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    L’OTAN et Les illusions stériles de la France
    © Collage : La Voix de la Russie

    L’OTAN et Les illusions stériles de la France

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    La France serait-elle un vulgaire va-t-en guerre ?

    Chevalier Paul, frégate des plus modernes dépêchée pour mouiller en vue de la côte syrienne ensemble avec le Grand Frère américain représenté par deux porte-avions, 3 bâtiments se promenant toujours en compagnie des navires de guerre US le long de la Crimée à la frontière des eaux territoriales russes, des messages belliqueux et assez fumeux de François Hollande appelant à isoler la Russie au grand dam du… chauffage central (c’est comme si je cherchais à m’isoler de mon plombier toute en ayant des fuites dans la tuyauterie de mon appart ‘), des avions envoyés dans les pays Baltes…

    C’est tout comme si on tournait un film de science-fiction du type « L’Empire contre-attaque » à une seule différence près : cette fois-ci c’est les Français qui se trouvent du côté des méchants aux uniformes noirs et à la croix gammée de Kiev. Il est clair que le président de tous les citoyens a définitivement perdu les restes de la raison ou c’est peut-être la crise de moyen-âge qui lui a joué un bien vilain tour après ses déboires avec Trierweller (se rattraper sur l’international pour contrebalancer les problèmes amoureux), mais l’UMP qui se proclame le parti de tous les Français raisonnables, qu’en dit-elle ? Nous avons demandé à Thierry Mariani de nous livrer son analyse de l’avenir de la France avec l’OTAN.

    La Voix de la Russie. Les Russes ne comprennent pas très bien ce qui est en gestation dans les bureaux de l’UMP pour la coopération à venir avec l’OTAN ; D’une main Nicolas Sarkozy a fait adhérer la France au dispositif militaire de l’OTAN et de l’autre il a signé l’accord pour le transfert des technologies françaises à la Russie, notamment dans le domaine naval avec la construction des quatre porte-aéronefs Mistral… Qu’en dites-vous ?

    Thierry Mariani. Tout d’abord sur le programme des présidentielles, je ne peux rien vous en dire. Les présidentielles en France c’est dans plus de trois ans et je ne sais pas qui sera candidat. Mais je sais quelles seront les idées que je défendrai avec un certain nombre d’autres élus, à savoir que moi, je suis issu de la famille gaulliste. Dans la famille gaulliste l’idée c’est quand même d’être attaché à l’indépendance nationale, mais c’est aussi d’être attaché à une notion d’Europe puissance allant bien au-delà des frontières actuelles de l’Union Européenne et pas du tout d’une Europe qui serait tout simplement un appendice d’un grand marché commun avec les Etats-Unis.

    Est-ce que le programme de l’UMP ce serait de sortir de l’OTAN ? Soyons honnêtes, la réponse est « non ! » En réalité, Nicolas Sarkozy a tout fait pour que nous rejoignions le commandement de l’OTAN. Mais en vérité, comme vous le savez, nous n’étions jamais sortis de l’OTAN. Sauf que, moi, je considère aujourd’hui que le principal ennemi de l’OTAN ce n’est pas la Russie ! Ce sont tous les extrémismes… Soyons clairs : on les retrouve plutôt au sud de la Méditerranée ou dans certaines régions - la Russie aussi y était présente un moment. L’ennemi sur lequel aujourd’hui l’OTAN devrait arrêter son attention, c’est celui-là. Je considère qu’avec la Russie au contraire, nous avions avant ces événements des 6 derniers mois petit-à-petit toute une série de choses qui nous rapprochait. Je voulais signaler la vente des deux bateaux Mistral ; la coopération avec la marine, par exemple, est excellente ; la coopération avec les militaires est excellente… Donc je pense que le dossier n’est pas de savoir si on sortira ou non de l’OTAN, je pense sincèrement que la réponse est « non » ; Jusqu’à présent notre conception était que l’on doit collaborer avec la Russie parce qu’on a beaucoup plus d’intérêts en commun que des choses qui nous séparent.

    Sur la vision des relations que nous avons avec la Russie, moi je suis attaché à une Grande Europe. Je pense que le vingt-et-unième siècle et ceux qui suivront seront des siècles des grands ensembles. Or on voit très bien qu’il y a la Chine qui de plus en plus se renforce et les Etats-Unis qui continuent d’être forts… Je pense que l’Europe a intérêt à travailler ensemble. Et quand je dis « Europe », ce n’est pas une Europe au sens bruxellois du terme, mais c’est une Europe au sens d’innovations. Il est évident que la Russie, l’Ukraine et d’autres pays y ont tout à fait leur place.

    J’espère que le programme de l’UMP avec la Russie sera influencé par le gaullisme, à savoir les relations franches où chacun se respecte. C’est pour cela que l’on a intérêt à travailler avec vous.

    Commentaire de l’Auteur. Un jour Los Angeles Times s’est permis de comparer la Russie à une souris qui essaie de rugir. En écoutant certains leaders français, on a parfois l’impression que cette tournure américaine serait parfaitement applicable à la France. La France essaie de se donner des grands airs d’une alliée des Etats-Unis au sein de l’OTAN et M.Mariani qui est gaulliste maintient haut et fort que l’Hexagone n’était jamais sorti de l’organisation mais juste du dispositif militaire ; Cependant le gaullisme version général de Gaulle veut que la France garde son indépendance tactique et stratégique pour justement profiter d’une marge de manœuvre à l’égard des deux Grands : l’URSS, du temps du Général, et des Etats-Unis. Si ma mémoire est bonne, le grand homme d’Etat qui était, somme toute, si différent des médiocrités qui gèrent la nation française de nos jours, voulait également préserver la souveraineté financière et économique de son pays. Non seulement il était sorti de l’OTAN, mais en plus il a exigé de se faire rembourser rubis sur l’ongle par les banquiers américains en or lourd contre les billets de banque qu’il eut rendus à Washington. Les Américains avaient du répondant : ils évincèrent De Gaulle et organisèrent la première révolution « de couleur » en France qui sonna le glas de l’indépendance gauloise. Alors parler maintenant de la grande France gaullienne en suivant les Américains dans un conflit sur le sol national russe qu’est la Crimée et la région de Donetsk, c’est un peu comme si les troupes soviétiques se promenaient entre l’Alsace et la Sarre tout en déclarant que la France leur était sympathique quoique par trop agressive.

    Décidément il y a du Tartuffe chez les politiques tricolores. Envoyer les bâtiments de guerre en mer Noire et les avions-intercepteurs en Lettonie en plaidant la cause de la construction européenne n’est même pas cynique : ça rime plus à un impérialisme effréné. Vladimir Poutine, pour sa part, a déjà promis à plusieurs reprises, une réponse asymétrique à ce genre d’agissements. Le retour de la Russie en Crimée, le prix du gaz qui est parti en flèche pour les nazillons de Maïdan se la coulant douce sous les auspices de l’UE (quelle honte !), la grande marche vers l’Arctique et la nouvelle donne de Shanghai – autant d’initiatives prises par le président russe pour juguler l’agression de l’Europe puisque l’Europe – et la France avec ! – comptent bien s’assimiler à l’OTAN. Et lorsque les Ukrainiens de Kiev couperont le gaz aux Européens l’hiver prochain, il ne faut pas s’étonner de la chute du thermomètre. Il est vrai que les Russes sont patients, mais ils ont aussi une mémoire d’éléphant.

     

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