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    Entre lui et nous
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    Entre lui et nous

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    Le disque de ses chansons pour le 7ème Art, revisitées par le chant de la plus populaire des sopranos françaises Natalie Dessay, Entre elle et lui, figure parmi les meilleures idées de cadeaux de Noël.

    Le concert que lui et Nathalie ont offert dernièrement aux voyageurs du métro parisien, concert surprise de 45 min à la station St Lazare, a défrayé les chroniques ! Sa tournée avec Mme Dessay le conduit actuellement à travers une vingtaine de salles prestigieuses, de Vienne à Ottawa. Le sommet de la popularité ! A 81 ans, Michel Legrand est en parfaite forme physique et professionnelle. Le public est rivé à ses performances. Ainsi l’heure me paraît opportune pour évoquer un trait de sa biographie qui n’est peut-être pas bien connu en France mais qui, en revanche, est tout de suite évoqué trois mille kilomètres à l’Est. C’est l’affection du maestro pour la Russie et ses nombreux contacts avec ce pays, contacts qui ont ponctué diverses étapes de sa carrière.

    Le premier séjour de Michel Legrand à Moscou date de 1957, l’année du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants organisé en signe d’ouverture de l’Union Soviétique vers le monde. Un des jeunes adeptes des idées communistes, Legrand arrive alors dans la capitale soviétique qui est décorée de panneaux Paix ! Amitié ! En partira-i-il déçu, désabusé ? Bizarrement, non, même si la réalité ne suit pas toujours les slogans. C’est sa soif du nouveau, de la vie et de ses multiples manifestations qui le motive. Et aussi le goût de l’expérience. C’est pour cela qu’inspiré du succès des Parapluies de Cherbourg et d’autres, lui et Jacques Demy décident, dans les années 70, de tourner en Russie un film musical Anna Karénine, version libre. Dans cette relecture d’un sujet classique, les deux hommes devaient jouer eux-mêmes. Anna, devenue cantatrice d’opéra devait être interprétée par Dominique Sanda, Vronski par Nikita Mikhalkov. Les producteurs n’ont pas trouvé d’argent pour le tournage. Mais les morceaux de musique, composés à l’époque, sont bien vivants et attendent l’heure de leur première.

    En 1991 Michel Legrand fait connaissance avec Tamara Gvertseteli, une chanteuse russe d’origine géorgienne, possédant une voix puissante qui sait emporter le public. Elle arrive sur l’invitation de son agent à Paris. Un concert conjoint à l’Olympia a lieu peu après, suivi de plusieurs autres interventions en duo, étalées sur plus d’une vingtaine d’années. Michel Legrand aime des projets en duo avec des interprètes à forte personnalité. Tamara se fait connaître en France, une des rares parmi ses compatriotes. Pourquoi les chanteurs russes ont-ils une telle difficulté à percer en Occident ? Michel Legrand a sa réponse. Un chanteur a besoin de promotion, il doit être parrainé. Mais dans la plupart des cas pour les Russes la raison est ailleurs. C’est qu’ils ont tort d’imiter les Américains : la copie est toujours moins bien que l’original.

    En 2003 Legrand fait une musique pour le film Les ailes d’ambre, une production russe qui n’a pas laissé beaucoup de trace. Pourtant le fait compte. Parmi d’autres – sa partie d’échecs avec le champion du monde Anatoly Karpov où le musicien a fait match nul, ou encore les vols du pilote Legrand aux commandes de son avion à destination de Moscou. C’est de ces histoires et anecdotes qu’est tissée la sympathie, tout à fait réciproque, entre Legrand et la Russie. « Je crois en votre pays qui traverse une période de renouveau », a-t-il dit au journal Koultoura la veille de sa tournée avec Natalie Dessay. Il est plein d’espoirs et de bons vœux pour notre pays. Il nous trouve la qualité de ne pas perdre les repères essentiels, compliment rare de nos jours. « La chanson de Louba » interprétée par Natalie Dessay sur le dernier disque Entre elle et lui, dont nous avons déjà parlé, est une chanson en russe…

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