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    Comment la France a pris possession de Mayotte
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    Comment la France a pris possession de Mayotte

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    Lors de la conférence de presse le 11 mai à Bakou, le président français François Hollande a qualifié le référendum dans les régions de Donetsk et de Lougansk de « vraies-fausses » consultations, « nulles et non avenues ». Auparavant, le président français et ses homologues occidentaux ont condamné le référendum d'autodétermination de la Crimée qui a rattaché la péninsule à la Russie.

    Par ailleurs, dans la légalisation de l’annexion de la Crimée à la Russie on voit nettement l’exemple français il y a 40 ans, a souligné le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans une interview à la chaîne Rossiya 1. Le ministre russe se rappelait alors le référendum rattachant Mayotte à la France, île située dans l'archipel des Comores, lui-même localisé dans le canal du Mozambique entre le Madagascar et le continent africain. La France a annexé Mayotte en violant les normes du droit international, malgré les protestations des Comores, malgré l’ONU et de l’Organisation de l’unité africaine. Aujourd’hui il faut se souvenir de cette politique de Paris. En 1841 le sultan a vendu Mayotte aux Français moyennant une rente de 5 000 francs.

    La France a établi son protectorat, en effet une colonie, sur cette île d’une superficie de 376 km2 . Ce régime s’est bientôt étendu sur d’autres îles de l’archipel – Grande Comore, Mohéli et Anjouan. Après la Seconde guerre mondiale l’archipel a obtenu le statut de département d’outre-mer. En août 1972, le Comité spécial de la décolonisation de l’ONU inscrit l’archipel des Comores à sa liste des territoires devant accéder à l’autodétermination. Le référendum a eu lieu en 1974. Plus de 90 % des habitants de l’archipel ont voté pour son indépendance, mais les Français n’ont pas reconnu les résultats sous prétexte que la majorité des habitants de Mayotte ont voté contre. Néanmoins, les Comores sont devenues indépendantes et ont été admises à l’ONU. En 1976 la France a organisé un second référendum de Mayotte : les Mahorais ont voté pour le maintien de leur île au sein de la République française. L’Assemblé générale des Nations Unies a considéré ce référendum «comme nul et non avenu » et a condamné la présence française à Mayotte.

    La France avait l’intention implanter une base militaire navale sur cette île stratégique située au cœur des voies maritimes dans le canal du Mozambique. Ce projet n’a pas vu le jour, mais a été compensé par l’implantation d’une station d’écoute du réseau satellitaire français d’espionnage des communications (réseau Frenchelon). A la suite du troisième référendum en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Mayotte est devenue le 101e département français. Depuis 2014, le régime européen s’étend à Mayotte, cela veut dire qu’il faut avoir un visa Schengen pour y aller. « Malgré de nombreuses résolutions de l’ONU qui ont condamné cette approche, Mayotte est un département de la République française à part entière », a indiqué le ministre Lavrov dans un entretien avec son collègue américain John Kerry. Et cela – sans aucune sanction commerciale ni politique. « Qu’est-ce que vous pensez sur ce genre de référendums organisés par la France dans une petite île de Mayotte loin de l’Europe ? »

    Luc Michel, géopolitologue belge, administrateur général de l'ONG « Observation eurasienne pour la démocratie et les élections » (OEDE) a répondu à cette question dans une interview accordée à Igor Yazon, commentateur à La Voix de la Russie.

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