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    Pitié, pitié, pitié ! Qu’une âme charitable m’explique la logique de MM. Obama, Cameron et Hollande qui promettent de frapper incessamment les points stratégiques de l’armée syrienne et de fournir une grande quantité d’armes aux rebelles syriens tout en assurant qu’ils n’ont aucune intention de renverser le régime de Bachar al-Assad. Par surcroît leurs intentions sont identiques à celles d’Al-Qaeda qui promet de détruire l’infrastructure de l’armée syrienne à Damas. Toujours au nom des droits de l’homme bien entendu. Mais passons.

    Je ne suis pas un expert militaire et mon raisonnement est en l’occurrence celui d’un homme de la rue, mais je ne pense pas dire une bêtise si je suppose que la destruction de l’armée syrienne et le renforcement simultané des forces de l’opposition ne peuvent conduire qu’à la chute du régime syrien.

    On nous dit que Bachar al-Assad doit être puni pour avoir utilisé l’arme chimique contre son propre peuple. Cela sans apporter la moindre preuve de cette version et sans étudier celle des autorités syriennes qui affirment que le gaz mortel est venu de Turquie où l’opposition a créé un laboratoire chimique. Les Américains se contentent de dire qu’ils ont tous les témoignages de la responsabilité du régime syrien et que les autres n’ont qu’à la boucler. Y compris le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon qui tout en qualifiant l’usage de l’arme chimique « de crime colossal » n’en appelle pas moins à « cesser l’affrontement armé en Syrie pour donner une chance aux diplomates ».

    Cette dernière suggestion est considérée comme sacrilège par les leaders occidentaux qui se disent moralement obligés de châtier le crime atroce du dictateur inhumain. Bon, admettons – c’est bel et bien Bachar al-Assad qui a donné l’ordre d’utiliser le gaz mortel contre ses opposants. Mais quand les leaders occidentaux disent que pour eux c’est un crime impardonnable dont la punition ne tolère aucune exception ils se présentent comme une bande d’hypocrites. Car, selon Foreign Policy, pendant la guerre entre l’Irak et l’Iran les Américains ont tacitement encouragé en 1988 l’usage des gazes toxiques par l’Irak de Saddam Hussein contre l’armée iranienne sans parler du fait qu’ils n’ont jamais pipé mot quand la même année le dictateur irakien a utilisé cette arme contre la population kurde du pays et quand un an plus tôt il a tué avec des armes chimiques de 100 à 180 mille citoyens irakiens lors de l’opération militaire contre les communistes et les Kurdes irakiens au nord du pays.

    Aujourd’hui les Occidentaux s’acharnent contre Bachar al-Assad sachant pertinemment que la chute de son régime n’apportera, tout comme en Irak et en Libye, que le chaos sanglant susceptible de semer la guerre dans toute la région. Et quand on se demande quel profit ils entendent en tirer force m’est de supposer qu’ils se réservent tout simplement le rôle de maraudeurs.

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