est paru est les Francais ont pu le lire, Tolstoï a commencé a recevoir des courriers écrits par des représentants de l’association Napoléon, des écrivains. Vraiment beaucoup d’échos. Nous les avons aussi inclus dans l’exposition.

    VdlR. Faut-il être connaisseur du monde russe pour apprécier l’exposition?

    C. B. Pas du tout. En fait, elle est destinée à présenter le roman, l’auteur bien sûr et l’histoire des années 1810, je dirais, jusqu’au congrès de Vienne.

    VdlR. Et si on n’a pas lu le roman de Tolstoï?

    C. B. Et si on n’a pas lu le roman de Tolstoï c’est l’occasion de se familiariser avec le roman, de pouvoir découvrir son intérêt, éventuellement d’avoir envie de le lire ensuite. C’est également une possiblité pour les élèves des écoles et les universitaires de pouvoir réfléchir au thème de La Guerre et de la Paix au travers du roman mais au travers aussi de l’histoire, et voir ce qui est à l’origine était une guerre est devenu une amitié assez solide.

    VdlR. J’aimerais maintenant évoquer le début du projet d’exposition itinérante sur Tolstoï. Comment est-il né et à qui doit-on l’initiative?

    C. B. Il s’est trouvé qu’en 2010 j’ai organisé une exposition d’un peintre de l’émigration russe qui était académicien. Il s’appelait Paul Chmarov. A la suite de ça, on m’a demandé si je pouvait trouver des emplacements pour une exposition sur 1812. Il a semblé évident à ce moment-là que plutôt que de parler de la guerre, il fallait prendre ça d’un côté littéraire, et le roman de Léon Tolstoï est apparu comme absolument évident, d’autant que l’exposition est organisée par un éditeur qui s’appelle M. Koutchkov qui travaille à Moscou dans une maison d’édition qui s’appelle Koutchkovo polé, qui est également président de l’association du livre militaire.

    VdlR. Mais revenons à La Guerre et la Paix. Il se trouve que les événements historiques et les personnages réels commencent à vivre une autre vie sur les pages d’un roman. Qu’en est-il pour l’oeuvre de Tolstoï? Ludmila Kalujnaïa.

    L.K. Et oui, vous le savez, c’est vraiment un phénomène étonnant, lorsque ce n’est pas le fait historique qui influe sur l’oeuvre littéraire mais inversement, l’oeuvre littéraire influe sur la connaissance de l’histoire. Tous le monde connaît en Russie le personnage de la princesse Marie Bolkoskaïa. On sait aussi que son prototype c’est la mère de Tolstoï, Maria Tolstaïa, née princesse Volkonskaïa, qui était élevée par une vieux prince Volkolski, comme dans le roman. Et l’image d’une jeune fille modeste et timide est souvent transférée par les lecteurs sur l’image de la mère de Tolstoï, alors qu’elle était toute différente. Très dynamique, joyeuse, elle écrivait des poèmes comiques. Elle était même capable de faire des choses insensées. C’est ce que Tolstoï appelait ensuite « notre sauvagerie » familiale.

    VdlR.Enfin ma dernière question, je la pose à Catherine Boncenne. Et quelles sont les réactions des visiteurs français? Qu’est-ce qu’ils disent?

    C. B. Écoutez, on a de tout comme réaction, comme toujours dans une exposition. Certains trouvent qu’il faudrait montrer plus de choses. Là, ça a été fait à partir de panneaux et de quelques facsimilés du roman, de films aussi parce qu’on a un film qui a été pris du vivant de Tolstoï. On entend même sa voix en russe. Et on a également des extraits de films autour de la bataille de Borodino, une autre manière d’apprendre l’histoire. Bataille de Borodino qui en français s’appelle « bataille de la Moskova ». Je rappelle parce qu’en fait souvent on ne sait plus ce fait. A priori, il y a d’autres manifestations, je ne les connais pas toutes.

    VdlR.Le fait est que toutes les villes où va l’expositon ne se limitent pas à présenter les panneaux mais accompagnent l’événement d’autres manifestations, de concerts de musique, d’animation pour enfants. En attendant, Mme Boncenne ne reste pas les bras croisés.

    C. B. Je cherche d’autres endroits en France pour pouvoir présenter cette exposition. On a une demande sur Strasbourg, sur Nice, sur Cambrai et d’autres villes.

    VdlR.Nous remercions Catherine Boncenne et Ludmila Kalujnaïa pour leur explications et souhaitons bonne continuation à leur projet « La Guerre et la Paix : au travers du regard d’artistes russes ».

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