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    Comment le radical-socialisme boycotte la chrétienté
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    Comment le radical-socialisme boycotte la chrétienté

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    La France des églises n’est plus et ce n’est pas demain la veille qu’on œuvrera à sa restauration. Il s’est formé ces dernières décennies un immense fossé où sombra la tradition française de source judéo-chrétienne. Ce trou béant, hideux dirais-je presque, n’a jamais pu être comblé par les bonnes manières du laïcisme souverain pas plus qu’il n’a pu être recouvert par les idées du multiculturalisme présupposant d’emblée le multiconfessionnalisme.

    Lorsque des mouvances salafo-wahhabites combattent le christianisme sur des territoires à l’origine musulmans, on s’en désole en criant à la barbarie. Lorsqu’en revanche les radicaux socialistes se font les croque-morts du christianisme en France, on parle de progrès culturel. Certes, l’équipe Ayrault ne coupe pas les têtes. Elle n’invoque pas le Coran. Ceci étant, à une échelle civilisationnelle, son action conduit à terme au même résultat que dans certains pays du Moyen-Orient.

    Par tradition, il ne faut pas nécessairement entendre les attitudes agressives de certains fanatiques opposés à l’avortement sans distinction de motifs, aux relations hors-mariage, au dialogue interconfessionnel etc. La tradition, qu’on se le dise, n’est pas synonyme de détachement de la réalité, donc, de la modernité. La tradition n’est pas non plus en soi religieuse, parce que, dans son acception substantielle, elle est bien plus large que celle-ci. Pour exemple : je connais des athées convaincus qui en leur qualité de bénévole entretiennent des églises promises à l’abandon et qui, dans leur attitude – majoritairement en ce dernier cas – n’enfreignent pas un mot de ce qu’on appelle le code déontologique, fondé, à son tour, sur une triade amplement diabolisée parce que récupérée, à l’époque, par Vichy : Travail, Famille, Patrie. Reconnaissons que ce triple mot d’ordre se soumet automatiquement à des exigences éthiques héritées du judéo-christianisme et que, jusqu’à nouvel ordre imposé, il ne nous venait même pas à l’esprit d’en problématiser le bien-fondé. Si un ami athée restaure la nef d’une église pendant les grandes vacances, il le fait avant tout par respect de la France qui est notamment incarnée par chacun de ses clochers.

    Or, dès l’époque Mitterrand, les élites socialistes ont procédé au démontage de la chrétienté en France. Loin de passer directement à l’acte, elles ont élu une tactique d’indifférence. C’est surtout à cette époque que Noël a commencé à se transformer en une joyeuse fête pour enfants en perdant progressivement de son sens mystique reflété à travers le mystère de la Nativité. C’est à cette époque que le financement des églises a baissé et que les cours de caté – j’en fus moi-même témoin étant de la génération Mitterrand – enseignaient que Judas était quelqu’un de justifiable parce que, sans lui, il n’y aurait pas eu de crucifixion, donc, pas de résurrection. L’UMP roula dans la même ornière jusqu’au grand retour des socialistes qui passèrent à l’acte.

    Toute profanation de lieu de culte est condamnable. Le fait qu’un homme déséquilibré ait tiré sur la mosquée de Vénissieux située dans la région lyonnaise est loin d’être appréciable. Ceci dit, quand je vois les médias français s’épancher copieusement sur ce sujet tout en passant la plupart du temps sous silence les mauvais traitements infligés aux églises et cimetières catholiques, je me demande si notre pays n’est pas envahi par une idéologie aussi curieuse qu’infiniment délétère. Voici des chiffres révélateurs : en 2012, 53 églises au total furent profanées, vandalisées, voire brûlées, 21 cimetières chrétiens se trouvèrent profanés, 6 crèches furent détruites. Ces chiffres ne sont pas extraits d’un quotidien tenu par une mouvance affiliée à l’extrême-droite mais d’atlantico.fr, un journal analytique en ligne parfaitement indépendant. On parle d’islamophobie. Mais qui de nos dirigeants oserait enfin se mettre à l’évidence et se prononcer sans détours sur la christianophobie ambiante qui est en train d’établir son sinistre règne en France ? Cette phobie est double : elle est celle d’une certaine partie des couches immigrées refusant l’intégration, mais elle aussi et avant tout celle du parti au pouvoir.

    Ce rejet de notre identité civilisationnelle revêt les masques les plus variés, les débats portant autour de l’éventuel enseignement de la théorie du genre en donnant une représentation exhaustive.

    Comment peut-on interdire aux écoles catholiques d’éviter ce débat qui pourtant, à en juger sur le tournant qu’il prend, contredit capitalement l’esprit évangélique ? Ne voudrait-on pas en faire autant dans les écoles coraniques ? Pour mieux comprendre comment cette incohérence agressive essaye de convertir à ses convictions les établissements scolaires privés, il faudrait peut-être revenir en arrière et reprendre cette réflexion de M. Vincent Peillon, Ministre de l’Education nationale : « L’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qu’opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi ». Que Peillon se prenne pour Moïse, passe encore. Mais qu’il affuble l’école républicaine d’une prétention totalitaire digne des appétits dictatoriaux d’un Pyongyang où chaque geste est réglementé par la morale d’Etat, voilà qui fait peur. De cette façon-là, comme l’a si bien formulé le philosophe Alain Finkielkraut, notre démocratie se transforme en maison de redressement des vivants et des morts. Des vivants, parce qu’on les enferme dans une espèce de constructivisme soi-disant culturel en en faisant des cobayes, des morts, parce qu’on rejette l’immense expérience qu’ils nous ont léguée pour déconstruire l’Histoire à travers le rejet de l’héritage religieux et le remodelage de l’homme. Comment peut-on, partant de là, ne pas consulter la première intéressée, en l’occurrence, l’église catholique ?

    Pourtant, non seulement on lui impose sa destruction à un niveau substantiel, mais en plus, on la confronte à ce qui s’appelle, en termes juridiques, le délit d’opinion. L’arrestation systématique des Veilleurs en est la preuve irréfutable.

    Cette église opprimée, reléguée au rang d’organisme rétrograde ou d’entité carrément aberrante, on veut encore en tirer profit. C’est ainsi que, l’hiver dernier, la ministre du Logement a parlé de réquisitionner les locaux d’un certain nombre d’églises au cas où elles n’abriteraient pas un nombre jugé suffisant de sans-logis. Ne nous faisons pas d’illusions. Il ne s’agit pas de sensibiliser les cléricaux aux misères des sans-logis car ils y sont déjà sensibilisés depuis très belle lurette. En réalité, il est question d’exploiter le clergé autant que possible pour décharger un Etat en pleine crise. Au risque de me répéter, je réitérerai cette question traditionnelle qui consiste à se demander pourquoi les mosquées et les synagogues ne sont pas en cause.

    Décidément, nous vivons à une époque paradoxale, la France se vendant elle-même depuis déjà de très longues années alors qu’elle n’y gagne strictement rien si ce n’est de disparaitre petit à petit en tant que France. On nous parle d’Histoire, faisant comme si celle-ci commençait le 14 juillet 1789. On nous parle des droits de l’homme, alors que ceux-ci ne sont pas ceux des Français. On nous parle, enfin, d’éthique, oubliant que ce qui constitue notre éthique, c’est le judéo-christianisme que nous avons intégré des siècles durant jusqu’à ce qu’il se greffe à notre inconscient. La théorie du genre inculquée autant que la nécessité du métissage forcé elle aussi inculquée ne survivront pas. Ces idées sont condamnées à mourir comme non viables par définition. Seulement, elles ont déjà fait beaucoup trop de ravages au cœur de nos sociétés.

     

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