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    Interview d’une bénévole des JO 2014 de Sotchi
    Photo : RIA Novosti

    Interview d’une bénévole des JO 2014 de Sotchi

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    Les Jeux Olympiques d’hiver 2014 est un événement sportif majeur qui excite l’intérêt de la communauté internationale. Plus de 5 500 sportifs s’y produiront devant plus de trois milliards de spectateurs. Les JO de Sotchi est le haut lieu de plus de 25 000 bénévoles du monde entier. La veille des compétitions de grande envergure, lorsque les sportifs se rendent à Sotchi et s’y installent et que les organisateurs finissent les derniers préparatifs, La Voix de la Russie s’interroge sur la vie des bénévoles. Quel type de personne choisit cette activité et pourquoi ? Comment peut-on devenir bénévole ? Quelles sont les critères de la sélection ? Nous vous proposons l’interview d’une jeune bénévole Aurore Gilson, 25 ans.

    LVdlR : Pourquoi avez-vous décidé de devenir bénévole aux JO 2014 ? Etiez-vous déjà allée en Russie avant de prendre cette décision ?

    A. G. : J’ai pris connaissance de l’appel à candidature pour devenir bénévole et j’ai pensé que cela pourrait être une ambiance rafraichissante pour une jeune traductrice, surtout qu’à l’époque j’étais encore étudiante. Et donc je suis déjà allée quatre fois en Russie, trois à Moscou et une fois en Iakoutie.

    LVdlR : Le volontariat – est-ce l'envie de faire part de l'Olympiade ou simplement d’aider les gens ?

    A. G. : Très honnêtement, à la base il s’agissait surtout de faire partie d’un événement qui est pour moi historique, parce que la Russie est hôte des Jeux Olympiques d’hiver. C’est un événement incroyable pour le pays. Mais bien entendu le thème de volontaire implique que nous offrons un service à titre bénévole. Donc c’est assez philanthrope finalement.

    LVdlR : Est-ce votre première expérience en tant que bénévole aux compétitions sportives majeures ?

    A. G. : C’est la première fois, oui. Mais j’espère que ce ne sera pas la dernière.

    LVdlR : Quelle était la réaction de vos proches quant à votre décision d'aller en Russie en tant que bénévole ?

    A. G. : Mes proches connaissent mon amour pour la Russie. Pour eux c’était assez naturel que j’ai envie de faire part de ces Jeux Olympiques. Par contre ils étaient relativement étonnés que j’accepte de partir à mes propres frais et de ne pas être rémunérée. Pour moi, il s’agissait là de détails.

    LVdlR : Votre travail à Sotchi va durer près d’un mois. Comment êtes-vous arrangée avec votre employeur ?

    A. G. : Mon employeur était très compréhensif. Je lui ai dit en septembre lorsque j’ai appris que j’étais sélectionnée et elle l’a très bien pris, elle se réjouissait d’ailleurs pour moi. C’est une occasion à part entière lorsqu’on est amoureux des langues, de vivre de différentes expériences par rapport à notre métier.

    LVdlR : Comment peut-on devenir volontaire ?

    A. G. : Il fallait introduire sa candidature avant la fin mars 2012 et pour le faire il fallait envoyer son CV, nous présenter, donner nos motivations. Ensuite, il y avait une série de test à réaliser en ligne, des tests de russe, des tests d’anglais, des tests de français, des tests de logistique. Et ensuite, viennent les entretiens par skype.

    LVdlR : Est-ce qu’il faut parler russe pour partir comme bénévole ?

    A. G. : Non, je connais des gens qui ne parlent absolument pas russe et qui y sont. Donc c’est assez ouvert. Les deux langues officielles des Jeux Olympiques sont le français et l’anglais, donc ce n’était pas une condition sinequanone.

    LVdlR : Est-ce que la sélection était stricte ? Quels étaient les critères ?

    A. G. : Je ne suis pas dans la mesure d’affirmer que la sélection était stricte, car je n’ai pas encore rencontré beaucoup d’autres candidats. Mais je pense que le critère principal était la motivation. Les organisateurs recherchaient des personnes prêtes à réellement s’investir dans les Jeux. On avait d’ailleurs des sessions de formations en ligne donc il fallait consacrer du temps à la préparation. Et ensuite j’imagine que les critères différaient selon le poste que l’on visait. En tant qu’interprète j’ai eu plusieurs tests d’interprétation consécutive qui étaient relativement simples. Par contre lorsque j’ai été sélectionnée et qu’on m’a demandé de traduire un texte du français vers le russe, là c’était un peu plus difficile.

    LVdlR : A votre avis, qu’est-ce qui vous a permis de passer la sélection ?

    A. G. : Je pense avant tout que c’était la motivation : j’avais vraiment envie de pare partie de ces Jeux, je me donnais à 100% et puis j’ai réussi les tests. Donc il n’y avait pas vraiment de raison que je n’y sois pas.

    LVdlR : En tant que bénévole, vous effectuez un travail non-rémunéré comme vous l’avez déjà dit. Bénéficiez-vous de certains avantages ?

    A. G. : L’organisation des Jeux Olympiques offre bien évidemment tout ce qui est nourriture et logement. Sinon, quant aux réductions sur les places des compétitions, on va avoir des tickets gratuits pour les volontaires. Je ne sais pas encore, mais j’espère.

    LVdlR : Quelles seront vos fonctions aux JO 2014 ?

    A. G. : Je serai interprète au complexe de saut à ski RusSki Gorki et donc je me trouverai dans la « zone mixte ». La zone mixte c’est l’endroit où les athlètes qui viennent de terminer leurs sauts rencontrent les journalistes pour revenir sur leur performance.

    LVdlR : Est-ce un travail difficile ou stressant ? Vous devez être toujours pressée, toujours prête, toujours souriante...

    A. G. : Oui, effectivement il va falloir garder notre calme. Par exemple, si on ne comprend pas un terme spécifique, il faut savoir rebondir. Mais cela fait vraiment partie du métier d’interprète. Lors de ma préparation aux Jeux Olympiques j’ai suivi une formation près de Daniel Glon qui est un interprète chevronné qui est habitué des Jeux Olympiques depuis une vingtaine d’années. Il nous a dit que la pression dans la zone mixte était relativement supportable.

    LVdlR : Est-ce que vous aurez du temps libre ? Si oui, comment allez-vous le passer ?

    A. G. : On a des jours de congé qui sont prévus. Je vais essayer d’en profiter pour voir une ou deux compétitions et puis pour visiter Sotchi bien évidemment.

    LVdlR : Qu’est-ce que vous attendez des JO ? Pensez-vous que vous aurez le temps de suivre les compétitions ?

    A. G. : J’espère vivre avant tout une expérience inoubliable, j’espère rencontrer des gens de différents horizons. D’après ce que j’en ai entendu les volontaires des JO forment vraiment une famille soudée et l’on peut ressortir que grandit d’une telle aventure. J’espère également nouer des liens amicaux mais également professionnels pour pourquoi pas me lancer dans cette superbe carrière olympique et me retrouver de JO en JO. Il paraît qu’une fois qu’on y goutte, on attrape vraiment le virus et on fait tout pour y retourner. Donc pourquoi pas, pour ce qui est des compétitions, j’espère vraiment vivre les Jeux en tant que spectatrice évidemment.

    LVdlR : Quel sport vous intéresse le plus ? Allez-vous soutenir des sportifs en particulier ?

    A. G. : Le patinage artistique en coupe c’est un rêve de petite fille, donc cela c’est ce que j’ai vraiment envie de voir. Sinon je soutiens particulièrement Coline Mattel, c’est une jeune sauteuse à ski française. Elle a à peine 18 ans, elle a déjà remporté de très nombreuses épreuves dont des championnats du monde. Et je trouve cela vraiment incroyable à son âge. J’espère vraiment qu’elle va remporter l’Or à Sotchi.

    LVdlR : Envisagez-vous de passer un peu plus de temps en Russie après les JO ? Si oui, que voudriez-vous y voir ou faire ?

    A. G. : Malheureusement mon visa se termine le lendemain de ma mission. Je ne pourrai pas rester cette fois-ci. Mais bien évidemment, je retournerai en Russie très-très prochainement.

    LVdlR : Cette expérience, sera-t-elle utile ?

    A. G. : Cette expérience va inexorablement ouvrir des portes essentiellement dans le domaine de l’interprétation. Cela me permettra de rencontrer des gens différents, de nouer des contacts.

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