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    Сhanger de gouvernement est conforme a l’etat d’esprit general

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    Le gouvernement Français subit de plus en plus de critiques, jusqu’à présent celles-ci venaient logiquement de l’opposition et principalement de l’UMP, mais maintenant même les alliés de François Hollande commencent à critiquer sa politique. Des personnalités de Gauche, le secrétaire national du parti communiste Français Pierre Laurent, le président du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon et même un député PS Malek Boutih, critiquent les actions menées par le gouvernement. Comme la majorité des Français, ils sont déçus par la politique du gouvernement et demandent un changement. Raquel Garrido, porte-parole international du Parti de Gauche nous a expliqué pourquoi selon Jean-Luc Mélenchon, François Hollande n’a plus d’autorité :

    Je voulais vous interroger sur les derniers propos de Jean-Luc Mélenchon, qui disait que le gouvernement en place n’avait plus aucune autorité, pourquoi cette annonce là ?

    En France il y a un système institutionnel, qui donne beaucoup de pouvoir au président, par exemple le président de la république n’est pas responsable devant le parlement. Et donc il y a une tradition de pouvoir fort à la tête de l’état, qui vient du général de Gaulle et des présidents suivants, y compris des présidents de Gauche comme François Mitterrand. François Hollande tout en défendant ce système institutionnel, visiblement n’est pas en mesure de rassembler un consentement populaire pour valider ce pouvoir qu’il a. Il y a une contestation généralisée dans le pays, qui se concentre essentiellement sur la question de la fiscalité et des imports. C’est une question qui est même à l’origine de la révolution Française, c’est donc une question sensible. La révolution Française est née de la volonté, de ceux qui payaient des impôts, de faire abolir les privilèges. Et on voit aujourd’hui une révolte en France contre diverses taxes, qui sont perçues comme injustes parce qu’elles nourrissent les banques. Dans la mesure où le gouvernement pratique une politique d’austérité et de priorité donnée aux remboursements de la dette de l’état, tout l’argent collecté par l’impôt et les taxes va prioritairement à la finance. Il y a une captation de la richesse du pays des mains du peuple pour la donner aux banques. Ce qui n’est plus supportable aujourd’hui. Il y a eu de grandes manifestations en Bretagne, il y en aura dans le reste du pays. Jean-Luc Mélenchon lui même appelle à une marche pour la révolution fiscale au pied du ministère de l’économie, le premier décembre où sont invités tous les citoyens, pour réclamer leur souveraineté populaire et montrer leur refus à une politique autoritaire.

    Si il y a une politique fiscale comme ça, c’est un choix du gouvernement, ce n’est pas un manque d’autorité. C’est une politique menée comme ça, c’est un choix du président Hollande ?

    François Hollande a certes été élu mais il a été élu sur d’autres prémices de son programme. Prenons l’exemple de la TVA, François Hollande a fait campagne en dénonçant la hausse de TVA prévue par Nicolas Sarkozy, il a considéré que c’était un impôt injuste, inopportun. D’ailleurs le parti socialiste, même après l’élection a fait un tracte le 1er septembre 2012, c’est à dire le jour où la nouvelle TVA de Nicolas Sarkozy devait sortir, pour dire que la TVA de Sarkozy n’est pas rentrée en vigueur et finalement par un arbitrage unique de la personne du président cette position a été renversée. Donc il y a là une remise en cause des raisons pour lesquelles les gens ont voté François Hollande. De même que la politique d’austérité, cette politique a été dénoncée pendant la campagne, le Président Hollande avait dit qu’il renégocierait le traité qu’on appelait le traité «Sarkozy-Merkel » et en fait il ne l’a pas renégocié. On voit qu’un sujet après l’autres et notamment dans la résistance à la finance et à la banque, François Hollande remet en cause les raisons mêmes pour les quelles il a été élu. C’est pour ça qu’il a un problème d’autorité, c’est un problème de consentement à sa politique.

    Qu’est ce qu’il faudrait faire alors ? On parle de plus en plus du fait de changer le premier ministre, de changer le gouvernement, est-ce que c’est quelque chose que vous souhaitez vous aussi ?

    Oui, de toute façon l’idée de changer le gouvernement est conforme à l’état d’esprit général dans le pays. Ensuite la question est – qui on met à la place ? Fondamentalement il s’agit de changer de politique, c’est pour ça que le Front de Gauche, dirigé par Jean-Luc Mélanchan cherche à constituer une majorité alternative à celle de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui représente historiquement l’aile droite du parti socialiste avec les personnages comme Moscovici ou Valls, qui sont très minoritaires au sein de la Gauche en réalité. Il faudrait un gouvernement de gauche qui reflète d’avantage la tradition sociale et écologiste et donc c’est ça qui doit être construit, soit dors et déjà par un gouvernement nouveau, soit par les élections, qui auront la possibilité de trancher entre les différentes options à Gauche lors des élections européennes.

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