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    La participation israélienne au projet de l'UE est en question
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    La participation israélienne au projet de l'UE est en question

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    L'Israël et l'Union européenne (UE) vont diverger s'ils ne peuvent pas faire des compromis sur de nouvelles lignes directrices de l'UE portant sur la colonisation juive des territoires occupés endommageant la recherche et les liens commerciaux, a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères israélien Ze'ev Elkin.

    Les deux parties doivent surmonter la dispute sur le territoire, sur lequel les Palestiniens veulent un Etat avant la fin novembre, alors qu’un programme de recherche de l'UE, appelé Horizon 2020, devrait être finalisé.

    S'il n'y a pas d'accord, Israël risque de passer à côté du financement généreux pour ses scientifiques. En revanche, l'Europe perdra le savoir-faire israélien, a dit M. Elkin.

    «Si nous ne parvenons pas à résoudre ce problème, l'orientation future sera une sorte de séparation entre Israël et l'Union européenne », a-t-il déclaré, rapporte Reuters.

    Pourtant, un haut fonctionnaire de l'UE a visité Israël pour informer le gouvernement qu'il trouvera une solution pour assurer la participation d'Israël au projet scientifique Horizon 2020, selon le journal Haaretz. Ceci en dépit des restrictions de l'UE sur les relations avec les entreprises israéliennes et les centres de recherche opérant dans les colonies illégales de Cisjordanie qui entreront en vigueur en janvier 2014. L'interdiction de l'UE sur ces transactions menace de faire perdre des centres de recherche israéliens d’une valeur proche de 200 millions de dollars.

    Les débats au sujet de la participation d'Israël au projet Horizon 2020 étaient donc au point mort lorsque l'UE a approuvé les restrictions économiques sur les entreprises israéliennes et centres de recherche en Cisjordanie. Les directives européennes imposent que tous les accords suivants avec Israël devront indiquer clairement que les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem, ainsi qu’en Golan syrien, ne font pas partie d'Israël et donc ne sont pas couverts par les accords UE-Israël. Depuis lors, les négociations sur la participation d'Israël dans le plus grand projet scientifique de l'Europe ont transformé une simple question technique à un problème politique complexe. D'autant plus que quelques centres de recherche israéliens susceptibles de participer au projet sont actifs dans les colonies.

    D'après Haaretz, Israël et les États-Unis exercent « une pression énorme » sur la chef de la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton, afin d’assouplir les nouvelles restrictions. Israël a également menacé de ne pas participer au projet européen si les restrictions restent en place.

    Par ailleurs, lorsque les lignes directrices ont été dévoilées, Israël a furieusement accusé l'UE de mentir au sujet de la portée de ces mesures. Surpris par cette réaction, les fonctionnaires de l'UE ont déclaré qu'Israël avait échoué à saisir les revendications européennes sur l'expansion des colonies.

    Israël a depuis atténué la critique, mais M. Elkin a déclaré que les actions de l'UE visaient à imposer de nouvelles frontières à Israël via des sanctions commerciales plutôt que grâce aux négociations avec Palestine.

    Bien qu'elle ait beaucoup moins de poids dans la région que les Etats-Unis, l'Europe a néanmoins réussi à précipiter des initiatives diplomatiques importantes qui ont été suivies plus tard par les autres.

    En 1980 l'Europe a reconnu l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), lorsque Washington et Israël la considéraient encore comme un groupe terroriste. Elle a également insisté pour reconnaître la Palestine indépendante avant que les Etats-Unis aient adopté la même position.

    Malgré des relations diplomatiques et militaires intimes entre Israël et les Etats-Unis, son principal partenaire économique reste l'UE, qui représentait près du tiers de toutes les exportations et importations dans l'Etat juif le mois dernier.

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