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En direct de la Crimée : A. Chauprade témoigne
Photo : RIA Novosti

En direct de la Crimée : A. Chauprade témoigne

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Aymeric Chauprade est un être tout à fait exceptionnel. A l’heure où notre équipe de télévision française se battait bravement contre l’administration internationale et ukrainienne pour y succomber ensuite, ce professeur de politologie et conseiller spécial pour les questions internationales de Marine Le Pen s’est rendu angéliquement en Crimée, où il a pris part au référendum au titre d'observateur désintéressé.

Il nous livre ses impressions à partir de la péninsule ensoleillée qui ferait pâlir d’envie la Provence occitane. Voici ce qu’il nous a confié sur le déroulement du référendum dans plusieurs villes de la presqu’île rebelle aux prises avec les nazis de Kiev.

La Voix de la Russie : Quelles sont vos impressions en Crimée ? Comment ça se passe du côté du référendum ? Racontez-nous, s’il vous plaît !

Aymeric Chauprade. Je suis ici en tant que géopolitologue. J’ai toujours aimé me faire un avis sur place, loin de la propagande médiatique des médias de l’Ouest. Pour moi, c’était important de venir sur place voir la situation. Je suis, bien sûr, conseiller spécial de Marine Le Pen pour les affaires internationales, mais le Front National n’avait pas besoin de me donner un mandat puisqu’en fait, c’est un parti politique français et pas une ONG ! J’étais invité par une ONG dans le but d’être présent ici et comme ça, je conseille mieux ma présidente.

S’agissant de ce que j’ai vu, c’est très simple ! Depuis ce matin, je suis allé dans plusieurs bureaux de vote, à Simferopol d’abord pour constater la mise en place et voir le climat qui s’est avéré parfaitement serein et calme. Je n’ai pas vu de tensions ! Les gens viennent… Il y a une participation forte. Ca se passe bien ! Je n’ai pas vu d’incidents… On a regardé des bulletins. On a regardé la manière dont cela fonctionnait. Je dis « on » parce qu’un certain nombre d’observateurs d’autres pays (Autriche, Italie, Espagne et différents pays d’Europe Centrale) sont venus d’un peu partout et puis ils font le même travail que moi par petits groupes. Nous avons choisi. Personne ne nous a imposé un programme et cela a été très appréciable. Ce matin, on nous a donné un chauffeur et un interprète en nous expliquant où l’on devait aller. Et donc on fait notre programme ; j’ai demandé à aller voir un bureau de vote aussi en zone tatare. La permission m’a été accordée. J’ai constaté que cela a été bien organisé également du côté de la minorité tatare. Il y a moins de participation, mais cela était prévisible. Il y avait des mots d’ordre de boycott émis par quelques chefs tatares et les gens avaient un petit peu peur de s’exposer. La réalité est globalement la suivante : le référendum me semble être une réussite parce qu’il y a une immense majorité de Russes qui prend en mains son destin ; mais il y a aussi d’autres minorités qui participent ! Je pense que là, il y aura un résultat important dans le sens de la réunification de la Russie, la mère Patrie, avec une province historique ancienne !

LVDLR. Avez-vous aperçu des hostilités ethniques entre les Russes et les minorités ? Y a-t-il eu des accrochages ?

Aymeric Chauprade. Nous sortons d'un déjeuner dans un restaurant tatar et on a été très bien traités. Les gens savent que nous sommes des observateurs du référendum organisé par le gouvernement local… Très sincèrement : loin de moi l’idée de faire un tableau idyllique – il y a des frictions, etc. – mais moi, je ne l’ai pas vu et c’est moi qui ai choisi mon itinéraire. En ce moment nous roulons vers Sébastopol pour aller vérifier également le climat et la situation. A cette heure-là, il n’y a vraiment pas de tensions ! C’est calme ! Et la participation que j’avais constatée ce matin, est élevée.

Commentaire de l’Auteur. Les politiques européens ont peur, car comme disait Clausewitz, si quelque chose est possible, cela devient inéluctable. Si les Américains et l’OTAN, à titre général, n’a jamais donné le droit aux ethnies peuplant le Kosovo de s’exprimer avant de leur balancer des bombes sur la tête, les autorités criméennes ont bien pris le soin de laisser tout un chacun voter comme cela se doit dans un pays démocratique. Et les avions russes ne survolent pas la péninsule tout comme les marsouins russes ne quadrillent pas les rues des bourgades locales. La démocratie a vraiment changé de pays pour se retrouver à l’Est du continent européen, où au lieu de ressasser les vieux commérages des temps de la Guerre Froide, les gens sont en train de construire leur nouvelle Europe. Et ils se soucient comme d’une guigne de l’opinion d’un François Hollande.             N

 

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