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    Cardinal Koch : « Je ne crois pas que l’Europe puisse vivre sans les valeurs chrétiennes »

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    A la veille de la rencontre avec le Patriarche Cyrille le cardinal suisse Kurt Koch a donné une conférence de presse à l'intention des journalistes russes.

    C’est, en effet, le quatrième hiérarque de l'Église catholique romaine depuis 1,5 mois qui se rend en visite officielle en Russie. Les hiérarques de l’Eglise orthodoxe sont également en contact permanent avec leurs homologues de l’Eglise catholique. Il ne faut pas oublier non plus que fin novembre 2013 le président Poutine a été reçu par le pape François au Vatican pour discuter de la Syrie et de la situation des chrétiens d’Orient. Les échanges entre les catholiques et les orthodoxes se sont donc intensifiés de manière considérable. Les experts parlent du réchauffement entre Rome et Moscou. Les partisans de l'œcuménisme vont jusqu’à dire que bientôt on assistera à une rencontre historique entre le pape et le chef de l’Eglise orthodoxe russe. Il est évident qu’à l’époque actuelle les chrétiens doivent serrer les rangs face à la persécution de leurs confrères dans le monde entier et face à la pression de la sécularisation qui règne en Europe.

    Le cardinal Kurt Koch qui est le Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens est venu en Russie pour accomplir quelques missions : il a transmis aux catholiques russes les félicitations du pape François à l’occasion du jubilé de l’Eglise Sainte-Catherine de Saint-Pétersbourg, et le 18 décembre il rencontre le Patriarche Cyrille pour discuter des relations entre le Vatican et le Patriarcat de Moscou, des différences idéologiques des deux églises ; certes, des chrétiens d’Orient et surtout de l’éventuelle rencontre entre le pape et le Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

    Le cardinal Koch a aimablement consenti à accorder une interview à La Voix de la Russie et à nous éclairer sur les perspectives, apparemment prometteuses, du dialogue entre les catholiques et les orthodoxes.

    Monseigneur, il y a de plus en plus de contacts entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe ces derniers mois. Peut-on parler d’une nouvelle phase dans les relations de nos églises ?

    Oui, j’en suis convaincu. Les représentants du Patriarcat russe orthodoxe ont aussi déclaré que les relations avec l’Eglise de Rome se sont améliorées et surtout se sont approfondies. Et je suis très heureux de cette estimation. Je peux le confirmer : nous cherchons ensemble une meilleure collaboration en matière œcuménique. Et je trouve cela très bon. Nous sommes déjà 50 ans de marche sur le chemin de l’œcuménisme, nous n’avons pas encore atteint le but de l’unité dans la foi, dans les sacrements dans les ministères, c’est encore un grand chemin. Mais nous n’avons pas d’alternatives parce que c’est la volonté de notre Seigneur qui a prié dans sa prière que tous ses disciples soient uns à fin que le monde puisse croire que Jésus est le fils de Dieu. C’est pourquoi nous avons à faire de notre mieux. Je pense que tous les chrétiens en Europe sont appelés à défende et surtout à rendre plus crédible les valeurs chrétiennes. Et si nous avons une meilleure collaboration entre l’Eglise de Rome et l’Eglise russe orthodoxe, tant mieux.

    Certains experts qualifient l’Europe actuelle de postchrétienne. Cela accable mais vu que beaucoup d’Européens se déchristianisent en renonçant aux valeurs traditionnelles européennes qui prennent leur source dans le christianisme, ce terme paraît pertinent.

    Ce terme me fait de la peine parce que je ne crois pas que l’Europe puisse vivre sans les valeurs chrétiennes. L’Europe n’est pas seulement une entité géographique et une entité historique mais, dans un premier temps, c’est une entité culturelle. Cette entité culturelle a des racines chrétiennes. Pour moi, c’est un grand défi que l’Europe retrouve son âme. Si l’Union européenne n’est qu’une union monétaire, je ne crois pas qu’on ait un avenir prometteur. C’est pourquoi j’ai de la peine à dire que c’est l’époque de post-christianisme. Il y a un grand changement, une grande sécularisation, c’est clair. Mais il y a quand même une grande présence du christianisme dans notre société.

    Merci, Monseigneur.

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