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    Le resquilleur
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    Le resquilleur

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    Il y a quelques jours, lors d’un rendez-vous avec son homologue canadien Stephen Harper, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a déclaré que l’Ukraine était prête à remplacer la Russie au sein du G8 au cas où cette dernière serait définitivement exclue de ce groupe informel d’économies avancées.

    Visiblement embarrassé par cette suggestion M. Harper a préféré garder le silence pour ne pas trahir ses sentiments devant un tel toupet. Or, comme je ne suis pas tenu d’observer les convenances diplomatiques je peux me permettre, sans grand risque de me tromper, de deviner ce que le Premier ministre canadien a soigneusement caché en son for intérieur.

    Imaginez le PDG d’une entreprise d’envergure mondiale qui ramasse sur la route un pauvre quidam dont la mobylette a rendu l’âme dans une collision avec un chauffard. Poussé par la charité chrétienne l’industriel l’installe dans sa Rolls et l’amène dans sa luxueuse résidence pour permettre au pauvre bougre de panser ses plaies et de se remettre de ses émotions. Magnanime, il installe son invité dans un des fauteuils de son salon et lui offre un verre de whisky. Ils bavardent gentiment et à un moment donné le bonhomme qui a repris du poil de la bête demande à son hôte : « Dites, vous n’auriez pas une place de libre dans votre conseil d’administration ? Parce que moi, j’aimerais bien occuper ce poste ».

    Je ne sais pas si M. Iatseniouk se reconnaîtra dans cette histoire, mais indépendamment de cela son indicible candeur m’inspire d’ores et déjà une grande inquiétude pour le sort de l’Ukraine. Décidément, jusqu’à quel point peut-on perdre le sens de réalité pour prétendre à une place au sein du G8 dans une situation où l’économie de l’Ukraine, qui d’ailleurs, n’a jamais été performante, bat de l’aile, et où l’évolution du processus politique dans ce pays devient de plus en plus chaotique interdisant tout pronostic tant soi peu fiable sur l’avenir de l’Ukraine ?

    Surtout quand on découvre de surcroît qu’elle gérée par des gamins trop ambitieux.

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