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    Les resquilleurs
    © Collage : La Voix de la Russie

    Les resquilleurs

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    Oh, que c’était beau à voir, à entendre, à humer, à sentir! Oh, combien majestueuse était cette tempête de noble et implacable indignation qui a déferlé sur les Etats-Unis pris, grâce aux révélations d’Edward Snowden, en flagrant délit d’écoutes impudentes à l’échelle mondiale.

    Oh, qu’ils étaient impressionnants ces chefs d’Etat et de gouvernement européens qui, saisis d’une sainte colère, fustigeaient la traîtrise goujate de leur allié d’outre-mer tout en se délectant de l’occasion de pouvoir traiter les ambassadeurs américains comme des larbins et couvrir de quolibets Barack Obama ! Et combien fascinante était la froide intransigeance avec laquelle François Hollande et d’Angela Merkel se déclaraient décidés à demander des comptes aux Etats-Unis !

    Bref, ce spectacle a parfaitement réussi, et à un certain moment on a failli croire que la déloyauté évidente des Etats-Unis vis-à-vis de leurs partenaires européens a mis la puce aux oreilles de ces derniers. Hélas, ce n’était en réalité qu’une révolte des marionnettes, et après la tombée du rideau tout est rentré dans l’ordre. Et quand le très naïf Edward Snowden visiblement enthousiasmé par les diatribes anti-américaines des leaders européens qu’il a prises pour argent comptant a demandé asile politique en Allemagne, on lui a fait comprendre que Mme Merkel se moque de son sort comme de sa première chemisette de nuit et que les relations de l’Allemagne avec les Etats-Unis priment tout.

    L’Europe a déjà poussé dans le temps sa servilité à l’égard de Washington jusqu’à fouiller l’avion du président bolivien dans l’espoir d’y intercepter Edward Snowden pour faire plaisir au « grand frère américain ». Or, aujourd’hui, même après avoir appris grâce à Snowden que cette loyauté est strictement à sens unique, l’Europe continue de s’aplatir devant les Etats-Unis.

    Mais ce qui est le plus révoltant dans cette histoire c’est le fait que les leaders européens n’aient jamais exprimé, même secrètement, leur gratitude à Edward Snowden. Ne serait-ce que pour le remercier de l’occasion qu’il leur a donnée de se pavaner pendant quelques jours devant le public dans le rôle de Matamore.

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